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ISTHME

Nous étudierons la conformalion interne de Vixlkme de rencephale,v,uv une coupe passant par les tubercules quadrijumeaux supérieurs. Celte coupe nous montre, plus près de sa face postérieure que de l'antérieure une cavité: c'est la coupe

IL \/l.<i.iA

Fiy. 55. - Coupe scliénialique (ie l'islhme de l'encéphale.

(La coupe passe par les tubercules quadrijumeaux antérieurs). — Le pied du pédoncule cérébral, P. (/. /)., est divisé en cinq faisceaux : le psychique, F. ^jsî/. (orange) ; — celui de l'upliasie, F. aph. (vert) ; — le génicidé, F. géii. (jaune) : — le pyramidal, F. pyr. (rouge) ; — et le sensitif, F . s. (bleu) ;

— Le locds niger, L. sépare le pied du pédoncule de la calotte du pédoncule. Cal. d. p. — Dans la calotte on voit le raplié de l'isthme, R, — le lieu d'entrecroisement des pédoncules cérébelleux supérieui-s, En. p. c. s., qui vont aborder les noyaux rouges de Stilling, A', r. S. : — la coupe du faisceau longitudinal postérieur, F. L p.; — et celle du faisceau central delà calotle, F. c. c;

— les racines du nerf moteur oculaire commun, ///; — la substance réticulée de la calotte, S. rét.,

— le ruban de Hi il, Rub. R. — L'aqueduc de Sylvius, Aq. S, sépare la caloUe de l'étage des tubercules quadrijumeaux, Élafj. d. t. g. — Autour de l'aqueduc, on trouve la substance grise. S. gr., (|iii contieiil les noyaux accessoire, A'. IV — et principal de l'oculo-moteur commun ///. — A côlé de cette substance on voit la coupe d'un faisceau blanc : la racine descendante ou tropliique du trijumeau, R d. V., pour /{. (/. V. — Dans l'épaisseur du tubercule quadrijumeau antérieur, T. q. a., a substance grise formant le noyau supérieur du ruban de Ueil, N. s. r. R. — Autour de ce tubercule, dans l'écorce blanche : le sfratum zonale, 6", z. — Du tubercule part un faisceau blanc : le bras ou pédoncule du lubercule quadrijunuiau antérieur, Dr. I. q. a., — se rendant dans le corps geiiouilh; externe, C. g. e.it. — Ce faisceau mai(|ue la limite entre ristlimc de l'encéphale proprement dit, et les parties situées en dehors, qui sont : la couche optique, C. opl., — le lubercule postérieur de celle-ci ou pulviiiar. Pidv., — le corps genouillé interne, C. g. tnl., — le corps genouillé externe, C. g. ezl., — et la bandelette optique, 1). opt.

de l'aqueduc de Sylvius, autour duquel se disposent les divers éléments qui consliluentrislliine dereucépbale. Le raphé médian divise l'isthme, comme le bulbe et

ANATUMIK JIÈUlCU-CIllItUIltMCALi:.

la i.roUilKT,iiu:o, en deux inoiliés syinélriques. Dans cliaciiiie do ces uioiliés, un dislin<nie trois étages ou (•()Mii)artinienls : le supérieur ou postérieur est lumlc par une Hgnc horizontale el transversale passant par l'aqueduc de Sylvius: entre ce plan et la traînée de substance grise qu'on voit à la partie antérieure ou intérieure de la coupe, se trouve Vélacje moyen; enfin en avant de cette substance l'élaye inférieur. Nous allons décrire séparément les diverses parties contenues dans chacun de ses étages. Mais ajoutons que la réunion des étages antérieur et moyen constitue ce qu'on appelle le pédoncule cérébral; tandis que l'étage postérieur/dit aussi étage des tubercules quadiijumeaux, n'en fait pas i)artie.

L'étaye antérieur ou pied du pédoncule, liomogène en apparence, contient des faisceaux nerveux distincts: on en décrit cinq : de dedans en dehors, nous trouvons: — 1" Le faisceau psychique ou intellectuel (il renferme des fibres venant de l'écorce et allant aux noyaux bulbo-protubérantiels. Sa dégénérescence coïncide avec les troubles intellectuels sans manifestation paralytique). — 2° Le faisceau de l'aphasie, né du pied de la 3" circonvolution frontale gauche, et aboutissant au ganglion de l'hypoglosse (dans le bulbe) ; sa lésion serait liée à l'aphasie (Raymond et Artaud). — 3° le faisceau yénicidé, né de l'écorce de la circonvolution frontale ascendante; il s'arrête dans le bulbe, dans les noyaux du nerf masticateur (noyau de la racine motrice du trijumeau), de l'hypoglosse et antérieur du facial; il conduit aux muscles de la langue et de la face l'ordre des mouvements volontaires de ces muscles. — Dans ce faisceau on distingue encore un faisceau moteur laryngé, indépendant de celui de l'aphasie et du faisceau de l'hypoglosse. Parti du pied de la 5'= circonvolution frontale, il aboutit au noyau d'origine du nerf spinal. Il conduit l'ordre des mouvements volontaires d'adduction des cordes vocales pour les mettre en position vocale (Semon et Horsiey, Garel et Dor). — 4« Le faisceau pyramidal (ou moyen), né de l'écorce de la région motrice de l'hémisphère, il traverse la protubérance et la moelle (cordon antéro-latéral) après entrecroisement; il tient sous sa dépendance les mouvements volontaires de tous les muscles de la vie animale. — 5» Le faisceau sensitif, le plus externe, en connexion avec les régions teinporo-occipitales de l'écorce cérébrale; ce faisceau est la continuation des cordons postérieurs médullaires, qui occupent dans le bulbe et la protubérance la région sensitive des pyramides ; il subit une dégénérescence ascendante à la suite de lésions médullaires.

Entre cet étage et le moyen, nous trouvons une bande de substance grise ; le locus niger de Soemmering; formée de cellules nerveuses très pigmentées, cette substance se prolonge en bas jusqu'à la protubérance, en haut jusqu'au cerveau ; quelques fibres paraissent la mettre en connexion avec les noyaux protubérantiels, et le noyau lenticulaire du corps strié. Sa signification est encore inconnue.

L'étaye moyen ou calotte du pédoncule cérébral est, à l'encontre de l'antérieur, uni à son congénère par le rophé pédonculaire ; il présente les parties suivantes : — 1" Contre le locus niyer, un croissant de fibres blanches à concavité postérieure et interne: c'est le ruhan de Reil [la portion de ce ruban, visible sur cette coupe, dite ruban antérieur ou supérieur, est formée de fibres allant sous le tubercule quadrijumeau supérieur dans un amas de cellules: noyau supérieur du ruban de Reil (Edinger)]. En dernière analyse, le ruban de Hcil serait le prolongement direct des fibres sensitives de la moelle (Edinger); nous l'avons déjà trouve sur les coupes précédentes de la protubérance et du bulbe. Il paraît avoir plus haut des connexions intimes avec l'anse du noyau lenticulaire du corps strié (Edinger)]. — 2" De chaque côté du raplié, on voit la coupe d'un ganglion nerveux

Kl'i LA TI'TK.

"l'is rougeàli'o : li' noyau roiKje de SlUlimj. Dans ce ganglion ahoiilil un tractus blanc : le pédoncule cérébelleux supérieur (les pckloncules cérébelleux supérieurs se sont déjà entrecroisés au-dessous des lubei'cules (|uadrijumenux iiii'érieurs; c'est donc le pédoncule gauche qui pénètre dans le noyau droit et inversement. Parti de ce noyau, le pédoncule monte vers le cerveau pour se rendre dans les corps

opto-striés). 3° Entre le ruban de Reil et le noyau rouge, on trouve un champ

réticulé, formé de fibres longitudinales et de cellules : la substance blanche réticulée : elle représente ici les deux cham|)s réticulés que nous avons vus sur les coupes tlu bulbe et de la protubérance (s(!s libres viendraient des noyaux des nerl's crâniens de la protubérance et du bulbe (Edinger); elles se réunissent en un faisceau compact : le faisceau de la commissure, qui passerait plus haut au-dessus de l'aqueduc, et s'entrecroiserait dans la connnissure blanche postérieure du cerveau, pour aller se perdre dans la couche optique opposée. — 4° Entre le noyau rouge et la substance grise qui entoure l'aqueduc, on voit la coupe d'un faisceau à fibres lonoiludinales : le faisceau longitudinal postérieur (par ce faisceau s'établirai l'anastomose entre les noyaux du nerf oculo-moleur commun d'un côté, avec ceux de l'oculo-moteur externe du côté opposé ; nous avons déjà trouvé ce faisceau sur la coupe de la protubérance). — 5" A côté de ce faisceau, nous trouvons la coupe d'un autre faisceau : le faisceau central de la calotte de Bechtereiu (venu des olives bulbaires, ce faisceau, qui a traversé le lieu d'entrecroisement des pédoncules cérébelleux supérieurs, va disparaître dans la substance grise du 3« ventricule). — 6» En dehors et au-devant de l'aqueduc, dans la substance grise qui l'entoure, se trouve le noyau d'origine du nerf moteur oculaire comnmn, dont les fibres radiculaires traversent la calotte du pédoncule, pour en sortir au niveau de l'espace interpédonculaire.

U étage supérieur ou postérieur de l'isthme présente les éléments suivants : — 1" la substance grise qui entoure l'aqueduc de Sylvius, et dans l'épaisseur de laquelle se trouve le 7wyau accessoire, ou noyau supérieur de l'oculo-moteur commun (Darkschewitsch) ; — 2" à côté d'elle, la coupe d'un faisceau blanc : la racine supérieure du nerf trijumeau; ce faisceau descend vers le noyau d'origine protubérantielle et bulbaire du trijumeau; — 5" la coupe du tubercule quadrijumeau supérieur, formé d'un amas de cellules nerveuses, recouvert d'une écorce blanche [stralum zonale). A la face inférieure ou antérieure de ce tubercule, se trouve l'amas cellulaire d'où parlent des fibres du ruban de Reil.

Sur les régions latérales de la coupe, on voit des parties indépendantes de l'isthme de l'encéphale : la partie inférieure de la couche optique, la coupe du puUrinar (tubercule postérieur de la couche optique), et celle du corps genouille ialcrne. (On rattache d'ordinaiie cette saillie nerveuse, qui est en connexion intime avec le tubercule quadrijumeau postérieur et la bandelette optique, a la couche optique ; c'est là une erreur, car l'embryologie montre (lu'clle appartient, comme tout l'isthme, au cerveau moyen: c'est donc une partie de l'isthme de l'encéphale). — On V voit aussi le corps genuuillé externe (appartenant a la couche optique), et réuni au tubercule quadrijumeau supérieur par un tractus blanc (bras ou pédoncule du tubercule quadrijumeau supôi'ieur). Enfin, en connexion avec le corps genouillé, cl contournant la face antérieure ou inférieui-e du pédoncule cérébral, nous voyons la bandelette opti(jue.

Consi.l.T.'. m. point .le vue, de sa slruclnvc. inliwr, l'oncé|.linlo so compo.se de floi.x si.l.stanccs, I.I:...c1h> et grise, aussi (lislinctcs parleur répartilion .p.c par leurs allnl.uls

ANATOMIE MÉDICO-CMlKLIiGICAI.E.

fonctionnels. — Dans le niésocéphale et le bulbe la substance blanche forme des faisceaux, entre lescrueis s'insinue la substance grise, sous forme de réseaux, da colonnes ou de noyaux isolés. Dans le cerveau et le cervelet, la répartition est plus mélliodique : la substance f^rise, ganglionnaire, forme à la fois le manteau des hémisphères et les amas centraux. \a substance blanche remplit l'espace intermédiaire, sons forme d'une masse, désio'née (dans le cerveau) sous le nom de ccnlre ovale de Vieusscns. Ce centre est limité par unel)ordure o-rise, sinueuse, dont l'épaisseur augmente graduellement depuis le pôle frontal jusqu'aux circonvolutions rolandiques, et diminue au delà de celles-ci, jusqu'à la pointe occipitale de l'hémisphère.

Il serait déplacé de décrire ici en détail la structure intime des deux substances blanche et grise de l'encéphale. Aussi ne ferons-nous qu'énumérer les diverses couches de l'écorcc grise cérébrale. Baillarger avait déjà vu que celle écorce n'était pas homogène, mais qu'elle présentait des zones concentriques de couleur différente. Meyncrt y a décrit les cinq couches suivantes, en allant de la surface libre vers la profondeur: — 1° la couche granuleuse (formée de névroglie et de quelques libres à myéline) ; — '2° la couche des petites cellules pyramidales (contient de nombreuses cellules nerveuses de forme pyramidale) ; —3° la couche des grandes cellules pyramidales (les cellules réunies par groupes sont séparées par des faisceaux de fibres nerveuses) ; — 4" la couche des petites cellules irrégulières (rondes, polyédriques ou globuleuses) ; — 5° la couche des cellules fusitormes (les cellules de la vohtion de Robin, parallèles à la surface de l'écorce).

Ajoutons que dans la zone motrice de l'écorce (zone Rolandique), Betz a décrit des cellules plus volumineuses : cellules géantes siégeant dans la quatrième couche de Meynert. — La succession des couches est légèrement modifiée dans la légion occipitale de l'écorce: là, par suite de la réduction de la quatrième couche, les troisième et cinquième couches se confondent, pour constituer une large raie blanchâtre, intermédiaire à deux bandes grises (formant ainsi le ruban rayé de Vicqd'Azyr).

L'écorce du cervelet est formée de trois couches : la granuleuse superficielle ; la couche des cellules de Purkinje; et la couche des grains.

On connaît les modes divers de réaction des deux substances, vis-à-vis des irritations expérimentales; certaines régions sont complètement insensibles. Un peut toucher impunément la substance cérébrale mise à nu, à condition d'être aseptique. C'est même grâce à la tolérance du cerveau que les interventions chirurgicales modernes sont devenues posiiibles. Horsiey a pu exciser des centres épileptogènes, sans observer d'autres accidents que des paralysies transitoires. On sait aussi que de petits projectiles peuvent séjourner dans le cerveau, que des instruments d'un faible calibre, des drains, le traversent sans inconvénient. Spitzka, par de nombreuses expériences, a montré qu'on peut sans danger faire des ponctions, des incisions, des injections, pourvu qu'elles soient aseptiques, qu'elles respectent la capsule interne et les noyaux gris centraux.

Une autre parlicularilé est importante à noter, c'est la suppression possible d'une partie delà substance grise, sans porter atteinte aux fonctions encéph.iliques. — On sait depuis longtemps qu'une partie plus ou moins importante de l'encéphale peut être perdue sans trouble apparent. Des portions, parfois assez étendues, du cerveau peuvent être enlevées, réduites en bouillie, détruites par suppuration, sans que ces mutilations provoquent des phénomènes cliniquement appréciables. On explique ces faits en disant que certaines parties de l'encéphale peuvent se suppléer les unes les autres (Burdach, Longet, Luys, Ferrie r).

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