CONNEXIONS DU CERVEAU
1° Cerveau. — L'immense majorité des fibres du pédoncule cérébral ne se portent pas directement dans le manteau des hémisphères; la plupart s'arrêtent dans les corps optostriés. Au delà, réuni->s aux fibres qui émanent de ces noyaux, elles forment en divergeant dans le centre ovale, la couronne rayonnante de Reil.
Nous allons suivre de haut en bas les faisceaux qui se donnent rendez-vous dans l'étage pédonculaire antérieur.
1° Le faisceau pyramidal prend naissance au niveau de la grande zone moti-ice (lobule ovalaire, pariétale ascendante et moitié supérieure de la frontale ascendante); il occupe les deux tiers antérieurs du segment lenticulo-optique de la capsule interne.
2° Le faisceau géniculé bien étudié par M. Brissaud, naît du pied de la frontale ascendante et du pli de passage fronto-pariétal inférieur, passe par le genou de la capsule interne, traverse le pied du pédoncule et se place dans la protubérance en arrière et en dedans du faisceau pyramidal ; enfin, il se divise en trois faisceaux, qui se rendent au noyau masticateur du trijumeau, au noyau antérieur du facial et aux deux noyaux d'origine du grand hypoglosse.
3° Le faisceau de Vaphasie, ou faisceau conducteur de la parole (Raymond et Artaud), part du pied de la circonvolution de Broca, occupe le tiers postérieur du segment lenticulo-slrié de la capsule interne, le pied du pédoncule, en dedans du faisceau précédent, el pénètre dans le pont de Varole. — On n'a sur son trajet ultérieur que des présomptions.
4° "Le faisceau intellectuel ou psychique naît delà presque totalité des circonvolutions frontales. Dans la capsule interne il occupe ,les deux tiers antérieurs du segment lenticuloslrié; dans le pédoncule, la partie la plus interne de l'étage inférieur; — son trajet bulboprotubérantiel est inconnu.
5° Le faisceau sensilif naît des circonvolutions occipitales, el probablement aussi des lobes tem|ioral et pariétal. Il occupe le tiers postérieur du segment lenticulo-oplique de la capsule interne; arrivé dans le pédoncule il se subdivise : — a) Son faisceau principal constitue la partie externe du pied pédonculaire, et descend dans la protubérance el le bulbe, où il forme le plan moyen des pyramides antérieures. — b) Son faisceau accessoire est la partie essentielle du rubari.de Reil. Il occupe la partie postérieure de la capsule interne, s'eut re-croise avec son homologué au niveau des'tube'rcules quadrijumeaux, avec lesquels il contracte d'inlimes connexions, et descend dans la calotte pédonculaire et dans l'étage supé-
Fig. 5G. — Schéma destiné à représenter le trajet des gros l'aisceaux corlico-pédonciilaircs, leur situation dans les régions de la capsule interne et dans l'étage inférieur du pédoncule cérébral. — Coupe transversale du pédoncule cérébral au niveau des tubercules qnidrijumeaux antérieurs.
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Fais, inl., faisceau intellectuel.
— Fais. apA., Faisceau de l'aphasie.
— Fais, gril., faisceau géniculé. — Fais, mot., faisceau moteur. — Fais. sens, pr., faisceau scnsitif principal se divisant en deux parties, donc l'une [Fais, sens.) descend dans le pied pédoncu- /r/ laire du même côté, tandis
que l'aiUre [Hub. Reil] descend, sous le nom de ruban de Ueil, dans la calotte pédonculairo du côté oppose — Capsule int'.M-ne avec son genou [Gén.], son segment antérieur [Seçi. ant.) et son segment postérieur (Seg. posl.).— N. c. N. L., noyau caudô et noyau lenticulaire du corps strié. — C 0. couche optique. — Aq. Syl., aqueduc de Sylvius — T. Q. A., tubercules quadrijnmcaux antérieurs. — Band. long., handeleîto longitudinale postérieure — Lac. nig., locus niger ou substance noire de Sœmmcring. — Péd. ci'r., pédoncule cérébelleux supérieur avec le noyau rouge de la calotte de Stilling. — ///. Nerf moteur oculaire commun, avec son noyau principal, et son noyau accessoire, dil noyau de Darkscliewitscli [Noy. arc).
,,^2 ANATOMIE MKDlCO-CIUHUrir.lCALE.
ri.Hir de la protubérance. Nous savons déjà qu'au delà il so conlinuo, d'une part avec le l'aisceau de Gowers, d'autre part avec les cordons médullaires postérieurs, après avoir traversé les noyaux reslil'orme el postpyraiïiidal.
Dans l'étage pédonculaire postérieur, moins bien limité (pje l'antérieur, nous pouvons cependant scbémaliquement distinguer quatre faisceaux en allant de dehors en dedans :
1" Le ruban de- lieil, dont nous venons de parler.
2" Le pédoncule cérébelleux supérieur, qui, après avoir traversé le noyau rouge de Stilling, contourne la partie postérieure de la couche optiipie, se redresse el va se terminer dans un point encore inconnu de l'écorce cérébi'ale.
5" Le faisceau central de la calotte, décrit par Bechterew. Il pai-t de la substance gnse du ventricule moyen, passe en dedans du noyau de Stilling, s'entre-croise avec le faisceau du coté opposé et descend dans la protubérance et le bulbe. Il parait s'arrêter dans les olives
bulbaires. . r, . .
A' Le faisceau longitiidinal postérieur, qui paraît contourner la face inférieure du, noyau lenticulaire (Meynert) et va se perdre dans un point indéterminé du manteau des l^misphères.
5" J'ajoute, que, suivant les recherches les plus récentes, on trouverait encore dans la calotte pédonculaire des fibres venues de la commissure blanche postérieure; ces fibres se perdraient dans un amas gris situé près de l'aqueduc de Sylvius. Cet amas gris constitue le noyau accessoire d'origine du moteur oculaire commun (I)arkschewitsh).
2° Cervelet. — Le cervelet se rattache, par ses trois pédoncules, aux tubercules quadrijuineaux. au mésocéphale et au bulbe. — Les pédoncules supérieurs parlent du corps dentelé inlra-cérébelleux, s'enlre-croisent au-devant des tubercules quadrijumeaux, pénètrent dans le noyau rouge de Stilling, el viennent occuper la calotte du pédoncule cérébral (Voy. fig. 4:1). — les pédoncules inférieurs, ou corps resliformes, s'étendent des noyaux du toit et de l'écorce cérébelleuse d'un côté à l'olive bulbaire du côté opposé (libres arciformes). Je sais qu'on essaye d'établir des relations plus complètes entre le cervelet el le bulbe; mais elles ne sont pas encore suffisamment précises. — Les pédoncules moyens partent de toute la périphérie du cervelet et forment trois groupes : les premiers se perdent dans les amas gris prolubérantiels, les seconds remontent dans l'hémisphère cérébelleux opposé, les derniers s'incurvent pour remonter vers le pédoncule cérébral. — Suivant M. l'ierret, le cervelet a un rôle physiologique plus important qu'on ne le pense ; organe en rapport avec la motricité, il reçoit les impressions périphériques et préside à l'équilibration du corps. Placé sur le trajet de faisceaux cérébro-médullaires, il parait en outre exercer une influence spéciale sur les incitations volontaires venant des centres psychiques. Pour remplir ces fonctions, le cervelet est relié à l'isthme de l'encéphale par une vasle commis sure dont les fibres s'étagent jusqu'au noyau rouge de Stilling et se mettent en rapport avec les fibres cérébro-médullaires centrifuges et centripètes. Celte connexion s'établit, d'une part, entre les faisceaux cérébelleux et les faisceaux pyramidaux par l'intermédiaire de cellules disséminées ■ au milieu de leurs inlricalions ; d'autre part, entre les faisceaux cérébelleux et des noyaux gris (olives inférieures et supérieures, corps trapézoïde) placés dans l'islhme encéphalique. Suivant M. Brosset (Lyon, 1890) auquel nous empruntons ces lignes, les faisceaux de GoU et de Flechsig ne pénètrent dans le cervelet, qu'après avoir subi une réllexion au niveau des noyaux bulbo-prolubéranlicis.