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ÉTUDE TOPOGRAPHIQUE DU CENTRE OVALE

On sait que la destruction des faisceaux blancs du centre ovale détermine les mêmes troubles que la destruction des cellules de l'écorce, dont ils émanent. Les localisations dans le centre ovale répondant aux localisations de l'écorce, M. Pitres a cherché à préciser le siège des lésions du centre ovale, à l'aide d'une série de coupes transversales de l'hémisphère, coupes parallèles aux circonvolutions rolandiques et passant par les régions de l'écorce les plus importantes, au point de vue physiologique.

Nous représentons les tracés et les six coupes de Pitres dont la description se trouve faite dans la légende qui les accompagne.

Dans ce court chapitre nous voulons préciser, en nous basant sur les recherches récentes, la valeur physiologique des faisceaux blancs que découvre chacune de ces coiipes.— Faut-il ajouter que pour bien comprendre ce qui suit il faut tout d'abord se faire une idée précise du siège exact des centres localisés sur l'écorce (voir la fig. 70)?

DE l,A Ti>;rE.

Coupes (le Pitres. Faisceaux du centre ovale.

Tracés des coupes de Pitres.

pr. coupe pri'froiitule, à 5 coiitiiiu'tres en avant du sillon de Uolaiido. — P. r., p. F., coupe pédindo- frontale, par le pied des circonvolutions frontales.— /■'. /''., coupe frontale, par ta circonvohilion frontale ascendante. — P- /'., coupe piiriclale, sur la circonvolulion pariétale ascendante. — P- i'-.

/'.. coupe pédiculo-parii'tale, par les pieds des circonvolutions pariétales. — 0. 0., coupe occipitale, à un centimètre en avant de la scissure perpendiculaire cxterni>.

Fit'. I. Coupe préfrontale, parallèle à la scissure de Uolandn cl passant à 5 centimètres en avant de cette scissure.

■1° Les faisceaux de la coupe préfronlale, faisceaux préfrontaux (Pitres), sont tous psychiques ou intellectuels, comme la zone de l'écorce d'oii ils émanent.

Fis. 11. Coupe pédiculo-fi'ontale, passant au niveau du pied des circonvolutions frontales.

2" Parmi les faisceaux de la coupe pédiculo-fronlale, deux sont importants : le faisceau pédiculo-froninl moyen, ne du pied de la deuxième frontale, centre de l'agraphie, peut être appelé faisceau de Vacjraphie. Le faisceau pédiculo-fronlal inférieur, né du pied de la circonvolution de Broca, conlient deux ordres de fibres : les unes n'exislent que du côté gauche, où elles constituent le faisceau de l'aphasie; les autres bilatérales, forment le faisceau laryngé.

Fig. 57

Ca/i i'iL

JV Lan

F exl ' exl* F ext Les trois circonvolutions frontales externes. — F. inf., circonvolulions orb'itaires. - F. circonvolutions frontales internes. - Occ, circonvolntions occipitales. ~ , lobe de IMnsula. — C. cal., corps calleux. —N.cau., noyau caude. — Cap. inl., capsule interne. - N. len., noyau lenticulaire. - F.*, circonvolution frontale ascendante - 7 cm;;., circonvolutions tcmporo-.sphônoïdalcs. - C. opL. coiiclie optique. - Lap. exl., capsule exlmic. -^ r avant-mur. — pariétale ascendante. - P'; lobule pariétal supérieur. - P', lobule pariétal

ANAÏOMIE MÉDICO-CIimUUGICALE.

3° Les quatre faisceaux de la coupe frontale ont une grande importance. Des trois faisceaux sous-jacents à la circonvolution frontale ascendante : le faisceau frontal supérieur, né de l'extrémité supérieure de la circonvolution fronliile ascendante, est le faisceau frontal moteur des membres inférieurs \ le faisceau /) o>i<a/ nioijen, né du milieu de la même circonvolution, est le faisceau moteur des membres supérieurs.

Quant au faisceau frontal inférieur, ou faisceau géniculé, né du pied de la fiontale ascendante, il conlieut des libres partant de plusieurs centres.

Ces fibres se réunissent en faisceaux secondaires qui sont :

le faisceau facial inférieur, le faisceau maxlicaleur, le faisceau de VInjpoglosse, et quelques fibres du fai>ceau laryngé, sphénoidal, enfin, contient quelques fibres du faisceau de la surdité verbale, principale sera visible sur la coupe suivante.

A V. mxir

Fig. 60. — Fifc'. IV. Coupe frontale, passant sur la fi'onlale ascendante.

Le faisceau dont la partie

'J'antp..

B'ig. Cl. — Fig. V. Coupe pariétale, passant sur la pai'iétale ascendante.

4° Des faisceaux de la coupe pariétale, les trois qui naissent de la circonvolution pariétale ascendante (faisceaux pariétaux) sont : le supérieur, né de l'extrémité supérieure de la circonvolution; c'est le faisceau ■pariétal moteur des membres inférieurs; — le moyen, ou faisceau pariétal moteur des ??iembres supérieurs. Les faisceaux moteurs frontaux et pariétaux, constituent le faisceau pyramidal qui va , en ) arlie directement, en partie après entretrecroisement dans le bulbe, se terminer dans la moelle (voir le trajet des faisceaux médullaires). — Le faisceau inférieur renferme quelques fibres des faisceaux : facial injérieur, masticateur, laryngé, et du faisceau de Y hypoglosse . — Le quatrième faisceau de cette coupe ou faisceau temporo-sphénoïdal, renferme les fibres nées de la première

circonvolution lemporo-sphénoïdale qui constituent le faisceau de la surdité verbale

I)K I.A Tl' l'l';

Tcnip.

1,-i.r. 02. — Coupe pô(liciiIo-pai-iét.iilc, passant, sur In pied des lobules pariélaux. (Le tracé de ces coupes " esl indiqué' sur la fig. 57.)

5° La coupe pédiado-paviêlcik nous montre deux faisceaux imporlanls : le pédiculopariétal supérieur ou faiscenu de l'Iiémi-anopsie, cl le lemporo-spliénoïdal contenant une partie du faixreau de la surdilé verbale.

F. i>cr.

Oc

. Occ .

Fi-. G3. — Coupe occipitale, parallèle à la scissure de Rolando et passant à 1 centimètre en avant

de la scissure perpendiculaire interne.

G» Les iaisceaux de la coupe ocdpiUde paraissent être tous sensilifs. Je dis paraissent, parce que les localisations dans Técorce et le centre ovale occipital sont encore assez obs-

''"pour terminer avec celle élude des localisations dans le centre, ovale, nous devons dire que dans le centre ovale du segment de l'hémisphère compris entre les deux dermeres coupes, nous trouvons les iaisceaux de la céciié verbale, le moleur de lœ,l e probablement le facial supérieur. - Bientôt le nombre des coupes devra être multiplie, pour se inainlenir en rapport avec les nouvelles acquisitions de la physiologie pathologique.

ANATOMIE MÉDICO-CIUHUIICICALE.

ANATOMIK MÉDICO-CIimUUGKlALE.

Fig. G4. — Figure schématique deslinée à montrer les eolonnes et les noyaux gris d'où naissent, au niveau de la moelle, du bulbe, de la protubérance et de l'isthme de l'encéphale, les racines des nerfs crâniens.

La région de l'encéphale représentée sur cette figure comprend un segment de la moelle, les faces postérieures du bulhe et de la protubérance formant le plancher du 4» ventricule, et la face postérieure de l'isthme de l'encépliale. La signification des dilférentes parties encéphaliques comprise? dans cette figure se trouve déjà expliquée sur une autre semblable (voir fig. 41). Kous n'expliquerons ici que la signification des colonnes de substance grise, lieu d'origine des nerfs crâniens.

III. Colonne grise motrice, située sur les côtés de l'aqueduc de Sylvius, et comprenant les noyau.x d'origine des racines du nerf moteur oculaire commun. — IV. Suite de la même colonne formant le noyau du nerf pathétique. — V. Les colonnes grises contenant les noyau.x du trijumeau : V. a., noyau ou racine inférieure ou bulbaire: ce noyau est formé de deux colonnes grises: l'une (T. a. s.]. sensitive, d'où naissent les racines sensilives du nerf; cette colonne se prolonge jusque dans la moelle; on l'appelle racine ascendante ou descendante. Son existence, sa nature Irophique et sa formation aux dépens de la colonne sensitive antérieure ou tête de la corne postérieure décapitée,

I)K l,A TI'TK

l'Mveloppi'o (le la sulislaiico ^'ôliilineiiso do llolando, oui (•!('■ déiiKiiiIréos par Us licllcs i-cclicrclics ana- Idiniipics de M. Walliias Diival, coiiiplùloes plus tacd pai' des roclierdics oxprM'ilnciilalcs du iiu"'infi auliHir laites en collaboialion avec M. Laboi'de. — La deuxiùine colonne t^nse du nuMne noyau inférieur (C. rt..v)/.), l'ormée pai- le prolonf^emonl hulhaire du li'aclus iulerrnodio-lalcralis de la moelle, donne naissance aux racines syiupallii(pies du nerf Irijunieau. — V. h., nnijau moyen ou proluhéraulicl du trijumeau, il répond au locus cœruiens ; c'est un noyau sensilif. — V. noyau suptfrieiir du trijumeau, sié^'e dans l'isthme de l'enféiihalc, est sensitif c{)nnTie le précédent. — V. m., noyau moteur du trijumeau ou noyau mnstkaleur, situé dans l'épaisseur de la protubérance à '> millimétrés au-dessous du plancher du 4" ventricule, à peu prés au niveau de l'éiiiery:encc du trijumeau (l)uval); ce noyau est un prolongement des cornes antérieures de la miellé ; les racines (|ui en naissent formont le vvrf muslicalfvr. — VI, noyau du nerf mo'eur oculaire e.rlerne; ce noyau répond à l'éminontia teres, et est formé par le prolongement protnbérantiel de la base de la coi'uo antérieure déjà décapitée. Ce noyau est contourné par le genou du facial, et il abandonne à ce dernier nerf queliiues libres radiculaires, d'où le nom de noyaii commun au facial et au moteur oculaire externe. Nous dirons dans la légende de la ligure suivante qu'on contesie l'existence des racines du facial supérieur nées dans ce noyau. — VU, noyau propre du faeial, noyau inférieur, ou noyau de Matidas Durai; à peine entrevu avant les recliorclics de Malliias Duval, ce noyau, foruié aux déjjcns de la colonne motrice antérieure, ou tète do la corne antérieure de la moelle, est le noyau du nerf facial inférieur, tandis que le précédent serait celui du faeial supérieur, l a distinction des deux purlies du facial a son utilité: nous le dirons dans la légende de la tlgure 05. — Vlll, les qualre noyaux de l'auditif : le noyau innominé [Vlll, n.], bien décrit par Mathias Duval, situé contre le raphé, entre le noyau principal de l'hypoglosse et l'eminentia teres; à ce noyau aboulissent les libres de l'auditif visibles sur le plancher ventriculaire, dites barbes du calamus i-criptorius. — le iwyau interne {VIII, b.), occupe sur le plancher ventriculaire la saillie appelée aile blanche externe; — le noyau externe [VIII, c.), est situé dans l'épaisseur du corps restiforme; — le noyau antérieur [VIII, d.) est situé tout à fait sur le bord externe du corps restiforme, entre des racines mêmes du nerf auditif. — /.V, les trois colonnes grises donnant naissance aux trois ordres de racines du nerf glosso-pliarynyien : IX, s., noyau sensilif, formé par la colonne sensitive postérieure du bulbe, prolongement de la base de la corne postérieure de la moelle ; à sa partie antérieure, ce noyau donne naissance aussi aux racines du nerf intermédiaire de Wrisberg, point démontré par Mathias Duval, et que nous représenterons sur la ligure 6.^. — IX, m., noyau moteur du. glosso-pharyn^ien ; la colonne grise qui le forme est le prolongement de la tête de la corne aniérieure de la moelle; — IX, sy., noyau sympathique ou vaso-moteur du glosso-pharyngien et de l'intermédiaire de Wrisberg; ce noyau est formé par une colonne grise et blanche dite colonne grêle ou faisceau solitaire de Slilling, qui se continue dans la moelle avec le tractus intermedio-lateralis, d'où naissent les racines spinales du système sympathique (PierretJ; en haut ce faisceau s'arrête au niveau de l'origine du nerf intermédiaire de Wrisberg (Duval et Laborde). Nous insistons, dans la légende de la figure 65, sur ce faisceau qui contient toutes les fibres sympathiques cles nerfs bulbaires venus, bien entendu, de l'épaisseur même du bulbe et non des anastomoses de ces nerfs avec le sympathique périphérique. — A". Les noyaux d'origine du nerf pneumogastrique : X. sy., le noyau sympathique, origine des racines sympathiques du nei*f (faisceau solitaire) ; — X. s., noyau sensitif, prolongement de la base de la corne postérieure de la moelle; ce noyau répond à l'aile grise du plancher du 4° ventricule, taudis que les deux autres noyaux sont plus profondément situés dans l'épaisseur du bulbe. — A7, les deux colonnes d'origine du nerf spinal : XI. sy., le faisceau solitaire donnant naissance aux racines sympathiques du nerf; — XL m, la colonne motrice, prolongement de la tète de la corne aniérieure, d'où naissent les racines motrices du spinal, tant bulbaires que inédullaires (voir fig. 05); — A7/, les noyaux d'origine du nerf grand hypoglosse : XII. p., le noyau principal ; il répond à l'aile blanche inlerne du plancher du 4° ventricule ; c'est le prolongement de la base de la corne antérieure de la moelle; — .\7/, a., le noyau accessoire, situé profondément dans l'épaisseur du bulbe; ce noyau n'est bien connu que depuis les recherches de Malliias Duval : il est la continuation de la tête de la corne antérieure de la moelle.

jlll.IlL.

cd.in.

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