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VC./I

Fier 82 - Coupe sagiltnle de la lêle d'un embryon de poulet du 5» jour de l'incubation.

(Mihalcovics).

V c h Yésicule cérébrale hémispliérique. - V. c L, vésicule cérébrale intermédiaire. -V-c \ . c. /i., -ses eu e Çe'i^"i'' ^ i vésicule cérébrale poslérieure. — A. chacune d elles,

de Ualke (poutrelle antérieure de kollilcer).

inflexion céphalùiue antérieure (K«mk..). due à raccroissement notable des paHies an'érieures du crâne, par suite du dé,eloppeu,ent énorme de la P-""' J*^^^ "^^^ cérébrale, se fait au niveau de la vésicule crânienne mojenne; la lête s mllech.t de p s e p us, de façon ..u a un moment donné, le point le plus élevé du crâne repond

a ésicule moïe'nne': .aiUie iu verte.. - De cette inflev.on, cation importante dans la constitution de la base du craue m-mbra ne u. . qu la tête était droite, la notocorde s'étendait jusqu'en avant /' P »■

presque toute la ba.e du crà.,e membraneux renfermait <=«l'« ^ ^

r;,o,v ote M.iis par suite de Tinnexion céplial.que, la vésicule craniemic ant.,

e e dépas a^t'^ 'extrémité de la notocorde, la base du crâne présente eux segiicure aepasbdui icAi „ninporde et l'autre, postérieur, seul chordal.

ments : un antérieur, dépourvu de notocorde, er ' 1 ,nhénoïde nnté-

• ; „ i„u fin In hnso ormera plus tard le spnenoiae anit

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tard la portion spheno-basilaire de la Dast uu mcmu i

m ^ ANATOMTE MÉniCO-CllIRURGICALE.

deux segments, chordal et préchordal, sont séparés par un Iroii, à travers lequel un prolongement de la cavité du pharynx s'élend vers le cerveau pour former l'hypophyse. Mais bientôt (8° semaine) ce trou se ferme, et les deux segments sphénoethmoïdal et sphéno-basilaire de la base s'unissent.

La deuxième inflexion du crâne, moins importante, inflexion du pont de Varolede Kôlliker (parce qu'elle indique l'emplacement ultérieur de la protubérance), se produit en sens inverse de la première. La vésicule crânienne moyenne (répondant au cerveau moyen) s'incline en arrière et forme avec la vésicule crânienne postérieure secondaire (répondant à l arrière-cerveau), un angle ouvert en arrière dans lequel

Arrièi'e -ceroeaxt,.

.FL'iiUsnJL céréb/r

Cerv./iost.

(Cervelet)

Fig. 83. — Encéphale d"un embryon humain de la septième semaine (d'après Lœwe).

Les trois vésicules encéphaliques primitives sont subdivisées en cinq vésicules secondaires ; l'encéphale présente les trois inflexions.

se trouve intercalée la vésicule crânienne postérieure primaire (répondant à la vésicule cérébelleuse).

La troisième inflexion, inflexion de la nuque, a lieu au point de jonction du crâne et du rachis. Comme la première, celte inflexion se fait en avant; la vésicule crânienne postérieure secondaire (répondant à l'arrière-cerveau) s'infléchit vers la face ventrale de l'embryon ; il en résulte, dans la portion correspondante du dos, une saillie arrondie : ïéminence de la nuque.

Toutes ces inflexions du crâne sont nettement visibles sur un embryon Immain de sept semaines.

Pendant qu'il modifie ainsi sa forme et sa direction, le crâne membraneux envoie par sa face interne des prolongements mésoblastiques, qui s'enfoncent entre les vésicules cérébrales. Ces prolongements sont de deux ordres : ceux de la base et ceux de la voûte.

La base envoie deux prolongements :' l'antérieur, poutrelle médiane du crâne de Hathke, ou poutrelle antérieure de Kôlliker, s'enfonce dans l'angle résultant de l'inflexion cépbalique antérieure, au niveau de l'extrémité antérieure de la notocorde, et concourt en partie à la foliation du cartilage de la selle turcique ; le reste se réduit plus tard à la gaine adventice de l'artère basilaire et à une portion de piemère au niveau de l'espace perforé postérieur; — le prolongement postérieur, 7;o«trelle postérieure de Kôlliker, s'enfonce dans l'angle de l'inflexion de la nuque ; il contribue à former le tissu conjonctif lâche du plexus veineux qui s'étend dans la région de l'articulation occipito-atloïdienne (Dursy),

Des étranglements, qui séparent les vésicules crâniennes, au niveau de la voûte, partent des prolongements mésoblastiques, s'enfonçant dans les sillons qui séparent

los vésicules cérébrales. Ou coinpic, (|ualrc saillies transversales en forme de croissants, et une longitudinale. Une seule (l(!s quatre saillies transvervales persisie : la poslérieure : reliée par ses extrémités effilées sur les côtés à la poutrelle antérieui'e de la base, dans la région des apophyses clinoïdes postérieures, elle formera plus tard la tente du cervelet. — La saillie longitudinale, enfoncée entre les vésicules hémisphériques du cerveau, persiste aussi : elle forme la faux du cerveau.

En somme, le crâne membraneux primordial forme toutes les enveloppes de l'encéphale : la capsule osseuse aussi bien que les enveloppes membraneuses ou méninges. Nous y reviendrons en étudiant la structure du crâne membraneux primordial, en même temps que l'ossification de la voûte du crâne.

Période chondro-membraneuse. — Ce qui caractérise cette période, c'est l'envahissement de la base du crâne par le cartilage. Les parties du crâne qui subissent la transformation cartilagineuse sont celles qui formeront plus lard : l'occipital, les parties pétreuse et mastoïdienne du temporal, le corps du sphénoïde avec les grandes et les petites ailes, l'ethmoïde et les cartilages externes du nez. D'après KôUiker, la chondrification de la base du crâne se ferait d'une seule coulée : la base serait ainsi formée d'une seule masse cartilagineuse sans qu'on puisse y trouver des lignes de séparation correspondant aux divisions futures des os.

En somme, pendant un certain temps, le crâne primordial est formé : d'une base cartilagineuse en forme de gouttière à bords plus ou moins relevés, et d'une voûte restée membraneuse. C'est pourquoi j'ai donné à cette période le nom de chondromembraneuse.

Période d'ossification. — L'ossification du chondro-crâne (base) ne présente rien de particulier : elle se fait par le processus ordinaire de l'ossification enchondrale. Les os formés aux dépens du chondro-crâne, ou os primordiaux, sont : l'occipital (sauf une petite partie), le sphénoïde (antérieur et postérieur), l'ethmoïde, le rocher et l'apophyse mastoïde.

L'ossification de la voûte du crâne membraneux primordial se fait suivant un processus spécial. Disons tout d'abord que les os formés aux dépens de la voûte, os de recouvrement ou de revêtement, sont : le segment supérieur de l'écaillé de 1 occipital, les pariétaux, le frontal et l'écaillé du temporal. Quant à l'aile interne des apophyses ptérygoïdes, l'anneau tympanal, etc., eux aussi ne passent pas parla phase cartilagineuse, ils passent directement de l'état fibreux à l'état osseux, mais cela par le processus bien connu d'ossification dans les tissus fibreux, et non par le processus spécial de la voûte du crâne que nous décrivons ci-dessous.

Ce processus spécial a été bien étudié par un élève de M. Renaut, M. Gliampeil, dans un travail récent (Ttièse de Paris, 1890), auquel nous emprunlons une partie des détails qui suivent. Après avoir étudié la membrane dite formalion lainelleusc qui, composée de (issu embryonnaire et de cellules fixes endolhéliales, représente à l'clat mou le modèle préformé des os plats de la voûle, M. Cbampeil montre que l'ossiiication débute par l'apparition, au sein de celte lame, d'une bande homogène de préossilicalion, formée par une série de lamelles. La trame conjonctive de ces lamelles se transforme en un treillis de minuscules fibres de Sbarpey ; les cellules fixes endolbéliales donnent naissance aux corpuscules osseux fœtaux. Celte bande devient bientôt osseuse, et la formation lamelleuse se trouve alors scindée en trois étages : un moyen, c'est la bande osseuse définitive; un supérieur, où la constitution lamelleuse subsiste, et qui sera i)lus tard le périoste externe ou péricràne; un inlëriem', (pii formera le périoste interne ou dure-mère cràmenne, et (pu a aussi garde la constitution lamelleuse iiitacle. , , •

Les os de revèlemenl du crâne, provenant de celle bande osseuse, au niveau de leur jonc-

[yO ANATOSIIE MÉDICO-CIIIRUUGICALE.

lion avec les pièces cartiiugiiieuses du système de l;i base, se poursuivent, à la surface du cartilanc et la prennent pour point d'apjiui. Kn sonnne, les os de revêtement de la voùle naissent, noifdu derme cutané, mais d'une diirérencialion du mésoderme, précédant le dégagement du derme.

Ajoutons aussi que tous les os de la voùle présentent des travées fibreuses d'ossification, qui parlent d'un point connn(! centre [lonr rayonner à la périphérie de l'os (rrontal, pariétal, etc.) ; l'ensemble de ces travées a été comparé par lléclard (Mémoire sur i'ostéogéuie et l'ossification; Nouveau Journal de médecine, 1819) à un canevas de dentelle sans broderie. Le même anteur a distingué dans les os crâniens en voie de développement trois zones concentriques, dont l'épaisseur et la densité vont en diminuant à mesure qu'elles s'éloignent du point central d'ossification : 1° une zone centrale, ou zone compacte, qui répond au foyer primitif d'ossification; 'i" une zone d'apparence réticulée, intermédiaire ; 5° une zone rayonnée ou pectiuée, occupant la périphérie de l'os. — A la naissance, les trois zones cessent d'être distinctes et l'os, bien formé, ollre une égale consistance et un aspect homogène sur toute son étendue.

Je ne puis étudier ici l'ossification de chacun des os du crâne: je me bornerai à signaler les particularités intéressantes.

L'Occipital se forme en majeure partie aux dépens du chondrocràne (base); une faible portion seulement de l'écaillé est formée aux dépens de la voùle membraneuse. Le développement de cet os, et les anomalies qui s'y rattachent viennent d'être minutieusement décrits par Paul Lucy dans sa thèse inaugurale (thèse de Lyon, 1890). Je note dans les conclusions de cet auteur: l'occipital se développe par huit points d'ossification constants et un neuvième inconstant qui forme l'osselet de Kerckringe sur le rebord postérieur du trou occipital. La face endocrànienne de l'écaillé présente d'abord trois fossettes ci'rébelleuses : deux latérales, répondant aux hémisphères cérébelleux ; une médiane, fosseile vermienne répondant au verrais; dédoublée parla crête occipitale interne, cette fossette disparait ensuite (je l'ai trouvée deux fois sur des crânes d'adultes). Aux dépens d'une partie des deux points osseux supérieurs de l'écaillé naît l'os épactal. A l'ossification de l'occipital doit être rattachée, d'après moi, l'existence du lubercule occipilal que j'ai déjà étudié (Voy. Base du crâne).

Le Sphénoïde est divisé tout d'abord en deux portions : une postérieure, sphénoïde postérieur; l'autre antérieure, sphénoïde antérieur. Ces deux portions se réunissent plus tard pour former le corps du sphénoïde définitif.

L'Elhmoïdc présente trois centres d'ossification, dans chacun desquels on compte des points multiples. Le centre médian (apophyse crista-galli et lame verticale) offre seul quelque régularité dans le nombre de ces points osseux primitifs. Les centres latéraux (lame criblée, cornets, os planum) se forment par des points très nombreux qui n'offrent rien d'absolument précis. L'ossification débute au milieu de la vie intra-utérine, pour ne s'achever que dans la cinquième ou sixième année.

Le Frontal s'ossifie par deux points principaux et six granules complémentaires. A la naissance, il est encore divisé en deux moitiés. Toutes les pièces accessoires sont soudées ou à peu près. - - La suture raédio-fron taie ou métopique, trace de la division primitive des deux os, peut persister; ordinairement elle disparaît dès la deuxième année. Les sinus frontaux n'apparaissent que dans le cours de la deuxième année.

Le Temporal présente trois centres principaux d'ossification : l'écaillé formée aux dépens de la voûte membraneuse ; le rocher auquel Rambaud elRenaut décrivent sept points principaux, et le cercle tympanal. Quant à l'apophyse styloïde, eUe appartient à l'appareil hyoïdien. Formée aux dépens du squelette viscéral de la tête, elle ne se soude que tardivement au crâne.

L'ossification du Pariétal présente des particularités bien étudiées surtout par Broca. Au ■\h° jour de la Tie intra-utérine, apparaît un point d'ossification au niveau des bosses pariétaies. De ce point parlent, en rayonnant, des fibres osseuses disposées en deux couches ou tables, une superficielle et une profonde. La table superficielle se développe plus lentement que la profonde, et elle manque en partie à la naissance. De celte inégalité de développement des deux tables, il résulte des fissures entre les travées osseuses de la table externe à la périphérie de l'os, et cela surtout vers l'obélion; carie bourrelet marginal (Broca), qui se forme à la rencontre des fibres externes avec les internes, apparaît là en dernier lieu. Ces fissures incomplètes des bords du pariétal, réunies quelquefois en un sillon unique, pro-

tond {sulcKs iKKjillalis c:ik-iiiiis de liiirkow), iiciiveiil dcv(.Miir complètes et iiilY-resser loulc l'épaisseur de l'os. Lu lissiire, ainsi complétée, siège le pins souvent dans nno région qui correspond à l'union dos trois ciniinièmes antérieurs avec le cin(iuième postérieur de la suture sagillale. Iléunie avec la tissure symétricpie du côté opposé, elle l'orme (pichpicibis nue fontanelle : incistire sdij'illalc ou fonlanclle de Gcvdtj (1837). Le mode particulier tl'ossitication du pariétal e! les nombreuses anomalies qu'il présente, ont été invoquées par limiter. 1'. Dubois, Yalleix, \imv expliquer la production du cépbalématome crânien. Féré [Revue mcnsuelk, 187!)) a repris et complété la tbéorie l'ornudée par ces auteurs : pour lui, toutes les petites cavités osseuses qu'on trouve sur le pariétal au niveau de l'obélion sont remplies de vaisseaux volumineux, à tel point que l'os ressemble ii une éponge gorgée de san'schezle nouveau-né, les canaux veineux du diploé, qui plus tard protégeront les vaisseaux, ne sont pas encore formés; sous rinlluence de la moindre pression, il se produit un épanchement sanguin, soit par l'écartemenl de la fente, soit par une fracture prolongeant la fissure préexistante; ainsi se forme une tumeur sanguine qui s'avance vers la bosse pariétale, grâce au facile décollement du péricrânc. De nombreuses pièces sont venues à l'appui de cette omiine fhsurairc du céphalémalome.

Les anomalies d'ossification du pariétal ont aussi un intérêt obstétrical sur lequel Bonnaire (Progrès médical, 1891, n° 24 et 25) vient d'attirer l'attention.

Période fontanellaire. — Parles progrès de l'ossincalion, chaque os forme bientôt une pièce distincte; les points où se rencontreront les angles de certains d'entre eux forment les espaces membraneux dits fontanelles.

Celles-ci sont de deux ordres : les unes, normales, au nombre de six; d'autres, anormales.

Des si.v fontanelles normales, deux sont supérieures et médianes : Vantérieure, grande fontanelle ou bregmatujue, est granJe, quadrilatère, et se trouve à la réunion des pariétaux et du frontal. La fontanelle postérieure, petite ou lambdalique, est une petite lacune triangulaire, située à la rencontre des pariétaux et de l'occipital, c'est-à-dire des sutures lambdoïde et sagittale.

Les quatre autres fontanelles normales sont situées de chaque côté du crâne : fontanelles latérales, antérieures et postérieures. — La fontanelle latérale antérieure ou plérique, correspond au lieu de réunion du frontal, du pariétal, du temporal et de la grande aile du sphénoïde, c'est-à-dire au ptérion; elle a souvent disparu à la naissance. — La fontanelle latérale postérieure ou astérique correspond à l'astérion; elle est située entre le pariétal, l'occipital et la portion mastoïdienne du temporal, qui est très rudimentaire chez le fœtus. — Une fontanelle assez constante, mais disparaissant généralement au huitième mois, existe entre le frontal, l'os planum et la petite aile du sphénoïde : fontanelle orhitaire.

Les progrès de l'ossification rétrécissent peu à peu les fontanelles, d'abord les latérales, puis les supérieures,' qui ne disparaissent complètement que vers deux ans. Quelquefois elles peuvent persister chez l'adulte. On a rencontré chez cclui-ci l'antérieure et les latérales postérieures.

Les fontanelles anormales, bien décrites par llamy, sont des espaces membraneux, de formes et de dimensions très variables, qui se rencontrent dans les su nros encore impaifaitcs du crâne du nonveau-né. Nous avons déjà parlé de la plus importante : la Io"tanelle sagittale ou obélique. - La fontanelle naso-fronlale, àHo OAM^ove f'^'^^^^'''^'\f^^^^^^^ observée par Le Courtois dans les proportions de 5 pour «0' . ; serait fréquente cl.ez les hydrocépl.ales (Le Courtois). - La ontam-lle ^'^'^ '^^'^ '^^^'^ llamv et Le Comtois ne serait .iu'nn prolongoment dans la suture meto,Mque de 1. tùnlanellc précédente. - La fonlanclle cérébellense (llamy, 181)7) siegc immédiatement an-Ss du trou occipital, entre lui et l'écaillé, au lieu même où Ion trouve quelquefois l'osselet de Kcrckringe, dont nous avons deja parle. I.. connaissance exacte des lonlanelles a nui^ grande important, tant pour 1 accoucl.eur

que pour le chirurgien. Ccrfaiues hernies du cerveau, encéphaiocèles proprement dites, ou inéningoctMos, se forment là où se trouve une Ibntanelle normale ou anormale. Toutes les encéphalocèles ne peuvent pas s'expliquer de celte façon; mais il existe des cas non douteux où la hernie des méninges, accompagnée ou non de substance cérébrale, s'est produite au point faible delà capsule crânienne, c'est-à-dire au niveau des fontanelles (Reverdin, Ghantreuil, Le Courtois).

Fig. 84. — Squelette de la tête du nouveau-né.

Fon. breg., fontanelle bregmatiquc. ■ — Fon. lamb., fontanelle lambdatique. — Fou. pté., fontanelle ptérique. — Fon. ast., fontanelle aslérique. — Fis. occ, fissure occipitale.

Le crâne à la naissance. — D'après Gratiolet (1857), Schaafliausen el Walker (1866), Je crâne présenterait à la naissance une prédominance du diamètre occipitofrontal sur le bipariétal : il serait dolichocéphale. Mais Manouvrier a montré que cette dolichocéphalie du nouveau-né est due aux déformations provoquées par l'accouchement: elle disparaît rapidement; en réalité, le crâne de l'enfant est légèrement brachycéphale. Immédiatement au-dessus des oreilles, sur les côtés, le crâne présente une protubérance répondant à la portion squameuse du temporal, et au-dessus d'elle une dépression oblique, allant de la grande aile du sphénoïde au centre d'ossification du pariétal. Celte dépression répond à la fosse sylvienne ; la saillie temporale exprime la prédominance des parties cérébrales situées audessous de cette fosse (lobe temporal) sur celles situées au-dessus d'elle (lobes frontal et pariétal, Gi'atiolet). Cette disposition, reste des formes fœtales, s'efface bientôt.

Les bords des différents os sont simplement conligus; ils sont réunis par des sutures membraneuses. Le rôle de ces sutures est de permettre aux os de se déplacer les uns sur les autres par un chevauchement léger. — Toutes les sutures ne permettent pas un jeu égal aux pièces qu'elles relient. A la naissance, les trois quarts inférieurs de la suture intercoronale ont disparu, par la synostose précoce des deux

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IVoiitaux. La suture pariélo-lempoi'ale est déjà Irùs serrée, de sorte que les doux os ne peuvent s'écarter l'un de l'autre; on ne sent donc pas d'interligne membraneux à ce niveau. Le contact, bord à bord, du pariétal et du frontal dans les trois quarts externes de leur sulure, celui du pariétal et de l'occipital sur toute l'étendue de leurs connexions, sont assez lûcbes pour perniellre un cbangement dans les rapports des rebords linéaires adjacents. Mais il n'existe pas d'écartement véritable, et, si l'on constate un chevauchement du pariétal sur le frontal ou sur l'occipital, on peut voir que les bords de ces os, grâce à leur souplesse, ne font que s'enlrc-croiscr sur une très petite étendue. C'est ainsi que dans le tassement total du crâne, on sent le pariétal déborder le frontal, mais en passant mi-pai'tie au-dessous et mipartie au-dessus de lui. Il en est de même pour la suture occipilo-pariétale, bien qu'en ce point le déplacement s'effectue presque exclusivement par l'enfoncement de la lame osseuse épactalc au-dessous du pariétal (Bonnaire, loc cit., p. -481). C'est au niveau de la suture sagittale, reliant les deux pariétaux, que les os jouissent de la plus grande mobilité. Aussi cet espace linéaire membraneux offre-t-il au doigt un relief plus accusé que les autres sutures ; comme il est le plus aisément accessible au toucher, dans la présentation du sommet, on a pu le considérer comme l'aiguille de la boussole qui guide l'accoucheur dans le diagnostic des positions de l'extrémité cépbalique fléchie (Gonnaire). Enlin, entre les deux portions écailleuse et basilaire de l'occipital, il existe à la naissance une bande de tissus alternativement fibreux et cartilagineux ; c'est une véritable charnière (charnière occipitale), autour de laquelle la portion écailleuse de l'occipital tourne, pour s'avancer sous les pariétaux, et favoriser les modifications des dimensions de la tête pendant l'accouchement (Budin, Société d'anthropologie, 1870).

J'ai déjà parlé des fontanelles ; je n'y reviendrai pas. ~ Peu de temps après la naissance, la voûte du crâne subit une expansion dans sa totalité : les sutures et les fontanelles s'élargissent à tel point que dans certains cas on pourrait croire au développement d'une hydrocéphalie. Les sutures peuvent acquérir de ce fait des dimensions très grandes; Budin a vu les fronto-pariétales (coronales) mesurer 7 millimètres et la sagittale 14 millimètres de largeur.

En somme, chez le nouveau-né, le crâne subit deux espèces de modifications : l" les unes, au moment de l'accouchement; 2» les autres, alors que la tête a repris sa forme normale, pendant la première semaine qui suit la naissance. ^

Il reste à signaler quelques caractères particuliers, au crâne du nouveau-né. Les bosses pariétales et frontales sont très accusées (Voy. fig. 84). La face inférieure de la base est presque plate. Les cavités glènoïdes à peu près planes, l'absence des apophyses vaginale et styloïde paraissent favoriser les luxations en arrière de la mâchoire. Les apophyses ptérygoïdes sont courtes et inclinées en dehors et en avant. Les condyles occipitaux, à peine distincts, avec leur surface articulaire plaie et petite, sont placés en avant du centre de gravité, vu le peu de développement de la face à cette époque; aussi l'enfant a-t-il une certaine difficulté à tenir sa léte en équilibre. Enfin toutes les saillies et les crêtes sont rudimentaires. Les sinus ne sont pas encore apparus.

Landzert [Petersb. med. Zeils., 1868) décrit dans la portion postérieure du corps du sphénoïde du nouveau-né un canal terminé en cul-de-sac. Ce canal prend naissance dans la fosse de l'hypophyse, et dans 10 pour 100 des cas il atteint la face inférieure du corps de l'os. Landzert le considère comme un rudiment de la (( poche de l'hypophyse », qui, pondant la vie embryonnaire, met en communication l'arrière-gorge et la cavité crânienne.

ÀSATOMIE JtÉDICO-CHIIlUnOICAI.E.

A.NATOMIK MKUlCU-CllllUiRGIGALE.

Tel csl le cràiie normal à la naissance; il faut signaler quelques anomalies. Elles tiennent toutes à des variations de l'ossification. Tantôt on voit naître, à plein ternie, des enfants d'un volume au-dessus de la moyenne, vigoureux dans tous leurs appareils, et qui offrent un crâne mou, dépressible et sillonné d'espaces niendjraneux très larges. Tantôt, au contraire, les enfants, ayant tous les caractères de la débilité congénilale, présentent une voûte crânienne très compacte, presque dépourvue de sutures et de fontanelles. Dans le premier cas, il y a eu retard; dans le second, accélération dans la m;irclie de l'ossification normale. Ces anomalies ont été bien décrites par Bonnaire "(Pro^j'ès médical, 1891, n"' 24 et 25).

Les anomalies d'ossification par défaut peuvent occuper toute la calotte osseuse; mais leur siège de prédilection est le pariétal. Parmi elles se rangent la largeur des sutures et des fontanelles, l'existence de confluents membraneux qui doivent être comblés à la naissance ou les fontanelles anormales. — Ces anomalies par défaut d'ossification sont assez fréquentes; d'après Truzzi on les rencontre dans la proportion de 1,229 pour 100. Donnaire regarde celte proportion comme trop faible. Le même auteur rapporte un fait intéressant d'anfractuosités nombreuses, arborescentes, de la calotte crânienne, clicz un nouveau-né. Parmi ces anomalies, les perforations crâniennes, bien étudiées par Parrol (Des perforations crâniennes spontanées cbez les enfants du premier âge, Rev. de méd. cl decliirurcj., t. 111, 1879), ont donné lieu à de nombreuses discussions. Parrot les a divisées en congénitales et acquises : les secondes seraient en relation avec la syphilis. Les congénitales, disposées symétriquement le long des sutures sagittale et mélopique, ne dépassent pas en bas les bosses pariétales et frontales: rares sur les frontaux, on les voit surtout autour du bregma et sur les pariétaux.

L'ossification prématurée fait disparaître les bandelettes membraneuses reliant les pièces osseuses entre elles, et celles-ci peuvent même se trouver entièrement engrenées à la naissance. L'excès d'ossification se traduit par l'apparition de noyaux d'ossification surnuméraires dans l'aire des fontanelles : ces noyaux donnent naissance aux os ivormiens. D'après Manouvrier, l'apparition de points surnuméraires et d'os wormiens n'est point due à un excès d'ossification : elle se produit, au contraire, quand les points d'ossification normaux n'ont pas réussi à recouvrir suffisamment vite l'espace qu'ils devaient recouvrir.

Comme exemple d'hyperossification prématurée du crâne, je signalerai les faits figurés par Ahlfeld dans son Atlas (Leipzig, 1882, Tabl. XLII), où presque toutes les sutures étaient synostosées, et les fontanelles entièrement ossifiées. Ces faits ont une grande importance obstétricale, le crâne, transformé en un bloc irréductible, pouvant devenir une cause de distocie.

Parmi les affections congénitales du crâne, les Jajsles dermoïdes et les encéphalocèles tiennent une place importante. Je tiens à dire quelque mots de leur pathogénie et de leurs particularités anatoraiques, en étroite connexion avec le développement du crâne.

Les kystes dermoïdes du crâne siègent au niveau de la voûte; leur formation est intimement liée au développement de cette dernière. Ils sont de deux ordres : extra-crâniens et inlra-crâniens. Les premiers, de beaucoup les plus fréquents, peuvent être médians ou latéraux.

Les kystes extra-crâniens médians se distinguent suivant la région du crâne qu'ils occupent, en : 1° kystes du dos du nez; 2° kystes glabellaires ou inlersourciliers ; 5° kystes bregmaliques ou de la fontanelle antérieure; 4° kystes de l'inion ou de la protubérance occipitale. — Les kystes du dos du nez appartiendraient plutôt à la face, mais Lannelongue fait observer que leur origine est bien crânienne; ils naissent au niveau de la glabelle, par le même processus que tous les kystes dermoïdes crâniens, et sont entraînés ultérieurement de haut en bas par le développement du bourgeon nasal. Aussi, même sur le kyste occupant la pointe du nez, on trouve le stigmate de son origine crânienne sous la forme d'un prolongement inlra-crànien, fistuleux, aboutissant à la glabelle. — L'existence des kystes de l'inion, extra-crâniens, paraît douteuse; on ne possède qu'un seul fait de ce genre, et encore est-il discutable (Spring). — Parmi les particularités anatomiques des kystes (jhibellaires et paraylabcllaires et des kyslcs hreijmaliques, je signalerai : la fréquence des kystes pédiculés dans la première variété, les kystes bregmatiques étant au contraire toujours sessiles, et enchâssés dans une dépression osseuse entourée d'un bourrelet saillant

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