‹ TetonianaChapitre 23 sur 31 · JEANNETON · texte numérisé non relu

JEANNETON

J'suis jeune, et pas trop mal taillée, Ça fait qu'on m'dit à chaque instant Que je parais trop éveillée Pour ben endormir un enfant.

Comme on le voit, « chacun prêche pour son saint ».

En 1828, les Variétés ont donné la Nourrice sur lieu^ vaudeville en un acte de Théodore. Ce sont les tribulations d un ménage qui, dans la crainte de nuire à la santé de l'enfant, évite de contrarier la nourrice. Le certificat de celle-ci l'annonçait comme veuve et sans enfants ; or, bientôt on voit arriver son mari avec sa progéniture, deux fdles et un garçon. La rusée commère exploite si habilement les craintes de ses maîtres qu'ils consentent à héberger toute sa famille ; de plus, la mégère parvient à faire remercier une cuisinière cfui lui déplaît. A la fin, le père, exaspéré par ces exigences intolérables, va chercher une autre nourrice ; mais la mère, timorée, persiste à garder la première avec promesse de nombreux cadeaux.

Plus près de nous, en 1879, le Gymnase a joué Nounou^ de Najac et Hennequin. Cette comédie a été analysée en détail dans notre Obstétrique au théâtre.

Ernest Daudet, en 1884, a composé pour M'^^ Reichemberg un monologue intitulé la Nourrice, dont l'affabulation rappelle quelque peu celle de Coppée ; mais ici le dénouement est moins tragique : la nourrice, après avoir perdu son nourrisson du croup, revient au pays et y retrouve en bonne santé son « homme » et son garçon qu'elle ne quittera plus.

Notons encore deux études satiriques reflétant les mœurs nourricières de l'époque : la Physiologie de la nourrice sur place^ par Amédée Achard, où l'auteur décrit, avec esprit, les inconvénients et les roueries de ce tyran domestique, et le Bureau de Nourrices^ de Paul de Kock, illustré par le crayon d'Adam.

Cette physiologie burlesque nous apprend qu'à cette époque les nourrices sur lieux acceptaient un nourrisson pour dix-huit francs par mois, avec le sucre et le savon, tandis que de nos jours elles exigent un minimum de 40 à 50 francs.

Tout lecteur de franc alleu se fera une pinte de bon sang en lisant, sous forme d'un pastiche Renaissance, la véridique épitre du D"" G..., reproduite par la Gazette médico-chirurgicale de Toulouse:

De V lez Kercy :

Amy très Ghier,

Je t'escrips icelle lettre pour que tu n'ayes plus à t'enquérir de nourrices, d'abundant pour que tu sursoyes à passer ta main de augure sur leurs tettins souvent trop mieux nourris que nourrissans.

Ge n'est, à vray dire, que contrainct par dure nécessité que j'ai eu à t'enchargier de telle besoigne.

Mais vecy le faict : une nourrice allaictant le fils d'un mien amy, tant fist à l'emblée la beste à deux dos qu'elle engressa d'ung ovule irréprouchable et de tout poinct bien conditionné; d'ond, comme est escripten Hippocrates, la source absconse de son laict en feust tarie. Si maigrissoit-il à vue d'œil le paouvre chier fîUot, et s'acheminoit-il à n'estre plus qu'ung diminutif de harenc sauret.

La dicte gésine estant doncques par moi congneue et recongneue, fils promptement issir du logis icelle faulse nourrice qui pas plus n'avoit de laict en la mamelle que Panurge d'esculz en bourse quand il seesvada de la main des Turcz.

Voire mais, comment repaistre le dict fillot? Poinct songer ne falloyt aux souppes de prime, mastines de laboureur ourlées de neuf leczons, ou aultre telle réfection malencontreuse et oultrée, d'ond ne peut provenir que ulcère au gavion, albumine aurognon, caquesangue au croupion.

Alors feus supplyé moult gratieusement m'enquérir si nourrice n'estoit en pays, fut-ce en l'inclyte cité de Tholoze tant renommée par les annales ; et mon premier pensier feust te interroguier sur ce que estoit de faire en cest estrif.

Ge non obstant, cherchions nous- même à l'entour, de tout bois faisant flesche et de nécessité vertuz comme bien recommande le sage Phrygien, quand d'adventure nous feust monstrée à trois pas de icy une belle gouge, belle dis-je, et de bonne trongne, laquelle avoit —

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par Dieu, da jurandi — tettins ny trop durs, n'y trop mois, en tout cas fort idoynes, selon mon petit sçavoir, à toutes bonnes œuvres de allaictement.

L'avoir incontinent présentée au dict fîllot, le bon hommet se est dessus jecté comme Herbault surpaouvres gens et se est repu en père que ce estoit basme, dodelinant de la teste et pettant de gresse, en signe avéré de joye etparfaict contentement.

Très marry serois, amy velouté, et desconfict de ceste adventure et faulse alerte si elle ne m'avoit, en fin de compte, esté occasion propice et rencontre soubhaitée de te fairer amentevoir de moy qui feus le copaing, le champion, le cousin de ta haulte fantaisie seigneuriale, on temps de nostre jeunesse gaillarde.

Doncq adieu, amy très chier, bien et beau s'en va quaresme Dieu nous voyt, saulvant toujours nos lunettes ensemble icelles desaultres gens de bien.

De ce vingt-cinquiesme de April, an 1885"'*= de nost benoist Servateur.

III. — CURIOSITES PHILOLOGIQUES ET LITTERAIRES SUR LE LAIT ET L'ALLAITEMENT

Proverbes et locutions populaires. — 1° Sur le lait. —

Boire du lait. — Se dit au figuré pour exprimer un grand plaisir, une douce satisfaction de s'entendre louanger.

Être de la confrérie du pôt au lait. — Avoir de petits enfants.

Ce qu'on suce avec le lait., au suaire se répand. — On conserve jusqu'au tombeau les impressions de l'enfance.

En vous pressant le nez, il en sortirait du lait., s'adresse aux personnes qui s'occupent d'affaires au-dessus de leur âge.

Doux comme lait. — « Il a avalé cet affront, doux comme lait y), c'est-à-dire : il n'a pas osé s'en plaindre.

Bouillir du lait à quelqu'un^ le flatter.

S' emporter comme une soupe au lait, se mettre en colère.

Le lait chasse le lait. — Préjugé d'après lequel on doit priver de lait la femme qui nourrit et lui en donner en abondance au moment du sevrage.

Le vin est le lait des vieillards. — « Le vin est le lait des vieillards, et le lait est le vin des enfants. »

(Bernardin de Saint-Pierre.)

Vin sur lait., c'est souhait; lait sur vin, c'est venin. — Ces préceptes d'hygiène n'ont de bon que leur rime. On dit aussi, sans plus de vérité : Vin sur lait, parfait; lait sur vin, malsain.

Le laitage est d'or., le matin; d'argent., à diner; de plomb, le soir. — Ce proverbe ne pourrait certainement pas être entendu d'une façon générale.

Il est des estomacs, dit Fonssagrives, pour lesquels le lait est cVor, à toutes les périodes de la journée ; il en est d'autres pour lesquels il est toujours de plomb, mais il est certain que, comme tous les aliments gras qui ont besoin d'exercice pour être digérés, le lait et le laitage sont mieux supportés le matin.

Lait de poule. — Proverbe romain qui désignait une chose singulière et très rare, comme on dit chez nous un merle blanc. (E. Johanneau.)

Pline l'a employé dans ce sens ironique :

Afflua (Uvitiis onini virtute redundans.

Gallinœ, utfertur, lac reperlre queas.

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Lieux charmants où les- biens se sont placés en foule, Où l'on trouve de tout, jusqu'à du lait de poule.

Il est nourri de lait de poule, il est délicatement nourri.

Faire une vache à lait d'une affaire. — En tirer toujours profit.

Lait répandu. — Montée du lait. — Expressions résultant de fausses interprétations physiologiques ou pathologiques (1).

Dent de lait. — Avoir une dent de lait contre quelqu'un, c'est avoir contre cette personne une vieille inimitié, si ancienne qu'elle remonte à l'enfance .

Poule laitée. — Sobriquet donné autrefois aux hommes sans énergie. On dit encore : c'est une poule mouillée.

2° Sur l'allaitement et les nourrices. — On ne sert pas bien le monde et son enfant. — Des empêcheurs de danser en rond, comme les docteurs soussignés, émettent ces sages aphorismes :

Une mère qui nourrit doit régler sa vie en vue de cette fonction si importante, et lui faire tous les sacrifices de goûts et de déplaisirs qu'elle impose. (Fonssagrives.)

La bonne santé, la gaieté, les caresses du nourrisson, voilà les spectacles, les bals, les fêtes d'une bonne mère. (Desessartz.)

On se gardera donc bien de suivre l'exemple que nous avons cité, dans notre Génération humaine^ de cette jeune femme qui donnait le sein à son enfant entre deux contredanses.

(1) V. Préjugés, p. 90.

CURIOSITÉS MÉDICALES. It — 19

Troubler le lait à une nourrice^ c'est à-dire : la rendre grosse.

Le morceau de la nourrice. — Le meilleur morceau. Les nourrices s'administrent le « premier bouillon » en disant, comme la chanson: « C'est pour l'enfant ! ».

Vous nourrissez mal., comme les nourrices. — -/.aTa r.tpy.\ vr.^x'.. — Ce proverbe prouve que les nourrices grecques ne s'acquittaient pas mieux de leur devoir que les nôtres.

« Un passage, dit Sue, tiré d'une des Comédies d'Aristophane, les Chevaliers., {diCie II, se. -2), en prouvant l'usage où on étoit, de son temps, d'employer des Nourrices, fait voir en même temps combien elles remplissoient mal cette première fonction. Un des Interlocuteurs parlant à un Magistrat d'Athènes, lui dit : « Vous nourrissez très mal le r*euple ; semblable en cela aux Nourrices, qui ne donnent aux enfans que la moitié de la nourriture qui leur est nécessaire. »

Platon n'est donc pas trop sévère en appelant les nourrices de cette catégorie, « l'excrément même de la nature ».

De grasses nourrices aulcunes fois moins de laict. — Adage tiré du recueil de Aeruan Nunez et réédité par Luther sous une forme plus pittoresque :

Les grosses mamelles charnues sont fâcheuses, promettant beaucoup et tenant peu.

C'est ce C[ue Parrot exprime plus scientifiquement dans cet aphorisme : Quand les nourrices engraissent., les nourrissons maigrissent. Ce qui signifie que la graisse des mamelles se développe aux dépens des lobules glandulaires préposés à la lactation.

Nourrir un poupon ou un poupard. — Terme d'argot: préparer un crime.

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Croquer le marmot. — Attendre longtemps.

Sans compter les mois de nourrice., se dit quand une personne veut se rajeunir ; « Elle a vingt-cinq ans... sans compter les nwis de nourrice (1). »

Dépuceleur de nourrice. — Fanfaron qui fait valoir ses conquêtes faciles ; on dit, dans le même sens : Enfonceur de portes ouvertes.

Il a été changé en nourrice. — Enfant qui n'a ni les traits ni le caractère de ses parents.

C'est un enfant qui bat sa nourrice. — Se dit de celui qui attaque les personnes ou les choses auxquelles il doit sa fortune.

(Larousse.)

Les nourrices peuvent dormir tranquillement, les enfants s'ébattent, s'applique aux personnes qui se livrent à des jeux d'enfants.

Battre sa nourrice. — Attaquer les choses ou les gens auxquels on est redevable de sa fortune. (Littré.)

Qui donne le sein avant de mourir, doit s'apprêter à bien souffrir. — Proverbe espagnol qui recommande de ne pas faire, avant sa mort, abandon de sa fortune.

(]) A ce propos, relevons une erreur comimme sur l'âge de chacun de nous, bien différent de l'âge légal : nous nous donnons celui qu'indique notre acte de naissance, or nous devons ajouter les neuf mois de la vie intra-utérine, soit un an moins trois mois. Donc la jeune fille qui, née le l'^^' mars 1877, annonce vingt printemps et trois mois le l'^'' juin 1397, se rajeunit; elle a, en réalité, vingt-et-un ans accomplis et entre dans sa vingt-deuxième année.

Petit vocabulaire analogique. Synonymie. Définitions fantaisistes. — Arcousel. — Fièvre de lait. — Engorgement laiteux. — Poil, — Trichiase. — Sparganose.

Allaitement. — La transfusion du sang blanc. — Nourriture :

Dans les nourritures ordinaires, où l'on ne regarde pas qu'au physique, pourvu que l'enfant vive et ne dépérisse pas, le reste n'importe guère. (J.-J. Rousseau.)

Allaiter. — Donner le sein. — Donner à téter. — Nourrir. — Faire une nourriture. — Sucer les mamelles. — Se décolleter pour le bon motif.

Biberon. — Bouteille. — Sein artificiel.

Bout de sein. — Mamelon artificiel. — Tétine.

Exubère. — Enfant sevré.

Lait. — Béton (de beter, coaguler), premier lait ou Colostrum d'une accouchée. — Hydrate d'amidon. — Tisane pectorale.

Nourrice. — Abéqueuse (de abbécher, mettre au bec d'un oiseau). — Usine à lait. — Dabuche [argot). — Nounou :

Dès qu'on est las, des Saintes nous

Berçant, augustes nounous,

Dans leurs bras ou sur leurs genoux. . . .

(Catulle Mendès. L' Assomption de Sarcey.)

Pompe a sein. — Tire-lait. — Téterelle.

Sevrer. — Délaiter.

Téter. — Lecter (Rabelais). — Trinquer : Un tourlourou demande à une nounou s'il n'y aurait pas moyen de trinquer un brin avec le moutard.

Pensées et réflexions sur le lait et lallaitement. — 1" Sur le lait. — Aphorisme d'Hippocrate (sect.V, aph.LXIY) :

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Quand la fièvre n'est pas grande, Lait sert de remède et de viande.

Le véritable réactif du lait, c'est l'enfant. (Bouchardat.)

Sous une forme plus triviale, nous dirons : La balance indirue si une nourrice doit être balancée.

Les opinions que nous avons sucées avec le lait nous paraissent toujours les plus raisonnables. (Cyrano, de Bergerac.)

On craint le lait trié ou caillé ; c^est une folie, puisqu'on sait que ce lait se caille toujours dans l'estomac. C'est ainsi qu'il devient un aliment assez solide pour nourrir les enfants et les petits des animaux; s'il ne se cailloit point, il ne feroit que passer, il ne les nourriroit pas.

On a beau couper le lait de mille manières, user de mille absorbans ; quiconque mange du lait, digère du fromage; cela est sans exception. L'estomac est si bien fait pour cailler le lait, que c'est avec l'estomac de veau que se fait la pressure. (J.-J. Rousseau.)

11 est certain que les humeurs et les qualités d'une femme doivent passer avec son lait dans le corps d'un enfant. Pourquoi les affections morales ne se communiqueraient-elles pas comme les infirmités physiques ? Ne découlent-elles pas de la même source?

(Mirabeau. Lettres à Sophie.)

Nous avons dit ailleurs (1) ce que nous pensons de ce préjugé, encore enraciné dans l'esprit de la plupart des femmes.

Bizarrerie du langage : On dit qu'un lait n'e.st pas catholique, précisément lorsqu'il est baptisé !

Réflexion d'un convalescent facétieux : J'ai pris du lait

(1) Page 95.

danesse, de chèvre, de vache, et c'est en allant de pis en pis que je vais mieux.

2° Sur l'allaitement naturel. — Extrait des Quatrains

anatomiques, de Claude Binct :

Nature qui fait tout par grande préA'oyance, Au jeune et tendre enfant, ensevelit ces os (1) ; Si dedans la mâchoire elle les tient éclos G'estcraintc qu'au téton ils ne fassent offense.

C'est une loi de la nature que les femmss qui nourrissent deviennent rarement enceintes. On peut comparer la matrice à une terre. Comme les terres qu'on ne laisse pas reposer s'épuisent et produisent peu, de même les femmes étant tous les ans grosses sansinterraption, la matrice nourrit mal son fruit. Pendant qu'une femme allaite, cet organe reprend son tout, et répare ses forces perdues pour donner à la famille de beaux enfants et d'une forte complexion. (Hecquet.)

Le lait de femme est le meilleur médecin du nouveau-né, comme le dit Legouvé, dans le Mérite des femmes :

S'il est souffrant, le sein à l'instant présenté Dans les flots d'un lait pur lui verse la santé.

Y a-t-il printemps pareil à celui que donne un enfant quimigiiarde et flatte sa nourrice en tétant ? Quand, d'une main il découvre l'aultro sein, et de l'aultre lai prend ses cheveux ou son colet en s'y jouant; quand il rue coups de pieds à ceux qui le veulent détourner, et en même instant il jette, de ses yeux gracieux, mille petits ris et œillades à sa nourrice!... (Laurent Joubert, médecin d'Henri III.)

A. — Sur l'allaitement maternel. — La nature, en remplissant de lait le sein des mères, montre que les mères doivent nourrir elles mêmes l'enfant qu'elles viennent de mettre au jour.

(Plutarque.)

I) Les deuts.

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La femme, dit Marc-Aurèle, est moitié mJre pour enfanter, et moitié mère pour nourrir son fruit ; de manière qu'elle ne se peut appeler mère entière que lorsqu'elle a enfanté et nourri ses enfants de ses propres mamelles.

Opinions des Pères de l'Église :

Quelle étrange barbarie! s'écrie saint Jérôme, en parlant des mères qui abandonnent leurs enfans à des nourrices. Non, je ne puis croire qu'il y ait jamais eu de mères assez cruelles pour cela. {Lettre à la, dameLeta.)

Quelle différence entre une pauvre femme et une riche, dit saint Chrysostome ; la première est la mère et la nourrice de son enfant ; ce n'est plus cela chez la seconde.

Mères d'autant plus barbares, dit saint Paulin, qu'elles sacrifient également leur propre santé et celle des malheureuses victimes auxquelles il eût été à souhaiter qu'elles n'eussent point donné la vie: car un seul jour ne suffirait pas pour nombrer les maux que cause une nourriture étrangère.

Il est en quelque sorte contre la nature de priver les mères de leurs petits, surtout après leur naissance, lorsqu ils les déchargent du lait qu'elles ont d'abord en abondance. (CLÉJUi^T d'Alexaxdiîie. Strom.liv. 2, c. 8.)

Datons les animaux, en est-il un qui ne nourrisse ses petits? Les oiseaux de nuit, les vipères, élèvent soigneusement leur progéniture; et l'on ne voit que chez nous les mères abandonner leurs enfants,

(EnASME.)

Nos beautés, élevées dans les délices d'une vie voluptueuse, uniquement occupées de leurs charmes, refusent la nourriture à leurs enfans Comme d'injustes marâtres, elles dissipent le plus beau don des immortels, en détournant la source de cette liqueur pure. La conservation de leurs grâces et de leurs attraits les intéresse davantage que la vie et la santé de ces enfans infortunés, qu'un usage dénaturé prive de la vue de ceux qui les ont fait naître. Que de maux résultent de là! Jeunes encore, nous suçons avec le lait le germe delà corruption.

Cette nourriture est un adultère qui dénature le sang- de nos aïeux. Rarement aussi le fils ressemble-t-il à son père ; et quand la couche nuptiale serait sans tache, ce lait mercenaire n'en déprave pas moins la nature et le cœur. Et nous sommes étonnés que les races s'abâtardissent, tandis que nos mères n'ont plus de lait pour nous, et que l'aride sein d'une femme servile est le seul aliment qu'on nous donne l (Michel de l'Hospital. Traduction de Moutard^ 1778.)

Les ourses même des Alpes, les tigresses et toutes les bêtes sauvages, présentent à leurs petits leurs mamelles; et vous que la nature a doué d'un naturel plus doux, vous avez plus de cruauté que les féroces habitans des forêts... Qu'est-ce qui portera donc entre ses bras ce malheureux enfant, et sur la poitrine de qui se reposera-t-il? Qu'est-ce qui aura le plaisir d'entendre ses premiers cris, et le doux murmure des premières paroles, qu'il prononcera d'une langue bégayante, et de surprendre ses premiers ris ?

(ScÉvoLE DE Sainte-Marthe. Psedotrophia, ou la fïiaiiiëre de nourrir les enfans à la mamelle, 1584.)

Après que le petit enfant est né, une vraie mère le doibt nourrir et alaicter de ses mamelles, qui est la belle fontaine que dame nature sage et provide a préparée à cet effet... et quel passe temps plus grand pourroit avoir une femme en ce monde que celui qu'elle en ha, en alaictant ses petits enfants, desquels le petit patois et gergon gracieux, la difficulté de la prolation de leurs mots, le rys souef et amoureux, la joyeuseté qu'ils donnent à la maison passe tous les badins du monde. (Montaigne.)

Du devoir des mères de nourrir leurs enfants dépend tout l'ordre

moral Un mari qui oserait consentir que sa femme nourrît son

enfant serait un homme perdu; l'on en ferait un assassin qui veut se

défaire d'elle D'autres femmes, des bêtes même, pourront donner à

l'enfant le lait que sa mère lui refuse, mais la sollicitude maternelle ne se supplée point... (J.-J. Rousseau.)

U n'y a, dit Buffon, que la tendresse maternelle qui soit capable de

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cette vigilance continuelle si nécessaire aux enfans ; et l'on peut ne jamais l'espérer de nourrices mercenaires et grossières.

{Hist.nat. de l'homme.)

Combien la tendre sollicitude des animaux pour leurs petits ne metelle pas la brute même au-dessus des mères assez coupables pour refuser d'allaiter leurs enfans ?

(Van SwiETEN. Maladies des enfans.)

Si j'étais consulté, dit Buclian, sur quelque remède contre la plus grande partie, non seulement des maladies, mais encore des vices de la société, je n'en indiquerais pas d'autre que la stricte attention des mères à nourrir elles-mêmes leurs enfans.

{Conservateur des mères et des enfans.)

Quand on approfondit les maux physiques et moraux qui sont les suites de l'allaitement étranger, on se persuade aisément que c'est une des plus grandes cruautés dont le genre humain se soit rendu coupable. {Mémoires sur la perfectibilité de lliomme.)

Une véritable mère ne doit pas seulement produire, elle veut nourrir et entretenir encore, comme la terre, cette mère commune de tout ce qui a vie. (Mirabeau. Lettres àSophie.)

Il y a dans la mère deux choses : le lait de la nourrice et l'affection de la mère. Rousseau ne demande l'un que pour avoir l'autre. L'allaitement n'est que le moindre côté du devoir maternel. Il y a beaucoup de femmes qui sont bonnes nourrices et médiocres mères ; elles ont les mamelles pleines et le cœur sec. Il y a, par contre, beaucoup de femmes qui sont mauvaises nourrices et très bonnes mères, c'est-à-dire qui aiment le berceau de leur enfant, ses premiers pas, ses premiers ris et ses premiers bégayements ! qui ne cèdent à la nourrice que l'allaitement et qui gardent les autres soins, non pas soins ignobles, puisqu'ils sont le signe d'un doux et grand devoir accompli avec patience. Ces soins, voilà le vrai devoir de la mère... Le berceau d'un enfant allaité par sa mère est le plus sûr talisman contre les pensées qui montent de l'enfer. (Saint-Mauc Girardin.)

Un médecin de Rouen, d'un grand sens, M. Leroy^ nous disait qu'il valait mieux, au seul point de vue delà vie probable d'un enfant, le laisser entre les bras d'une mère qui manque de tout dans un grenier ouvert à tous les vents, que de le placer dans la crèche la mieux tenue, où il est servi et nourri comme l'enfant des riches. 11 y a là une puissance que toute la richesse, tout le génie et tout le cœur des philanthropes ne pourra jamais ni ég-aler, ni imiter : la puissance de la bonne nature, qui veut que le fruit pende à sa branche et se nourrisse de la sève qui l'a produit.

(Jules Sïmo-n. L'ouvrier de huit ans.)

En France, comme chez les Romains, les époques d'affaiblissement et de décadence correspondent à celles où l'allaitement maternel a été le plus négligé. (E. Prévost.)

Deux catégories de mères se font suppléer par les nourrices: celles qui ne « veulent » pas donner le sein, et celles qui ne « peuvent » pas. (D' F. Brémond.)

A peine les enfants ont-ils vu le jour qu'on les purge, pour les débarrasser du méconium ; mais le seul remède alors est le premier lait de la mère. Il est bien singulier que le premier essaye qu'on fait faire à l'enfant de son goût soit de l'essayer par un breuvage désagréable, et que ses premiers pas dans le monde le conduisent dans une pharmacie. (Bricheteau.)

Mieux vaut à l'enfant le sein d'une mère de force moyenne, que celui d'une mercenaire robuste. (Michel LÉvy,)

Il faut persuader les femmes de nourrir, mais ne jamais les y forcer. (Delore.)

On rirait d'un individu raisonnable qui parlerait de se remettre table après un repas copieux, étonne trouve pas étrange de redonner le sein à un bébé qui vient de se rassasier par une succion prolongée.

(D'- F. Brémonu.)

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Les seins et les soins font les enfants SEiins. (G.- J.W.)

L'abandon de l'allaitement maternel a pu. par diminution fonctionnelle, amener l'atrophie du beau type de sein piriforme dont les marbres antiques nous conservent la reproduction, peut-être idéalisée. (D"" DE SAiNT-GEnMAiN. Chivurg . orthop.).

B. — Sur l'aliaitement mercenaire — Les nourrices devraient soigner au logis les petits enfants qui tettent, au lieu de les apporter au spectacle. C'est le moyen qu'elles-mêmes ne souffrent pas de la soif et que leurs poupons ne meurent pas de froid et ne crient pas comme des chevreaux. (Plaute.)

Je trouve que nos plus grands vices prennent leur ply dez nostre plus tendre enfance, et que nostre principal gouvernement est entre les mains des nourrices. (Montaigne.)

Dum laclant, mactant (en allaitant elles tuent), dit Ethmiiller, parlant de ces nourrices officieuses qui croient d'autant mieux nourrir un enfant qu'elles lui donnent plus souvent le sein. Elles ignorent que ce n'est pas ce qu'on ingère qui nourrit, mais bien ce qu'on digère. (D'' F. Buémond.)

Tout ainsi que le bon ou mauvais suc de la terre meut et change les vertus des plantes et des fruicts, ainsi fait celiiy de la nourrisse les propres mœurs et vertus de l'enfant.

(PiGRAY. Épilomé des pi^é'eples de médecine, 1G06,)

Le lait peut être bon et la nourrice mauvaise ; un bon caractère est aussi essentiel qu'un bon tenipéramant. Si l'on prend une femme vicieuse, je ne dis pas que son nourrisson contractera ses vices, mais je dis qu'il en pâtira. (J.-J. Rousseau.)

Le choix de la nourrice importe d'autant plus que son nourrisson

ne doit point avoir d'autre gouvernante qu'elle, comme il ne doit point avoir d'autre précepteur que son gouverneur. Cet usage était celui des anciens, moins raisonneurs et plus sages que nous. Après avoir nourri des enfants de leur sexe, les nourrices ne les quittaient plus. Voilà pourquoi, dans leurs pièces de théâtre, la plupart des confidentes sont des nourrices : 11 est impossible qu'un enfant qui passe successivement par tant de mains différentes soit jamais bien élevé.

(J.-J. Rousseau.)

L'esprit allaite, l'intelligence est une mamelle. Il y a analogie entrela nourrice qui donne son lait etle précepteur qui donne sa pensée. Quelquefois le précepteur est plus père que le père, de même que la nourrice est plus mère que la mère. (V. Hugo. Quatre -ving -treize,)

Souvent la meilleure nourrice est celle que rien ne recommande. En cela, comme en toute chose, il faut donc se fier à la Providence.

(Paul de Kock.)

Le grand mathématicien Poisson disait :

Je dois beaucoup à mes souvenirs d'enfance. Savez-vous pourquoi je suis fort sur la théorie du pendule? C'est que j'avais une nourrice qui, quand elle allait aux champs, m'accrochait tout emmailloté à un clou, et alors je faisais le pendule moi-même ! Je m'imagine qu'il m'en reste encore quelque chose dans l'esprit.

Je me demande parfois comment il se fait qu'il y ait des mères assez bornées pour détruire leurs enfants et risquer la prison, quand elles n'ont qu'à les envoyer en nourrice pour obtenir le même résultat (i).

(C. Netter.)

Nous sommes tous convaincus qu'il est aventureux d'avoir une nourrice mercenaire. J'admire les nourrices mercenaires qui accomplissent entièrement leurs devoirs. (D'' Maurin.)

(l) Quelques chiffres édifiants : en 1879, sur 900,000 naissances annuelles, on a perdu, par l'allaitement mercenaire, 167,000 enfants, au lieu de 45,000, (juand les mères allaitent,

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L'allaitement étranger, écrit Verdier Heurtin, eut aussi ses défenseurs ; il fut mis, qui le croirait, en parallèle, et même beaucoup audessus du maternel, par des auteurs, éblouis sans doute par les biens passagers qu'il procure, quand ce dernier devient un mal.

C'est ainsi que les médecins Moscliion, Vandermonde, Van- Helmont, Brouzet, Lascazès, refusèrent aux mères la faculté de nourrir.

On ne sera pas étonné des assertions du premier, quand on saura qu'il prétend qu'on accélère considérablement l'accouchement, en faisant avaler un œuf d'oie à la femme en travail, ou en lui appliquant sur la tête une couronne de raves, couvertes de fiente de pigeon.

Brouzetj rempli d'un vrai mérite, surprendra davantage quand il désire que les gouvernements interviennent pour défendre l'allaitement aux mères, et quand il prétend, par là, rendre à la patrie, et par femme, vingt années de stérilité ; mais en attendant cette réforme, il laisse au moins à quelques-unes le droit de nourrir. Vandermonde ne le laisse à aucunes, parce qu'aucunes, selon lui, ne le peuvent sans danger pour les enfans, qui « placés, dit-il, entre le lait de leur mère et celui cV une nourrice, sont au milieu de deux écueils également dangereux. Les citadines mènent une vie trop molle, trop oisive ; les villageoises sont desséchées par le travail ; les citadines usent de mets trop succulens, ceux des villageoises sont acres et salés. Mais la raison générale qui doit empêcher les femmes de nourrir, selon lui, c'est la gourmandise à laquelle sont sujettes toutes celles qui allaitent. » On ne s'attendait pas de trouver la gourmandise en cette affaire.

Lascazès de Campayre, marchant sur les traces de Vandermonde, et le copiant le plus souvent, nous représente l'usage de nourrir ses enfans, comme une habitude du bon vieux tems, aujourd'hui très dangereuse ; et c'est même à ses tristes yeux un crime aux mères de vouloir remplir ce devoir,

« Duchesse, dit-il, baronne, comtesse, marquise, bourgeoise, marchande ; toutes £ont exposées aux effets d'une nourriture mal-saine, de boissons destructives, de l'inaction, d'un air clos, des passions : le lait des femmes de la campagne est aussi un poison lent et actif, que leurs enfans avalent à longs traits. La nourrice arrache de son sein tout ce qu'il y a de plus impur et de plus corrompu, pour le faire passer dans les humeurs saines de son enfant. » 11 veut donc que celui-ci soit nourri avec le lait des animaux. Par ce moyen, ajoutet-il, « la terre sera plus peuplée, les États mieux composés, les

royaumes plus florissans,. et la face de la nature renouvelée » (1). Risum teneatis amici.

Extrait des Instructions aux domestiques, par Swift : A la nourrice :

S'il vous arrive de laisser tomber l'enfant et deTestropier, ayez soin de ne pas l'avouer : et s'il meurt, tout est sauvé.

Faites en sorte d'être grosse aussitôt que possible, pendant que vous nourrissez, afin d'être prête pour une autre place lorsque l'enfant meurt ou est sevré.

Les maladies sont les nourrices du médecin.

La mémoire est la nourrice du génie. (Marmontel.)

Les poètes appellent les Muses leurs nourrices, assez mal à propos, ce nous semble, puisque les Muses passent pour êtres pucelles.

(Larousse.)

La Révolution, qui était la nourrice de Napoléon, ne tarda pas à lui apparaître comme une ennemie; il ne cessa de la battre.

(Chateaubriand.)

Pensées tintamaresques, — La terre est la nourrice du genre humain tout entier et pourtant elle n'a qu'un globe.

— A quel signe peut-on reconnaître une bonne nourrice?

— Les bonnes nourrices — rara avis — sojit celles dont les cheveux effectent une prédilection marquée pour la ligne courbe, car on dit que les femmes qui ont cette espèce de cheveux ondulés. ..

(1) LascazÈS. Avis atiX mères sur les dangers du maillut et dnlait de femme.

SUR LE LAIT ET l'aLLAITEMENT 303

Un jeune ménage vient d'être obligé, trois fois de suite, de changer la nourrice de son dernier-né ; à la fin, le père disait : — C'est à ne plus savoir à quel sein se vouer!

— Savez-vous comment on appelle l'allée des Champs-Elysées où, de trois à six heures se prélassent tant de nourrices et de bonnes d'enfants? Non, n'est-ce pas.

— C'est la voie lactée.

L'ami Dumanet me prie de rectifier ainsi le distique inséré dans notre dernier numéro, et dont le second vers a été lorgerilisé :

Prodiguez vos seins blancs à vos chers nourrissons : A vos genoux, nounous, nous, nous nous nourrissons !

Voilà qui est fait. Est-tu content Dumanet? (Tam-Tam.)

— Ah ! monsieur Taupin, vous devriez bien m'aider à me faire une position.

— Dis-moi, petite, çat'irait-il... nourrice?

Les meilleures nourrices doivent venir de Saint-Servan.

La rue préférée des bébés est la rue Taitboitt.

Le comble de la stupéfaction pour une nourrice : Trouver son sein dans le calendrier.

Le comble de V innocence : Un nouveau-né qui rougit en prenant pour la première fois le sein de sa nourrice.

G. — Sur l'allaitement artificiel. — Delpech n'admet Tallaitement artificiel que pratiqué au sein... de la famille.

Un ami consultait, un jour, Nathalis Guillotpour savoir s'il pouvait faire élever son enfant au biberon: « Le biberon atuéplus d'enfants, répondit l'illustre docteur, que la poudre a canon n'a tué d'adultes »

Cueilli dans un prospectus relatif à l'emploi d'un nouveau modèle, dont l'inventeur espère d'excellents résultats :

« ... Lorsque l'enfant a fini de téter, il faut le dévisser soigneusement et le mettre dans un endroit frais, par exemple sous une fontaine. »

A lintérieur de tous les biberons à tube, en service dans les crèches, le docteur Fauvel a constaté la présence de colonies de microbes de la diarrhée infectieuse ou du choléra infantile. Il faut donc bannir absolument le biberon à tube. L'Académie de médecine l'a condamné formellement. Des instructions ministérielles en défendent l'usage. Il favorise la paresse des nourrices. Il est extrêmement dangereuxpour les bébés. Le tolérer, c'est favoriser Vinfaniicide! (D''Budin,)

I. — ANECDOTES HISTORIQUES Grandeur d'âme de Corésus .— C'est surtout au charme

sç*iii'^piPB«sri ■'■■;» )

FiG. 159.

de leurs seins et au pouvoir de leur éloquence que Phryné dut

CURIOSITES MEDICALES.

â06 ADDENDA

son acquittement et Galioré, la vie. Corésus, grand prêtre de Bacchiis, désespéré des refus de Galioré, pria le fils de Sémélé de le venger d'un pareil dédain. Le Dieu envoya la peste ; l'Oracle, consulté, répondit que, pour arrêter les ravages du fléau, Galioré devait être immolée par les mains de Gorésus. Mais les charmes pectoraux de la victime vainquirent les fureurs du prêtre et il s'immola à sa place. Fragonard a magistralement traité ce sujet peu exploité par les artistes (fig. 159).

Enfants illustres nourris par des animaux. — Aux

exemples cités (1), ajoutons celui de Daphnis, berger sicilien qui fut nourri par une chèvre. « Jure-moi, lui dit Ghloé, par ton troupeau et par la chèvre qui t'allaita, que tu n'abandonneras jamais Ghloé, tant qu'elle n'aimera autre que toi. »

Princesses nourrices (2). — Il s'agit non pas d'une princesse de sang royal, mais d'une princesse de la finance, la fille du banquier américain Vanderbilt etl'épouse du duc de Marlborough, dont le nom a été porté aux quatre points cardinaux sur l'aile de la chanson. Or, après une année d'un mariage qui, au pays des dollars, a atteint les proportions d'un événement national, la duchesse GonsuelodeMarlborough amisau mondeun fils qu'elle a entrepris de nourrir elle-même, comme une simple bourgeoise ; il est vrai que quatre plantureuses nourrices sont attachées à ce bébé milliardaire pour seconder la mère au besoin.

Prison pour les mois de nourrice. — Voici la copie du décret de l'Assemblée nationale, du 2 septembre 1792, Tan quatrième de la liberté, dont il est parlé page ^^{Anecd. histor. et relîg.):

Des citoyennes sollicitent la délivrance des prisonniers pères de famille détenus pour mois de nourrice, et la prompte punition des traîtres à la patrie.

Sur la première proposition, convertie en motion par un membre, il est décrété que toutes personnes détenues pour frais de mois de

(1) Page 43. Anecd. hist, et rel.

(2) Page 39. Ihid.

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