‹ TetonianaChapitre 24 sur 31 · ANECDOTES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

ANECDOTES HISTORIQUES

nourrice, seront mises en liberté. Le ministre de l'intérieur est autorisé à satisfaire à ces créances sur les fonds mis à sa disposition.

Au NOM DE LA Nation, le Couseil exécutif provisoire mande et ordonne à tous les Corps administratifs et Tribunaux, que les présentes ils fassent consigner dans leurs registres, lire, publier et afficher dans leurs départements et ressorts respectifs, et exécuter comme Loi.

En foi de quoi, nous avons signé ces présentes auxquelles nous avons fait apposer le sceau de l'État. A Paris, le onzième jour du mois de septembre mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatrième de la liberté.

Signé : Danton, président du Conseil exécutif provisoire.

Le lait de mai en Bretagne. — Une vieille coutume armoricaine veut que tout Breton aille boire le lait de mai à la campagne, au moins deux fois pendant le mois. C'est une véritable réjouissance publique, surtout si le premier mai tombe un dimanche.

Les musiques des sociétés philharmoniques, dit Vincent Huet, traversent la ville dès l'aurore et en sortent par des routes différentes, invitant, par des fanfares enthousiastes et retentissantes, la foule à les suivre.

On fait ainsi une ou deux lieues et l'on s'arrête à telle ou telle ferme, dont le rustique maître, prévenu à l'avance, a déjà préparé une ample provision de crêpes sucrées et de laitage.

Et c'est alors une vraie bombance! Assis sur l'herbe, tout le monde rit, crie, commande à la fois. Les servantes de la métairie sont sur les dents. On se précipite, on se bouscule pour être servi le premier. Plus d'une tasse de lait est renversée!... mais qu'est cela?... Les servantes courent en chercher d'autres.

Bientôt, voici de nouveau la musique. Elle enivre, émoustille toute cette bande joyeuse. Des danses s'improvisent sous les arbres du bois ou du verger voisin. La moustache humide d'écume blanche, comme des chats gourmands, les jeunes gens enlacent les jeunes filles et les entraînent dans les spirales tournoyantes d'une valse vertigineuse.

Tout ce monde gai et plein d'entrain, semble une réunion de fous en liesse, ivres de grand air, de lait mousseux, de soleil, d'amour et de jeunesse.

Musée ethnique. — Mistral s'occupe, paraît-il, d'installer

à Arles, un Musée des mœurs et coutumes méridionales, où figureront, entre autres attractions suggestives, le moule des seins des plus belles Arlésiennes, dépourvus de leur voile habituel, la chapelle. Cette exposition de gorges, des plus capiteuses, piquera vivement la curiosité des visiteurs qui « regorgeront » assurément; et pour éviter les tentations tactiles involontaires, la direction fera bien de protéger par des globes de verre ces globes de chair artificiels : Técriteau ordinaire : Défense de toucJier aux objets exposés ^ ne suffirait pas.

Secte des mammillaires. — Note de Bayle, pour compléter les détails déjà donnés (1) sur cette secte.

Les Casuistes les plus relâchez, les Sanchez et les Escobars, condamnent l'attouchement des tétons ; ils conviennent que c'est une impureté et une branche de la luxure, l'un des sept péchez mortels. Mais si je ne me trompe, ils n'imposent pas au coupable une pénitence fort sévère : et il y a plusieurs pais dans l'Europe où ils sont presque contraints de traiter cela comme les petites fautes que l'on appelle quotidianse incur&ionQS . On est si accoutumé à cette mauvaise pratique dans ces pays-là, et c'est un spectacle si ordinaire jusques au milieu des rues, à l'égard surtout du commun peuple, que les Casuistes mitigés se persuadent que cette habitude efface la moitié du crime, ils croient qu'on ne l'envisage point sous l'idée d'une liberté fort malhonnête." et que le scandale du spectateur est très petit. C'est pourquoi ils passent légèrement sur cet article de la confession. Je ne pense pas que jamais aucun rigoriste ait différé pour un tel sujet l'absolution de son pénitent, non pas même dans les climats où cette espèce de patinage est peu usitée, et passe pour une de ces libertés dont les personnes de l'autre sexe sont obligées de se fâcher tout de bon. Ainsi les anabaptistes sont les plus rigides de tous les moralistes chrétiens, puisqu'ils condamnent à l'excommunication celui qui touche le sein dune maîtresse, qu'il veut épouser, et qu'ils rompent la communion ecclésiastique avec ceux qui ne veulent pas excommunier un tel galant.

Sur le décolletage des Malgaches. — Nous avons décrit (2)

(1) p. 57. Anecd. hist. et rdig.—{2) P. 236. Ihid. — Lire, dans Sensationtid' Orient, du D^' E. Laurent, l'épisode : « Un backaiche pour un sein nu. » — Autre détail ethnique : les Aïnos, du nord du Japon, considèrent l'ours comme un animal sacré, aussi leurs femmes s'emiiressent-elles d'allaiterun ourson jusqu'àcequ'ilsoit bon à manger.

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