IV. — CURIOSITÉS ARTISTIQUES
Sujets symboliques et allégoriques. — Frontispice curieux d'un volume italien, du siècle dernier, sur la Géographie [Annall di Geogr. e Slatis. T. I), représentant la Nature mul-
-afint^t^ ,
FiG. Ifil. (1)
timamée (lîg. 161). Au-dessous, cette citation d'Ovide, Métain.:
Nec quod fuimiisve, sumusA'e
Gras erimus
(Nous ne serons demain ni ce que nous fûmes ni ce que nous sommes.)
Hector Lemaire a exécuté un magnifique bas-relief en terre
(1) Traduction de l'italien de la gravure : Grœberg imagina le sujet, C. Bnratla le dessina, A. Eogerone le grava à Gênes, rue nouvelle.
CURIOSITES ARTISTIQUES
cuite, Maternité (fig. 162), pour décorer le fond de la Crèche de la Charité. L'un des enfants s'endort sur le sein maternel, en le tenant de la main gauche, et l'autre cherche à découvrir la seconde mamelle.
Ce bas-relief a été offert par le docteur Constantin Paul
Fia. 162.
et son inauguration a eu lieu le 4 octobre 1893, accompagnée d'un discours de François Coppée, M™" Guerou, nourrice à cette époque, actuellement infirmière à la Crèche, a posé pour ce motif.
Ce volume était imprimé quand nous avons pu voir, dans le
nouvel amphithéâtre de Chimie de \a Faculté des Sciences, de l'Université de Paris, une immense composition symbolique, à peine achevée, du peintre Besnard, la Vie reiiaisisaiit de la Mort. Au centre, un cadavre de femme est renversé parmi les germes des plantes. Un enfant tette avidement l'une de ses mamelles, tandis que de l'autre s'échappe un lait qui serpente au travers de la Nature et forme comme un fleuve de Vie. Autour de la bouche errent les papillons, compagnons de toute pourri-
""■') '■"■"ii""-i^""^'NiNi. i.m.Wf1«|ii.l.-i.^Vi»^NL I ...■.j^i||ii^ii ii| L i^..Lmmi|j^|yM|n;
-^ - aMi™afeaM^Ti.iy..i.ih.aii,..,f,,reMJ.Iél.ildi.uuiiiiMN|^
FiG. 163. — Achille reconnu.
ture et porteurs de germes. Le serpent, emblème des mystères de la génération terrestre, rampe auprès du cadavre. A droite, le couple humain, dominant la Nature, son futur domaine, descend vers le fleuve qui, remontant vers la gauche, charrie à travers des cataclysmes, les débris des plantes et des hommes et vient se perdre dans les entrailles de la Terre, au fond d'un gouffre de feu, véritable creuset d'où ressortira à nouveau la Vie. Ainsi sont symbolisées les forces de la Nature, l'eau et l'air, la terre, le feu, principes de la Chimie organique, qui ont créé la plante, l'animal et l'homme sous l'influence du Soleil (fig. 180).
CURIOSITES ARTISTIQUES
Toutes ces scènes, sorties d'une imagination extraordinairement fertile en conceptions étranges, ont des couleurs et des reflets inattendus. Nous nous sommes laissé dire que c'était une œuvre de grande valeur : en tout cas, elle est loin d'être banale.
Sujets légendaires et historiques. — Nous avons fait remarquer (1) la singularité que présentent deux tableaux de Rubens sur le même épisode, Ulysse retrouvant Achille, en
FiG. 164.
habit de fille à la cour du roi Licomède, où on le cachait pour l'empêcher de partir à la guerre de Troie : ils ne diffèrent entre eux que par les robes de ses jeunes compagnes, les fdles du roi, outrageusement décolletées sur l'une (fig. 78) et hermétiquement fermées sur l'autre.
N. Yleughels a traité le même sujet (fig. 163), gravé par L. Surugue, en 1718, et n'a pas eu le même scrupule : les corsages des princesses ne peuvent pas être plus écourtés.
(1) Page 118, où une erreur d'impression nous fait dire : « les gouvernantes d'Achille » ; le lecteur a certainement rectifié et lu : « comijagnes ».
Parmi les nombreuses interprétations artistiques que l'épisode du grec Cimon, nourri par sa fille (1), a inspirées, aucune n'offre autant d'originalité qu'une gravure anonyme de 1542 (fig. i64\ portant cette légende t Quo non peneLrat, mil quid non excogitatpietas ? Qiiœ in carcere scrvandi pnlris novem ralioiieni iavenit. (Où ne pénètre pas et que n'imagine pas la piété filiale ? Elle a trouvé un nouveau moyen de sauver son père danslaprison.)
La fi gare 165 représente Mademoiselle Coirin (2), guérie
Fig. 165.
miraculeusement d'un cancer du sein par le tombeau du diacre Paris. La convalescente est à sa toilette, tandis que sa servante, la croyant toujours alitée, se dirige vers son lit (3).
(1) Anecd. Jtist., p. 55. — Chirios. méd., p. 57. — Curlos. art.,\\ 162.
(2) Fig. 43, p. 62.
(3) V. la légende de cette figure, note (1), p. 62.
CURIOSITES ARTISTIQUES
Toutes les nourrices des princes du sang ont eu les honneurs de la gravure ; aux exemples précédemment cités (1), joignons celui de la Nourrisse de M. le duc d'Anjou^ avec son quatrain
de rigueur
FiG. 166. — DapiLS llUusti atuvi.
Quelle oliligation ne m'aura pas la France, Quand j'auroy d'un bon lait nourri ce tendre enfant Dont la seule naissance augmente l'espérance Quelle a de voir les lys dans l'empire ottoman.
On vient d'inaugurer à Millau (Aveyron) un monument du sculpteur Denis Puech, élevé à la mémoire des soldats morts pendant la guerre de 1870-71.
(1) V. les Accouchements à la Cour, p. 83, et Curies, artist.j p. 169.
Il se compose d'un piédestal quadrangulaire portant une colonne ronde avec une Renommée assise. A la base de cette colonne (fîg. 166), une jeune femme debout, à la poitrine nue, symbolise le Génie de la guerre. Elle s'appuie sur un sabre de cavalerie. Une capote de soldat est jetée sur ses épaules découvertes.
Sujets fantaisistes. — M"'*' Vanier, l'éditeur de Pauvre Pierrot, et le possesseur de l'originaL M. Henri Serpantié, nous
FiG. 167.
ont gracieusement autorisé à rej)roduire la fine et charmante vignette, V Allaitement de Pierrot (fig. 167), exécutée par Willette, le Watteau de Montmartre.
La Leçon aux étrangers ou l'Anglais à Paris (fig. 168) est un document figuré qui dépeint la licence des mœurs dans les jardins publics, au commencement de ce siècle, et complète les renseignements fournis par d'autres estampes : la Prome-
CURIOSITES ARTISTIQUES
nade à la plaine des Sablons^ le Sérail en boutique (fig. 113), la Soirée de Coblentz^ etc. (1).
Une curieuse gravure de la même époque, le Bain des grâces et des maigres^ tirée de la Caricature parisienne (fig. 169), est une exhibition de tétons, qui pèchent par excès de volume :
Fig. 168.
trop ou trop peu. Aucune de ces baigneuses ne connaît le juste milieu.
Récente et spirituelle fantaisie de Gil Baer, du Supplément (fig. 170). Titre : Recettes utiles [Transformations) et en légende : « Pour faire une gibelotte, ])renez un chat, pour faire un chat, prenez une femme. »
Un dessin inédit de Paterne Berrichon, pouvant servir de
(1) Anecd. hist., fig. 127.
frontispice à ses « petits poèmes », le Vin maudit, nous pré-
-Ij.
FiG. 1G9.
sente !'« Éternel féminin » sous l'aspect fatidique d'un Sphinx, aux chairs provocantes (fig. 171).
FiG. 170,
L'eau-forte de H. Monnier(fig. 172), autre poète dessinateur,
CURIOSITES ARTISTIQUES
encadre des vers nn tantinet obscurs, où il est question du vin et du lait falsifiés.
La fig. 173 est le fac-similé des Quatre mendiants, dont nous avons parlé page 181.
\ -> <*yTJ^.-<,<J " Vk^' , 4-tX .
Fig. 171.
Rappelons, parmi toutes les plaisanteries de « liaulte liesse » sur la maigreur légendaire de Sarali Bernardt, la caricature d'André Gill figurant la grande artiste par un fil, sans nœud, qui relie une tête à une paire de bottines.
CURIOSITES MEDICALES.
Il - 21
Nouveaux documents graphiques, relatifs au corsetage féminin sous Louis XIV, tirés de la collection du professionnel bien connu, M. Léoty : Négligé de grande coquette (fig. 174); la Nourrice (fig. 175) et le Tailleur français (fig. 176). Chacune
ASieit pani?r^;venijanqe5jïûncj'fîicp5 .
JLorique'^^éjTcî Ji.t tombevUr bUnc^ gouttelette .'^;
2ui fcrmt^ cette voie étincelcinl: mx. cietix- . "