ALLEMAGNE
(Oupstionnnire, page 60. Carte et résu pages 80, t . i >■[ 02.)
•55. — Aperçu historique. — L'Allemagneesl bien limitée du nord au sud par la mer et les Alpes; elle n'a pas de frontières naturelles k\"este\ h ['ouest. Cette configuration explique les phases très diverses de son histoire, où on la voil tour à tour opprimée par de puissants voisins ou étendant au loin sa domination. (Empires de Charlemagne et (I Othon le Grand.)
Vers la fin du xinc siècle, l'Allemagne se morcela en un grand nombre de petits Etats indépendants, parmi lesquels la Réforme vint établir deux grandes divisions : États allemands du nord protestants, États allemands du sud catholiques. C'est au petit royaume de Prusse, d'abord simple Marche, puis Électoral de B/'ancte&owrj/, qu'était réservée la lâche de Yimifiration allemande.
Fort «'branlé par ses désastres sous le premier Empire, ce petit État put amener à son profit, par la défaite de l'Autriche en 186G, la dissolution de la Confédération germanique, œuvre de .Napoléon Ier. Les États prolestants triomphaient : l'Autriche était définitivement exclue du concert des États allemands et la Prusse se mettait à la tête d'une Confédération des Etats du Nord.
4 ans plus tard, la Prusse arrivait à soulever toute l'Allemagne contre la France, et son roi se faisait proclamer empereur d'Allemagne à Versailles. L'annexion de ['Alsace-Lorraine devait, peu après, ajouter à ses sujets un million et demi de Français.
£54*. — Configuration générale.
— On peut distinguer : au sud, la haute Allemagne; au nord, la basse Allemagne.
Dans la haute Allemagne on remarque trois régions: 1° le plateau bavarois qui commence aux Alpes, et se termine au nord par les pentes très marquées du Rauhe Alp. etc., sur le Necker et le Main. C'est sur cette terrasse élevée formée d'alluvions, que le Danube a tracé son sillon. — 2° Les plateaux bas et les vallées du Neckar et du Main ; — 3° le pays couvert de massifs isolés et de plateaux qui s'étend entre le Main et les plaines du nord. Ce relief provient d'éruptions volcaniques.
Dans la région de l'Elbe et de l'Oder, la plaine est limitée, au sud, par les soulèvements bohémiens.
A l'ouest du Rhin, les plateaux arides de I Eifel et du Hunsruck, terrains sédimen- I aires très anciens, font suite aux hauteurs de la rive droite et se relient au plateau de Lorraine, qui se termine brusquement sur la plaine du Rhin. On remarque enfin, vers le sud-ouest, le système des Vosges et de la Forêt-Noire, enserrant entre elles la dépression du Rhin.
959. Caractère tle la nation et «lu gouvernement allemands. —
La nature du sol et le climat exercent toujours leur influence sur les habitants. En Allemagne, les forêts à percer, les terres pauvres, d'un travail pénible, ont formé une population patiente et rude, amie du gain et de [épargne, avide aussi du bien des autres, comme l'indique un proverbe slave « Ils aiment à pondre leurs œufs dans les nids des autres ». Enfin les longs hivers et les brouillards ont développé dans l'Allemagne du nord le goût des études philosophiques, l'esprit de recherche et de méthode que les Allemands ont appliqué dans leurs institutions militaires.
Dans l'Allemagne du sud, le peuple est d'une nature plus gaie, plus expansive, mais le nord a toujours exercé sur ce pays une influence néfaste et prépondérante.
Sous cette étiquette d'unité allemande, la Prusse est arrivée à réunir, de gré ou de force, des populations parlant la même langue, àla vérité, mais ayant un esprit et des aspirations très différentes, entre lesquelles l'union de sentiments est presque impossible ; mais le but pratique à atteindre, le seul poursuivi par la Prusse, était l'union des forces pour V expansion des races germaniques et l'organisation de la résistance contre un péril imaginaire.
En résumé, la nation allemande est patiente, laborieuse et douée d'un sens très pratique. L'instruction primaire est très développée, l'enseignement supérieur (Universités) florissant, enfin les écoles spéciales ou professionnelles nombreuses. C'est au caractère même de la nation, à cette culture intellectuelle qu'il faut attribuer le développement de ['agriculture et surtout de ['industrie.
L'Allemagne est, avant tout, une puissance militaire. L'empereur est investi d'un pouvoir presque absolu, car le Reichstag (chambre des représentants de la nation) chargé de limiter et de contrôler ce pouvoir n'a en réalité que des attributions très restreintes.
1858. — Agriculture. — L'Allemagne est pauvre en général ; dans la plupart de ses parties, le climat y est trop froid et les terres trop légères pour la culture du froment. On y trouve surtout de l'avoine, du seigle et de l'orge; la betterave est cultivée dans la Saxe, une partie de la Prusse et de la Silésie, et fait de l'Allemagne un des premiers pays producteurs de sucre en Europe ; enfin la culture du houblon est très développée.
En résumé, malgré les conditions défavorables du sol, l'agriculture allemande a atteint un haut degré de perfection, grâce à
la mise en pratique de procédés de culture perfectionnés, a de nombreuses écoles spéciales et sociétés agricoles.
L'élevage est également très prospère. On compte 3 millions de chevaux, parmi lesquels ceux du Mecklembourg sont fort recherchés, 15 millions de bêtes à, cornes dans le sud et les provinces rhénanes principalement, enfin 40 millions de têtes de petit bétail.
85». — Industrie. —4 conditions favorables ont surtout contribué au développement considérable de l'industrie allemande, ci; sont : 1 ° l'abondance delà houille et du minerai qui a donné un merveilleux essor àla métallurgie dans la Silésie (Breslau, Liegnitz), la Saxe (Leipzig, Chemnitz), la Prusse Rhénane (Dusseldorf, Cologne, Essen, Barmen et Solingen), et l'Alsace (Mulhouse) où elle était si active déjà avant 1 870 ; — 2° la variété et le bon marché des moyens de transport ; — 3° le bas prix de la main-d'œuvre. Ces deux dernières conditions ont permis l'extension de l'industrie des cotons, des laines et des soies. Aujourd'hui les tissus du Brandebourg, les draps de la Saxe et de la Silésie font une concurrence redoutable aux produits français et anglais.
4° Enfin l'emploi des procédés scientifiques les plus récents et de la machine, dans l'outillage des manufactures, a contribué à permettre la production à bon marché, ce qui est une des conditions essentielles de prospérité à notre époque.
3GO. — Commerce. — A V intérieur, le commerce est, comme l'industrie, favorisé par le bon marché et la variété des moyens de transport, — à Y extérieur, par Y extension du régimeduZollvereinouuniondouanière aux voies ferrées de l'Autriche, des Pays-Bas, elc, et surtout par un courant considérable d'émigration qui forme, dans tous les pays, une clientèle de nationaux pour consommer et vulgariserles produits allemands. — Enfin, la marine marchande a pris un merveilleux développement et vient immédiatement après celle de l'Angleterre et de la Norvège.
Le gouvernement allemand exige, en outre, de ses agents consulaires toutes les informations de nature à intéresser le commerce et l'industrie; il favorise les entreprises de nombreux agents audacieux et habiles lancés à la recherche de débouchés nouveaux et de comptoirs. De là la naissance d'un domaine colonial qui s'augmente chaque jour.
C'est l'Angleterre, Y Autriche et enfin la France qui fnnt le plus d'affaires avec l'Allemagne.
Les deux grands ports marchands de Ham-
Colonies et l'roteciorats. — Afrique Côte des Esclaves (Territoires de Togo, l'orlo- Seguro, etc.). — Côte de Guinée (Cameroun). — Côte sud-ouest (entre \f cap Frio et le fleuve Orange, moins [a baie des Baleine.-). — Côte est (territoires des chefs nègres d'Ousagara, Ngouîoii, Vitou, etc.).
Océan pacifique, sons l'administration de la compagnie de la NouveUe^Guinée : Terre de
['Empereur Guillaume on cote nord-est de la Nouvelle-Guinée. — Archipel de Bismarck, îles Salomon du Nord, îles Marshall et Nuvodo.
Armée. — 580,000 hommes, pied de paix, — 2,500,000 hommes, pied de guerre, sans compter la landsturm.
Mil ri ne militaire. — 140 navires dont •2-1 mirasses d'escadre et 23,000 marins.
Commerce extérieur. — !) milliards 1/2
(l'exportation égale presque l'importation), — commerce avec la France : 800 millions.
Chemins de fer. — 47,000 ki). dont 0,500 seulement à des Compagnies , le reste à l'Etat.
Marine marchande. — 4,400 navires dont 700 vapeurs (au total 1, 350,000 tonneaux) et 40,000 marins.
AIJTRICHrMIONClUE.
bourg et, de Brème mettent l'Empire en relation avec les pays d'outre-mer. Enfin, le tunnel du Saint-Goihard et les voies ferrées de Y Autriche établissent deux grands courants d'affaires avec Gênes etTrieste, qui bénéficient, par là, de l'activité allemande.
La valeur du commerce extérieur est de 0 milliards et demi.
•il» i . — Commerce avec la France.
— 800 millions dont i.'iO pour l'exportation d'Allemagne en France.
nous importons en