EUROPE MERIDIONALE
9 S 9. — lie plateau ibérique. —
La péninsule Ibérique, avec ses côtes peu découpées, affecte, dans son ensemble, la forme d'un immense plateau massif, d'une hauteur moyenne de 600 mètres au moins, surmonté de rides montagneuses et bordé, près des côtes, par de hautes montagnes, véritables barrières que les fleuves, sauf le Guadalquivir, le seul fleuve de plaine de la péninsule, ont dû percer pour atteindre la nier.
9S9. — 1/ Espagne, terre africaine. — La configuration même de cette région, qui diffère entièrement du reste de l'Europe et rappelle, au contraire, celle du continent africain, le climat et l'aspect désolé des hautes terrasses desséchées de l'intérieur, font de l'Espagne une terre africaine (1).
La région n'est d'ailleurs séparée de l'Afrique que par le détroit de Gibraltar, seuil ouvert à une époque relativement récente par la mer, entre des montagnes de même nature; elle est, au contraire, bien plus nettement isolée du reste de l'Europe par la dépression qui va de la Garonne au golfe du Lion.
SH». — Relief de l'Espagne. — Chaînes de bordure. — Au nord et au sud se trouvent les- principales chaînes de bordure, ce sont : au nord, les Pyrénées et les monts Cantabres, — au sud, la sierra Nevada. — kYest, la bordure est moins régulière; ce sont d'abord les ramifications des Pyrénées, puis les chaînons que perce YEbre, enfin les massifs confus des provinces de Valence et de Murcie. — A Y ouest, les montagnes de bordure sont en Portugal.
990. — lie plateau central. — A Vintérieur, l'Espagne offre un immense plateau central et deux régions de plaines : celle de YEbre au nord-est, celle du Guadalquivir au sud-ouest.
Ce plateau central est bordé : au nord par les monts Cantabres, — à Y est par une série de massifs confus qui le séparent des plaines de l'Ebre et du littoral (monts Ibériques, monts (Jniver sales, etc.), — au sud, par les massifs de la province de Murcie et la série des chaînons qui se dirigent vers la Gwidiana inférieure (Sierra Morena, sierra de Aracena, etc.).
(1) On verra plus loin un nouvel exemple du même genre : l'Arabie, qui tient au continent asiatique, est, en réalité, une terre africaine malgré la mer Rouge qui la sépare de l'Egypte.
ESPAGNE
((Questionnaire, page 75. — Carte et résumé, page 72).
991. — Subdivisions du plateau central. — Le plateau central se subdivise lui-même en deux parties : 1° le plateau de la Vieille-Castille, le plus considérable, au nord de l'Espagne, — 2° celui de la Nouvelle-Castille, plus central.
Ces deux plateaux sont nettement séparés par des chaînons élevés que l'on groupe quelquefois sous le nom de monts de Castillc (Somo-sierra, sierras de Guadarrema, de Gredos, de Gâta, etc.).
Le plateau de la Nouvelle-Castille est surmonté d'une série de chaînons orientés de l'ouest à l'est (d'une hauteur moyenne de 1,500 m.), dont les principaux sont les monts de Tolède et de Guadalupe.
999. — Plaines de l'Ebre. — Les plaines de l'Ebre forment une région triangulaire comprise entre les Pyrénées, les monts Ibériques et les montagnes côtiéres : c'est un bassin clos; mais la barrière est très faible au nord-ouest, où de faibles plateaux séparent les sources de YÈbre de celles de la Pisuerga, affluent du Douro.
99». — Plaines du CUiadalquiirir. — Comprise entre la bordure du plateau de la Nouvelle-Castille et la sierra Nevada, cette région s'ouvre vers la mer, où le Guadalquivir arrive librement. Après avoir été fleuve de plateau dans son cours supérieur, le Guadalquivir devient un fleuve de plaine très caractérisé.
994. — IJes fleuves. —Tandis que l'Ebre n'est navigable, dans sa partie inférieure, que grâce à un canal latéral, le Guadalquivir livre passage aux bâtiments de merjusqu'à Séville, malgré l'existence d'une barre dangereuse ; enfin la batellerie y est très active à partir de Cor doue.
Des autres fleuves de la péninsule, pauvres en eau ou torrents ravageurs suivant la saison, aucun n'est navigable.
995. — Causes de la décadence espagnole. — L'Espagne fut autrefois, sous les Romains et les Maures, une contrée d'une richesse merveilleuse, grâce à d'immenses forêts et aux abondantes rivières qui en résultaient. Le déboisement a tari les cours d'eau et produit de véritables déserts, les despoblados.
Cette pauvreté artificielle, pour ainsi dire, du sol fit peu à peu négliger les cultures pour l'élevage des troupeaux; le caractère indolent du paysan espagnol, effet du climat, y trou-
vait d'ailleurs son compte. Mais cette industrie même est aujourd'hui tombée en décadence, car l'Espagne est peut-être le pays qui produit le moins de mérinos.
La conquête du Mexique et du Pérou fut un autre malheur pour l'Espagne, dont les habitants émigrèrent en foule pour chercher fortune aux colonies.
Enfin, les luttes contre les Arabes ont autrefois surexcité le sentiment religieux et l'influence que l'Eglise catholique a su conserver en Espagne est la cause principale de Vignorance des masses populaires.
Cette dernière cause et l'instabilité du gouvernement ont empêché de suivre le mouvement industriel et commercial qui est une caractéristique de ce siècle. Malgré l'énergie nouvelle que le travail national montre depuis une vingtaine d'années, l'Espagne sera longtemps encore en arrière, au point de vue économique.
996. — Agriculture. — La végétation est très variée comme les climats, mais Y agriculture est peu développée; sa production n'égale pas la moitié de celle de la France.
Les parties bien arrosées du centre [Estrémadure, les Deux Castilles) et Y Aragon donnent des céréales (blé, orge et seigle), — Valence et Murcie du riz et du maïs, — dans ces deux mêmes provinces et en Andalousie croissent l'olivier, l'oranger, le citronnier et même la canne à sucre.
La vigne vient presque partout et cependant l'Espagne produit moitié moins de vin que la France.
Enfin les pâturages nourrissent du gros bétail dans le nord-ouest, des chevaux en Andalousie et des troupeaux de moutons qui vont d'une province à une autre.
999. — Industrie. — L'Espagne est très riche en minéraux, mais l'exploitation fait presque partout défaut.
La houille et le fer existent dans le nord; aussi les rares usines métallurgiques se trouvent-elles dans les provinces basques, h Madrid et à Barcelone. On extrait du plomb près d'Oviedo et dans les montagnes au nord d'Almeria, du mercure à Almaden, du cuivre dans la Biscaye et près de Séville, du zinc des provinces basques, du sel à Cardona (province de Barcelone).
Barcelone a quelques filatures de coton et le laine. Enfin la soie se travaille a Rnrce- 'one, Madrid, Grenade et Séville.
sud. Principales ressources: forêts et pèche, production de fers excellents. Instruction primaire très développée.
Gouvernement et divisions. — Un seul roi pour les deux Etats qui ont chacun son administration propre, monarchie constitutionnelle. Norvège divisée en 20 préfectures , Suède en 3 grandes divisions et Ta préfectures.
Religion dominante. — Le luthéranisme.
Villes princip»les. — Suède : Stockolm, cap. (272», port militaire et commercial, Gœtheborg (115), deuxième port de commerce, Malmx, port. — Norvège : Christiania, cap. (I i8)
port de commerce, Bergen, Drontheim, ports.
Armée. — Suède : pied de paix 39,000 h., pied de guerre 180,000 h. — Norvège : pied de paix 19,700 h., pied de guerre 40,000 environ.
Flotte. — Suède : 58 vapeurs (force de 15,000 chevaux) et 5,0u0 marins. — Norvège : 55 vapeurs (force de 33,450 chevaux) et 500 marias.
Commerce extérieur. — Suède : importation 45G millions, exportation 399 millions total 855 millions. Avec la France : 45 millions. - Norvège : importation 205 millions, exportation 177 millions, total 4 h' millions. Avec la France : 18 millions.
Voies de communication. — Encore peu nombreuses en raison de l'étendue de la région. Chemins de fer : 9,755 kil. pour la Suède et 1,800 kil. pour la Norvège, desservent surtout \p sud. Le commerce emploie largement les canaux reliant les lacs. Les Bords permettent aux ua ■ vires de pénétrer profondément, et d'ailleurs toutes les grandes villes sont sur la mer.
Marine marchande. — Suède : 4,102 navires dont 1248 vapeurs : total 550,000 tonneaux. Norvège 7,312 navires dont 800 vapeurs : total 1,(>00,<i0() tonneaux. C'est la deuxième flotte marchande de l'Europe.