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LES COTES

(Voir le résumé, poge i.)

t-j. — Côtes de la TlanHie. — Les

côtes de la France n'ont pas toujours eu le tracé el l'aspecl qu'elles présentent aujourd'hui. De nos joins même, on a pu remarquer que certains points du rivage s'exhaussaient insensiblement, tandis que d'autres s'affaissaient. Ainsi, près de Boulogne, de Cayeux, de Noirmoutier, de la Rochelle, entre l'Hérault et le Rhône, la côte se relève; elle s'affaisse, au contraire, près de Gaen, du mont Saint-Michel, de Douarnenez, de la pointe de Grave, d'Arcachon, de Bayonne.

Le cap Gris-Nez est le point de la France le plus rapproché de l'Angleterre. Il recule cependant île 25 mètres environ par siècle, -mis l'action des flots qui le rongent.

11 est question de creuser, sous le Pas-de- Calais, un tunnel qui établirait les relations, par voie ferrée directe, avec l'Angleterre. Ce tunnel traverserait la couche de craie qui forme le fond du détroit.

Au nord de l'embouchure de la Somme, s'étend la Marquenterre, terrain d'alluvions formé primitivement de boues et rendu à la culture ou à l'exploitation de la tourbe, par un système de canaux et de digues.

La côte du golfe du Calvados est bordée d'un cordon d'écueils et de récifs à fleur d'eau.

Quand notre pays s'appelait la Gaule, les lies Chausey, le plateau des Minquiers, Jersey môme étaient reliés à la presqu'île du Cotentin Le sol était couvert d'immenses forêts.

Le mont Saint-Michel formait lui-même un promontoire de la côte et deux voies romaines y conduisaient. C'est en l'an 709 que, suivant la tradition, la mer envahit les prés, la grande forêt et les villages qui entouraient le mont du côté de la terre. Les habitants prétendent, encore aujourd'hui, apercevoir au fond des eaux, lors des grandes marées d'équinoxe, des arbres entiers sur leur tige.

11 est question de reprendre à la mer, au moyen d'immenses levées, la vaste étendue qu'elle envahit jadis, et qu'elle couvre, lors des grandes marées, de 15 mètres d'eau.

Le mont, qui n'était accessible autrefois «pue par la grève, à marée basse, est aujourd'hui relié à la côte par une route sur digue. Mais il paraît que cette digue brise trop brusquement la marée montante, et que, depuis sa construction, les flots rongent plus fortement la base même du rocher.

La presqu'île de Bretagne était autrefois beaucoup plus étendue qu'elle ne l'est aujourd'hui. Les îles qui l'entourent faisaienl partie du continent. Elles en ont été détachées par le travail des flots, par cet océan breton toujours agité, et que le inoindre vent jette avec fureur sur les écueils sans nombre et les hautes falaises de roc

18. — ©©tes de l'Océan. — La tradition a conservé le souvenir d'une ville nom niée Ys, que la mer aurait submergée dans la baie de Uouarnenez, au ive ou v° siècle.

Près de la pointe du Raz, se pressent les légendes et les noms lugubres : baie des Trépassés, où le remou amène les cadavres des naufragés; enfer de Plogoff, gouffre ouvert près de la pointe même, où les vagues viennent se briser avec un bruit de tonnerre.

Bîde Bouar&ertëz

Au sud de la Rreiagne, on trouve encore aujourd'hui, en pleine mer, les restes du rivage qui rejoignait la petite presqu'île de Quiberon à la pointe du Croisic. La mer a rongé le continent et formé le lac marin du Morbihan et le vaste estuaire de la Vilaine.

C'est près de la presqu'île de Quiberon que se trouvent, le long de la côte, les fameux alignements de Carnac, formés de menhirs (1).

Les îles qui bordent les côtes vendéenne et charentaise sont les restes de l'ancien rivage.

L'île de Noirmoutier, déjà reliée au continent, à marée basse, finira par en faire partie intégrante, car le détroit, qui la sépare de la côte, diminue peu à peu, par suite d'un soulèvement insensible du sol. Ainsi s'est formé, en face de Noirmoutier, le marais Breton (pays de salines et de polders) (2) qui n'existait pas avant 1579, car la roche de Bouin, au centre des marais, était une île à cette époque.

Vers l'embouchure de la Sèvre Niortaise se trouve le marais Poitevin formé, comme le précédent, sur l'emplacement de l'ancienne baie de l'Aiguillon par le soulèvement lent de la côte. Cette région, de près de 40,000 hectares, coupée d'un nombre infini de canaux, a été livrée à la culture, sur le modèle des polders de Hollande. Les gens du pays, les huiliers, vivent misérablement dans des cabanes.

(1) Ou donne ce nom à des blocs de pierre, d'une hauteur souvent considérable, élevés eu forme de colonnes et isolés les uns des autres. Le mot « menhir « signifie proprement « pierre longue » en breton.

(2) Terres d'alluvions formées par les atterrissernents au bord de la mer, et rendues susceptibles de culture au moyeu de digues et de canaux.

Toute la région côtière, jusqu'au sud de la Charente, est en grande partie couverte de marais salants. Mais ils sont abandonnés en grand nombre, car la récolte du sel est presque impossible dans les années pluvieuses, et toujours plus difficile et plus coûteuse que sur les côtes méditerranéennes, ou dans les salines de l'État.

Ces marais deviennent alors des marais gdts, comme on les appelle dans le pays, et constituent des parties malsaines que l'on s'efforce d'améliorer par la culture.

L'embouchure de la Gironde est éclairée par le phare de Cordouan, situé en mer, à 7 kilomètres de la pointe de Grave. 11 n'en était distant que de 5 kilomètres, il y a 250 ans. L'œuvre destructive des flots semble aujourd'hui enrayée par les travaux d'art dus à nos ingénieurs.

Au sud de l'embouchure de la Gironde, commence une côte rectiligne bordée de dunes, qui envahissent de plus en plus le littoral et dont on a dû arrêter la progression vers l'est par des plantations de pins maritimes.

Formées par le sable qu'apporte la vague, ces dunes ont peu à peu obstrué le cours des ruisseaux côtiers, et c'est ainsi que se sont formés, le long du rivage, les nombreux étangs landais.

Le bassin d'Arcachon, au milieu des pins, est la plus vaste de ces nappes d'eau. On en aurait pu faire une immense rade sur cette côte inhospitalière ; mais la mer, souvent agitée dans ces parages, constitue à l'entrée du bassin, comme à l'embouchure de l'Adour, une barre de sable changeante et par trop dangereuse pour les navires.

1». — Côtes de la Méditerranée.

— La Méditerranée est une immense mer intérieure, sans marée, et dont les eaux sont moins salées que celles de l'Océan.

Le contraste est complet entre les côtes du Languedoc et celles de Provence.

Des Pyrénées au Rhône, les plages basses alternent avec les collines ou les rochers, et se détachent sur les bois d'oliviers et les vignes; mais la côte est, en maint endroit, vaseuse et malsaine, avec son cordon d'étangs dont les eaux communiquent, par des graus ou chenaux, avec la mer. L'état de cette côte a fait du Languedoc une région plutôt continentale que maritime. Cette est, en effet, le seul port considérable.

(1> \oir, pour la géographie détaillée de la France, le Coins moyen du même autour

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