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RELIEF DU SOL ET ÉCOULEMENT DES EAUX

Le delta du Rhône, qui sépare le Languedoc de la Provence, a été formé par les atterrissements du grand fleuve.

Entre les deux branches principales s'étend l'île de la Camargue occupée, dans sa partie centrale, par l'étang de Valcarès ; elle est protégée par des digues continues contre les inondations du fleuve. Mais cette protection même condamne cette région aux fièvres, en rendant impossible le renouvellement des eaux stagnantes. On y trouve des pâturages salés qui nourrissent de

petits chevaux, des taureaux et des moutons.

Au delà du vaste étang de Berre commence la cote rocheuse et dentelée de la Provence. On y trouve l'oranger, l'olivier et même le palmier, qui y croissent abrités des vents du nord, sous le plus doux climat de France.

Le fléau de la côte méditerranéenne est le mistral [mistraou en provençal). Ce vent impétueux et glacé vient du Massif central et souffle surtout pendant l'automne et l'hiver et après les pluies orageuses. Il s'annonce

par un refroidissement très sensible dans l'atmosphère et cause chaque année de nombreux désastres.

Cependant, à l'est de Toulon, le mistrai souffle rarement et toujours avec moins de violence.

Au sud-est de la côte provençale se trouve la Corse. Soumise à des climats très divers à cause de ses altitudes, elle produit des oranges et même des dattes, à côté des sapins et des neiges de ses montagnes.

RELIEF DU SOL. — OROGRAPHIE. (Voir le résumé, page 5.)

90 — Observations sur l'étude tles montagnes. — Nous rappellerons ici que dans l'étude générale du système orographique de la France, par exemple, on doit s'attacher à distinguer : 1° la surface considérable couverte parles massifs montagneux; 2° la situation des massifs les uns par rapport aux autres ; 3° les altitudes comparées des montagnes.

Il est nécessaire de bien remarquer l'énorme surface couverte parles Alpes et par le Massif central. Celui-ci, comme son nom l'indique, occupe tout le centre de notre pays, tandis que les Vosges, le Jura, les Alpes et les Pyrénées sont sur la frontière.

Enfin, les Alpes sont les plus hautes montagnes de notre pays, les Pyrénées viennent après, puis successivement : le Massif

central, le Jura, les Vosges et le Morvan, Un point non moins important est de bien saisir la forme particulière de chacun des massifs montagneux. Ainsi, par exemple, les massifs alpestres vont en s'élevant du Rhône vers l'Italie, — le Massif central se termine assez brusquement sur la vallée du Rhône, tandis qu'il échelonne ses montagnes et ses plateaux vers le nord-ouest, etc.

ECOULEMENT DES EAUX. — HYDROGRAPHIE. (Voir le ««m», pages.)

91. — Formation «les sourees et des rivières. — Il existe, sous terre, des filets d'eau courante comme à la surface, ruisseaux formés par l'absorption des pluies. Si, dans son cours, un de ces ruisseaux souterrains rencontre une couche imperméable, l'eau s'accumule et son niveau s'élève comme dans un vase. Elle finit par atteindre la surface du sol et par jaillir en source, avec un volume plus ou moins considérable, suivant son cours souterrain.

Sortant de terre, l'eau de la source suit la pente du sol et, rongeant la surface avec plus ou moins de force, suivant son volume, se creuse elle-même un lit ; de là, la formation des ruisseaux et des rivières qui, par leur réunion, engendrent les fleuves.

La source d'un cours d'eau offre quelquefois le curieux aspect d'une rivière véritable sortant par l'orifice d'une grotte ou les crevasses du sol, comme la fontaine de Vaucluse, ou le Loiret qui porte bateau à sa source même.

Les grands fleuves sont alimentés par les sources et les neiges des hautes montagnes; cependant le Rhône est le seul fleuve français qui reçoive les eaux de glaciers véritables.

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