lie Dékan. — Le plateau du
Dékan, élevé de 300 à 800 mètres au nord, de 500 à 1000 mètres au sud, jouit, grâce à cette altitude, d'un climat relativement tempéré et d'une grande fertilité. 11 y pleut dix l'ois moins que sur la côte, parce que les nuées marines, même venant de l'est, sont attirées par la bordure montagneuse de la côte occidentale ; les famines y seraient très fréquentes, sans la présence de plus de 10,000 réservoirs artificiels, qui conservent, au-dessus des vallées, de l'eau d'irrigation pour les longues sécheresses.
Le Dékan est uniformément incliné de Vouest vers Vest; il est bordé, près des côtes, par des crêtes montagneuses et plateaux qui portent le nom de Ghates et forment un talus très accentué surtout à l'ouest.
Les Ghates occidentales serrent la côte de très près et ne donnent passage à aucun cours d'eau de l'intérieur (côte de Malabar) ; les Ghates orientales, moins élevées, sont traversées par les fleuves nés sur le plateau et laissent, entre elles et la côte, des plaines sillonnées de canaux et malsaines (côte de Coromandel).
Le Dékan se termine en pointe, vers le sud, par le massif du Nilagiri, qui contient le sommet culminant du plateau (Dodabetla 2,680 m.). Les produits du Dékan consistent surtout en coton et café.
384. — Travancore et Ceylan. — La partie méridionale de l'Inde est accidentée par le massif du Travancore, plus élevé
que leDékan etqui contient la plus grande altitude de la péninsule (Anamoudi 2,693 m.). Entre le Travancore et le Dékan, il existe une dépression donnant passage entre les côtes de Malabar et de Coromandel.
Le plateau Indien disparaît sous les eaux dans le détroit pour émerger de nouveau avec l'île de Ceylan.
Le reste de l'ancien isthme, qui reliait l'île à la côte, estle cordon des îlesbasses appelé pont de Rama et formant la séparation entre les détroits ou golfes de Manaar et de Palk.
395. — lie Gange et l'Indus. — Le Gange, le fleuve sacré des Hindou^, est le fossé d'écoulement des eaux de VHimalaya. Les torrents de la montagne, animés d'une grande vitesse et débouchant tout à coup dans la plaine, se sont étalés en nappes et ont formé, à la base de l'Himalaya, une bande de marécages appelée Teraï.
Les innombrables affluents du nord apportent au Gange les matériaux arrachés aux montagnes qu'il dépose à son embouchure, formant ainsi un des plus vastes deltas du globe, le foyer du choléra. C'est dans cette région que le Brahmapoutre vient mêler ses eaux au Gange.
L'Indus a quelques centaines de kilomètres de plus de longueur que le Gange, mais il s'éloigne constamment des montagnes, s'appauvrit en côtoyant le désert de Thar et arrive à la mer très diminué. Son delta n'est qu'un triste bas-fond de sables et de marais.