SAHARA
uestionnaire, page 112. — Carte et résumé, pages 100 et 101
qui constituent le vrai désert, des bourrelets île dunes produites sur le littoral par le vent du désert ou les vagues de la mer, on y trouve le relief habituel de toutes les terres. Le Sahara a ses montagnes de grés ou de granit, ses rochers, ses plateaux, ses vallées et même ses rivières, marquées au moins par leur lit quand elles sont à sec.
Au centre de la région s'élève, à près de 3,000 mètres, le massif granitique de l'Ahaggar, qui garde ses neiges trois mois de l'année et alimente de nombreux torrents; non loin de là et orientée du nord-ouest au sudest, s'étend la ride montagneuse formée par le plateau du Tassili et les monts Tummo et Tarso dont quelques sommets dépassent 2,000 mètres.
4 S 5. — lies eaux et la végétation.
— La tradition a gardé le souvenir d'un Sahara couvert de forêts, fréquemment arrosé par les pluies, et sillonné de grands fleuves dont on remarque encore les lits desséchés.
On comprend, en effet, que la disparition des forêts ait fait changer le régime des vents et des pluies ; mais le Sahara d'aujourd'hui n'est pas absolument privé d'humidité. Il existe, à quelques mètres de profondeur, des nappes d'eau souterraines qu'il est facile de faire jaillir à la surface au moyen de puits.
Cette méthode, employée sur une grande échelle, dans le sud-algérien, a déjà couvert le désert (l'oued Rhig surtout) de traînées d'oasis nouvelles. Ces sources artificielles apportent la vie aux palmiers-dattiers qui abritent les ksour (1) et les champs de culture (maïs, orge, blés hâtifs, luzerne et légumes). C'est à l'aide de ces forages successifs, répandant la fertilité et la vie, qu'il sera possible de s'avancer vers le sud et de relier un jour la France africaine aux possessions du Sénégal.
Le palmier-dattier est la providence du désert. Son fruit forme la nourriture des populations sahariennes et sert presque seul aux échanges pour les produits dont elles manquent.
Son bois fournit les seuls matériaux dont
(I) Le /..sur (pluriel ksour) est un village fortifié généra l .■iii.ii t entouré d'un mur de terre,
Méditerranée, le développement de ses côtes l'ont mise, à toutes les époques de l'histoire, en relation avec l'Europe méridionale, et ses richesses ont excité les convoitises des grandes nations qui ont dominé sur la Méditerranée.
C'est ainsi que nous voyons se succéder, dans ce pays, les Phéniciens, les Romains (145 av. J.-C), les Arabes (vn° siècle) dans lesquels les Rerbères virent d'abord des libérateurs et dont ils embrassèrent la religion, enfin les Turcs.
Plus récemment, la France, à son tour, a pris pied sur la région de l'Atlas; ellecherchel à y introduire les bienfaits de la civilisation moderne et à réparer le mal fait à ces belles contrées, si fertiles autrefois, par la dominalion stérilisante des musulmans.
L'Espagne cherche, de son côté, à étendre son influence au Maroc.
on dispose (avec les briques de terre séchée) pour la construction des maisons ou le coffrage des puits.
En dehors du palmier, le pistachier sauvage est le seul arbre du désert; mais on y trouve des buissons formés de jujubiers, de chardons et (Vartémises, des driss (1) (sorte de chiendent) sur les dunes de sable, enfin, çà et là, d'immenses pâturages d'alfa que de fréquentes rosées suffisent à rajeunir et qui fournissent la nourriture des chameaux, des moutons et des gazelles.
Le sol est, en maint endroit, imprégné de sel; on en trouve même des couches véritables que les indigènes exploitent pour le Soudan. Dans cette dernière région, le sel est si rare, dit-on, qu'il s'y échange, à poids égal, contre de la poudre d'or.
4 $6. — Populations et commerce.
— Les Arabes habitent surtout V ouest et le sud-ouest du Sahara, sous le nom de Maures trarzas, braknas, etc. Près de l'Océan et du Sénégal commencent à paraître les forêts de gommiers qu'ils exploitent.
On retrouve les Arabes à l'est, vers le Nil; mais le centre du Sahara, la région des plateaux, appartient à la race berbère, aux Touaregs nomades, la plus puissante des populations sahariennes, et aux Mzabites sédentaires que l'on trouve dans presque toutes les oasis.
Enfin le Sahara oriental est habité par les Tibbous qui sont des noirs mélangés de sang berbère.
Le commerce se fait par caravanes et au moyen de chameaux, sous la protection de troupes de Touaregs qu'il faut payer, sous peine d'être massacré dans le désert; encore l'escorte n'est- elle pas toujours suffisante pour éloigner les bandes de pillards.
Les articles d'échange sont les esclaves, les peaux et la laine, la poudre d'or, V ivoire et les céréales. Des deux grands marchés de l'intérieur, lac Tchad et Tombouctou, les caravanes se dirigent, d'une part, sur Ghat, Ghadamés et Tunis ou, de préférence, sur
M Le driss et l'alffl fburnissenl la toiture des maisons dans les ksour,
L'AFRIQUE
M urxouk et Tripoli; d'autre part, sur Intnliih et le Maroc. Elles évitent, depuis l'interdiction de la traite des nègres, les routes
d'Alger, par el Guléa et Ouargla, autrefois t rès
fréquentées, et sur lesquelles le gouvernement algérien a été, jusqu'à ce jour, im-
puissant à ramener l'ancien courant commercial.
RÉSUMÉ PHYSIQUE
Golfes.— D'Oran, d'Alger, de Tunis, de Gabès.
Caps. — Noud, Ghir, pointe de Ceuta, cap Bon.
Détroit. — De Gibraltar.
Relief «lu sol. — 3 zones : région montagneuse du Tell, Hauts plateaux, Atlas Saharien. - 1° Montagnes du Tell : le Rif (Maroc , Jurj'ura 9 m [Algérie . — 2° Hauts plateaux [900 a 1.100 ni.). — 3° Atlas Saharien : djebel étiras, m. (Algérie). — Enfin massif méridional du Maroc, dont le nœud est au djebel Auachin plus de 4,0(10 ni.).
Fleuves. — Méditerranée : Oued Moulouïa, ( >ued Chétif, Oued Mcdjcrda. — Atlantique : Oued Draa (appartient déjà au Sahara, voir plus loin).
Cliotts. — Nombreux sur les hauts plateaux. — Dépression des chotts algériens tunisiens Melghtr, Rharsa, Djerid) séparée par une étroite bande de terre du golfe de Gabès. Le commandant Roudaire voulait y créer une mer intérieure.
Climat. — Dans le Tell, chaud et salubre.
RÉSUMÉ PHYSIQUE
Cote atlantique. — Caps Blanc et Bojador — Côte couverte de dunes, les plus hautes du globe (180 m. au nord).
Côte méditerranéenne. — Golfe de la Sidre.
Moutagnes. — Massif central du Ahaggar (plus de 4,000 m.). — Plateau du Tassili. monts fummo et Tarso iprès de 3,000 m.). — Hauteur moyenne du Sahara 300 m.
Rivières ou lits desséchés. — Oued Draa, souvent à sec, traverse un lac qui donne, chaque aimée, une récolte de céréales; — lit desséché de l'oued Igharghar, appelé oued Rhig près du chott Melghir et qui reçoit l'oued Miah également