CONGO ET AFRIQUE AUSTRALE
44S. — Ii'Ogooué et le Galion. —
L'Ogooué (1), dont la longueur est relativement faible, forme, en son cours moyen, une nappe d'eau limpide de quatre kilomètres de largeur, avec un faible courant. Mais, dans son cours inférieur, il est coupé de chutes et de rapides, ses eaux deviennent saumàtres et se divisent en une infinité d'«rroyas qui forment un immense delta, dont la base en demi-cercle a un développement de 00 kilomètres.
Plus au nord et presque sous l'équaleur se trouve l'estuaire appelé Gabon, long de 80 kilomètres et large de 30 à 40 kilomètres, qui reçoit les eaux de plusieurs rivières très courtes.
449. — Conquête pacifique des pays de l'Ogooué. — Nous occupons, depuis 1842, la région du Gabon, et notre domination s'est étendue peu à peu jusqu'à TOgooué, que l'on considérait comme une voie commerciale vers le centre de l'Afrique.
Le cours de ce fleuve a élé exploré par un officier de la marine française, de Brasza, dans ses voyages de 1875-78 et de 1879-82.
Il reconnut que ÏOgooué arrose un plateau de 800 mètres d'altitude, habité par des po-
(I) A remarquer, sur la carte, la similitude des cours du Congo et de l'Ogooué.
pulations pacifiques et donnant un accès facile vers le bassin du Congo.
Après avoir fondé le poste de Franceville, de Brazza conclut, avec le roi nègre Makoko, un traité par lequel ce souverain plaçait ses États sous le protectorat de la France. C'est ainsi que notre influence s'étendit jusqu'au Congo, où elle eut à lutter contre celle des agents de l'Association internationale africaine, fondée en 1876, sous le patronage du roi des Belges, et dont le chef était Stanley.
La situation et les droits de la France sont nettement établis, depuis le congres de Berlin. (1885), et noire colonie sera bientôt le principal débouché de l'Afrique équatoriale, dont les produits passeront du Congo par l'Ogooué moyen au Gabon, ou rejoindront la côte par un chemin de fer projeté de Loango à Brazzaville. La prospérité de notre colonie s'affirme chaque année. En f 887, on a exporté 75,000 kilog. d'ivoire par la voie de l'Ogooué. Le produit des douanes s'est élevé à 1,700,000 francs : 1,100,000 francs de plus qu'en 1886. En 1896, le total des transactions avait déjà plus que doublé; la France expédie annuellement pour 2 millions 1/2 de marchandises au Congo. Cette magnifique colonie est donc devenue un important débouché pour l'industrie de la métropole.
AFRIQUE AUSTRALE (moins la région du Cap).
450. — lie plateau austral. — Leplateau austral africain est le prolongement sensiblement surélevé du plateau équatorial. Le désert de Kalahari est à une moyenne de plus de 1 ,200 mètres au-dessus du niveau de la mer et l'altitude s'élève encore dans la région du Cap.
Ce plateau affecte, dans son ensemble, la forme d'une cuvette dont le fond serait marqué par le lac N'garui (870 mètres d'altitude). Les bords seraient représentés par la zone montagneuse qui limite le plateau le long des côtes, et, au nord, par la série des massifs qui séparent lebassin du Congo de celui du Zambèze.
451. — Zone montagneuse autour du plateau austral. — Les montagnes qui bordent le plateau austral sur l'Atlantique occupent une zone de 200 kilomètres et atteignent près de 2,700 mètres vers leur centre.
Au sud, dans la région du Cap, cette bordure a la même épaisseur et se compose de bourrelets concentriques (voir§ 458), dont le point culminant est, à l'est, dans les Drakenberge, le massif du Cathkin-Peak (supérieur à 3,000 mètres). Plus au nord, sur l'océan Indien, cette bordure diminue d'altitude (maximum 1 ,600 mètres), en même temps qu'elle s'éloigne de la côte.
Au nord enfin, l'altitude des montagnes est peu connue ; elle paraît être assez considérable à, Vest près du lac Nyassa (plus de 2,000 mètres) et du lac Bangouéolo, ainsi qu'à Vouest, sur la Couanza supérieure; mais il existe, au centre, un plateau marécageux où le Zambèze et les affluents du Congo prennent leur source.
45*. — lie désert de Kalahari. — Dans la partie centrale du plateau, s'étend le désert de Kalahari; il atteint presque le fleuve Orange au sud, il dépasse le tropique
(Questionnaire, puge 112. — Carte et résumé, page 108).
au nord. C'est le Sahara du sud, avec des dimensions moindres, mais un climat analogue quoique moins torride ; les journées y sont très chaudes, les nuits extrêmement froides, la pluie fait absolument défaut.
L'existence du désert est due à l'action de l'alizé du sud-est. Ce vent chasse vers l'Afrique les vapeurs de l'océan Indien; mais il se débarrasse de son humidité sur le littoral et les montagnes de bordure, de sorte qu'il arrive tout à fait sec au centre du plateau.
Malgré la sécheresse de son climat, le Kalahari se couvre parfois d'herbes épaisses, grâce à l'existence de couches sablonneuses souterraines, qui emmagasinent l'humidité fournie par les dépressions du nord et les cours d'eau éventuels qui se perdent dans les sables.
Nous avons vu plus haut que le lac N'gaini occupait la plus grande dépression du plateau : il est alimenté par le Tiogoué formé du Coubango et de VOvambos. Habituellement, ce dernier cours d'eau fournit l'eau du lac Etosa; mais, quand les pluies sont abondantes, l'Ovambos s'écoule à la fois vers le Cunené et le Tiogoué.
L'étendue du lac N'gami varie avec les époques ; il écoule son trop-plein vers une autre dépression située plus à l'est, où il forme une série de nappes d'eau peu profondes. Enfin, ces lacs eux-mêmes, dans les saisons très pluvieuses, engendrent un affluent qui va rejoindre le Limpopo.
En dehors de ces eaux, il existe, aux environs du désert, une foule de cours d'eau temporaires qui se forment au moment des pluies et sont bus par les terres. C'est celte humidité qui se glisse dans les nappes perméables souterraines du Kalahari.
453. — lies côtes. — L1 alizé du sudest, qui dessèche le Kalahari, a pour effet
d'éloigner de la côte de l'Atlantique les nuages issus de cet océan, et fait du littoral une bande absolument aride et désolée. La zone montagneuse de bordure, grâce à quelques pluies de hasard, se couvre de verdure et forme un pays de pâturages analogue aux hauts plateaux de l'Algérie.
Mais l'aspect de la large région côtière sur l'océan Indien est tout différent; on y trouve, sous un climat chaud et humide, un peu lourd pour les Européens, de vastes et fertiles plaines alluvionnaires arrosées par le Zambèze et le Limpopo inférieurs.
454. — lie Zambèze. — Le plus grand fleuve de l'Afrique australe est le Zambèze, dont le cours a été reconnu par Livingstone, et qui affecte la forme d'un S dont l'une des branches, celle de l'est, serait mal fermée. Il sort du petit lac Dilolo, dans cette région marécageuse dont nous avons parlé et qui, à peu de distance au nord, envoie ses eaux vers le Congo.
C'est presque immédiatement un grand fleuve : il a plus de 2,000 mètres de largeur à la cataracte gigantesque à laquelle Livingstone a donné le nom de Victoria, mais que les indigènes appellent Mosioa-tounya c'est-à-dire de la fumée tonnante. L'énorme nappe d'eau se précipite, avec un bruit de tonnerre, de 106 mètres de hauteur dans une étroite fissure déroche basaltique, du fond de laquelle s'élèvent, à plus de 100 mètres, des colonnes de vapeur.
Les eaux grondent ensuite, pendant quelque temps, entre de hautes roches à pic, jusqu'au lit où le fleuve reprend son ampleur. Plus loin, le cours moyen du Zambèze est encore coupé de rapides qui, pour la plupart, sont couverts lors des hautes eaux.
Ceux de Kébrasa (ou mieux Kaord-Basa.
L'AFRIQUE