L'Artois et la Picardie
Le reste de la région du Nord, sans égaler la Flandre, est encore un pays agricole etindustriel très prospère.
L'Artois et la Picardie sont des pays d'élevage et se font remarquer par l'industrie du sucre de betterave et du coton (importé d'Amérique par le Havre et Rouen).
RÉGION NORMANDE. (Voir le résumé, page 8.)
3 ï . — Relief du sol. — Les plaines do la Normandie arrosées de nombreux cours d'eau sous un climat humide forment Le pays des herbages par excellence : c'est ainsi que se nomment les belles prairies où s'élèvent les chevaux et où s'engraissent les bestiaux.
La Basse-Normandie est limitée au sud par les collines du Perche et celles de Normandie.
Ces deux massifs forment deux bandes parallèles, orientées du nord-ouest vers le sud-est, et séparées l'une de l'autre par une dépression bien marquée entre l'Orne et la Sarthe {Alcnçon).
Il y a lieu de remarquer la dépression générale qui existe d'une façon continue entre les sources de l'Huisne et de la Vire, par la vallée supérieure de l'Orne. Cette espèce de « couloir i> sépare les collines du Perche et le Bocage normand au nord, des collines de Normandie au sud-ouest. Il est suivi par la voie ferrée de Chartres à Granville.
Les collines du pays de Bray, qui limitent au nord-est la région Normande, affectent une disposition analogue. Elles ont à peu près la même orientation que les massifs déjà décrits, et forment deux alignements principaux qui laissent subsister entre eux une dépression réunissant
les vallées opposées de la Béthune et du Thérain.
3 S. — Ecoulement des eaux. — La
région Normande est arrosée par la Seine inférieure et de nombreux cours d'eau côtiers.
La Seine inférieure très sinueuse devient, à partir de Rouen, un puissant fleuve accessible aux bateaux de haute mer.
L'Orne coule d'abord dans une vallée encaissée entre un rameau des collines du Perche et celles de Normandie; puis, au lieu de prolonger sa direction du nord-ouest jusqu'à la Vire, elle se coude vers le nord pour aller traverser une ligne de hauteurs de 300 m. d'altitude.
REGION DE L'OUEST. (Voir le résumé, page 8.)
3». — Relie! du sol. — Le relief du sol offre deux bandes de hauteurs bien nettement définies qui longent : l'une, les côtes de la Manche, l'autre, celles de l'Océan.
La première, la plus importante comme altitude et comme épaisseur, mais la plus courte, se compose des monts de Bretagne, qui se prolongent à l'est des sources de la fiance, par des plaines ondulées (un canal les traverse sans difficulté) et par les collines du Maine.
La seconde bande de hauteurs comprend la Montagne Noire, une série de bourrelets de terrainpeu importants jusqu'àla Loire, puis, au delà de ce fleuve, les hauteurs de Gâtine.
Entre ces deux bandes de hauteurs, il existe une dépression centrale, qui a été utilisée pour la construction du canal de Nantes à Rrest.
8 «» — Écoulement «les eaux. — La région de l'Ouest est arrosée par la Loire inférieure, la Vilaine et un grand nombre de petits cours d'eau côtiers.
Le cours inférieur de la Loire reçoit les matériaux charriés en quantité énorme, par les eaux, surtout lors des crues; il s'ensable constamment et ne permet pas aux navires calant plus de 3 mètres d'arriver jusqu'à Nantes; c'est ce qui fait la fortune de Saint- Nazaire.
Les principaux cours d'eau côtiers, au nord-ouest de le Loire, prennent leur source dans les monts de Bretagne ou les collines du Maine, et s'ouvrent un passage dans la bande des hauteurs voisines de l'Océan pour arriver à la mer.
La Vilaine est accessible aux navires depuis le confluent de l'Oust.
41. — lia Bretagne. — Les terres bretonnes sont pauvres; malgré l'activité déployée par les habitants, les landes et les ajoncs occupent encore presque le tiers du pays, qui n'a d'ailleurs ni centre industriel important, ni bassin houiller.
Dans l'intérieur des terres, la population est clairsemée, pauvre et arriérée dans cer-
tains endroits; les habitations sont souvent malsaines. Sur le littoral, au contraire, la population est forte, nombreuse et aisée; les habitations sont commodes et saines.
Le large développement des côtes a l'ait des Bretons d'excellents marins.
4®. — lia "Vendée. — La Vendée n'est guère mieux partagée que la Bretagne. On y remarque trois parties bien distinctes : 1° le Bocage Vendéen, formé de collines arrondies sillonnées de cours d'eau et coupées de cultures entourées d'arbres et de haies ; c'est de là que lui vient son nom ; — 2° la Plaine, région à peu près plane, mais toujours d'un parcours difficile, avec ses champs morcelés de haies épaisses et son sol argileux qui rend les chemins impraticables une partie de l'année; — 3° enfin le Marais : c'est le pays de marais salants et de polders qui borde la côte en face de L'île do Ré. 11 s'appelle marais poitevin et fait pendant au marais breton situé en face l'Ile de Normoutier.
REGION DU MASSIF CENTRAL. (Voir le résumé, page 13.)
43. — Relie! du sol. — L'ensemble des plateaux et des montagnes du centre de la France forme un massif compacte, limité à peu près au nord-est par le parallèle de Dijon, au sud-ouest par le dépression du col de Naurouze.
La partie culminante est constituée, au centre, par les monts d'Auvergne; mais, dans son ensemble, cette masse montagneuse s'appuie, vers l'est, à des hauteurs considérables (monts du Vivarais, Cévennes, etc.),
se terminant en pentes brusques sur la vallée du Rhône; — elle échelonne, au contraire, vers la Loire et la Garonne, des massifs et des plateaux d'altitude de plus en plus faible.
A l'intérieur, le massif présente, vers le nord, deux profondes dépressions qui sont les vallées de la Loire et de l'Allier, et qui partagent les hauteurs en trois bandes à peu près parallèles : monts du Vivarais et prolongement vers le nord, — monts du Velay
et du Forez, — monts de la Margeride et monts d'Auvergne.
44. — Caractère des différente* parties du Massif . — La niasse principale est de granit, mais les monts d'Auvergne sont de formation volcanique; on y trouve d'anciens cratères en grand nombre. Les sommets ou pics, avec ou sans cratère, y sont désignés sous le nom de puys.
Les montagnes élevées, dans les Cévennes surtout, ont un caractère sauvage et for-
LA FRANCE
ment un véritable chaos de crêtes et de roches.L nombreuses autrefois, ont en
partie disparu sous la bacbe des habitants. Les montagnes inférieures et les collines au aord et à l'ouest sont, en majeure parne. couvertes de pâturages, Les plaines de la Limagne et du Forez sont d'une ferlilitc qui contraste avec les régions voisines. Les plateaux du sud-ouest présentent un caractère tout particulier : ce sont d'im-
menses terrasses calcaires, soumises à un cli mat rigoureux, sans forêts ni prairies, qui offrent à peine quelques champs d'orge et d'avoine d'une culture ingrate. Les rivières y coulent, le plus souvent, au fond de gorges ou au pied d'escarpements à pic. Ces plateaux portent le nom de Causses (1).
(1) Ils se prolongent par les segalan, plateaux granitiques moins arides, qui sont des terres à seigle.