VENEZUELA ET GUYANES
plaines immenses ou llanos de l'Orénoque et de l'Amazone.
519. — lia Colombie et l'Equateur. — Sous la domination espagnole, les régions que nous venons d'étudier appartenaient à la vice-royauté de la Nouvelle- Grenade. Leur indépendance, proclamée en 1811 par Bolivar, ne futreconnue qu'en 1823. Elles forment aujourd'hui deux républiques centralisées et unitaires : la Colombie et l'Equateur.
On y trouve tous les climats et par suite toutes les cultures: les terres chaudes, habitées surtout par les Indiens, donnent en abondance le café, le cacao et le tabac ; — l'immensité des llanos nourrit de nombreux troupeaux qui donnent lieu à un très important commerce de peaux; — les forêts, qui couvrent les flancs des montagnes, fournissent le quinquina, le caoutchouc, le baume dit « du Pérou », etc. ; — les pentes et les plateaux habités surtout par la population européenne et métisse permettent la culture du maïs et du blé. — Enfin les mines d'or et d'argent de l'Equateur sont une des ressources principales du pays.
518. — lie» Andes «lu Pérou, de la Bolivie et du C'Btîli. — Au Pérou, la cordillère des Andes va s'élargissant : le talus occidental, toujours régulier, serre de près le Pacifique ; mais à l'est, la bordure est formée d'une infinité de plissements parallèles, souvent interrompus, et entre lesquels commence le torrent qui, dans l'immensité des plaines brésiliennes, devient l'Amazone.
Les plateaux soutenus par les chaînes extrêmes des Andes atteignent leur largeur maxima en Bolivie (400 kil.), avec une altitude moyenne de 3,500 à 4,000 mètres.
Le nord-ouest de cette région est occupé par le lac Titicaca (3,808 m.), dont le trop
plein se déverse, par le rio Désaguardéro, dans la lagune d'Aullagas.
D'énormes volcans, tels que le Sorata (6,550 m.) et le Sajama (6,415 m.), bordent les plateaux et dominent ces dépressions.
Au sud de la Bolivie, les plateaux se rétrécissent et la cordillère se reforme enfin, un peu au nord du volcan d'Aconcagua (6,834 m.), en une chaîne unique qui borde de rochers la côte occidentale de la Patagonic et va mourir à la pointe de l'Amérique.
L'étroite lisière du Pacifique forme des terres chaudes qui ne reçoivent jamais une goutte de pluie, de sorte qu'on est réduit, dans les villes côtières, à boire de l'eau de mer distillée. Dans le désert d'Atacama (Chili), l'air est tellement sec que les sables, chargés de salpêtre et de sel, conservent les cadavres sans altération.
Si l'on quitte ce rivage désolé, cet énervant climat, pour s'élever dans les Andes, on arrive bientôt aux plateaux tempérés, aux fraîches et fertiles vallées ; mais l'intérieur du plateau est trop souvent aride et nu (despoblados) (1). Enfin, au dessus de 4,000 mètres, commence la région froide, la puna sauvage, balayée par un vent glacial et des tourbillons de neige et qui monte jusqu'aux glaces des sommets.
C'est à la lisière inférieure de cette zone que se trouve la petite ville de Potosi (4,052 m. d'altitude), l'une des plus élevées du globe.
Sur le versant bolivien, on descend de la puna sauvage dans la puna proprement dite (de 4,000 à 3,500 m.), région des pâturages, oii paissent la vigogne, l'alpaca et le lama, région de l'orge et de la pomme de terre.
Plus bas encore, entre 3,500 et 3,000 mètres apparaissent les céréales (mais et blé) avec
(1) C'est sur les plateaux du Pérou et de la Bolivie que l'on constate le plus grand écart entre la température du jour et de la nuit.
un climat tempéré ; puis on quitte les mon tagnes proprement dites pour arriver dans les hautes vallées des affluents du Madeiraet du Paraguay, terres chaudes à la végétation luxuriante qui se prolongent par les llanos et les pampas.
519. — lie Pérou, la Bolivie et le Chili. — L'ancienne vice-royauté espagnole du Pérou forme aujourd'hui les trois républiques unitaires du Pérou , de la Bolivie et du Chili.
Les principales sources du commerce péruvien sont les énormes couches de guano (4) du littoral et le salpêtre ; il faut encore y ajouter le sucre, les métaux, le sel, la laine, le coton, le riz, le quinquina et la coca.
Les Péruviens ont construit, pour escalader les Andes, des chemins de fer qui s'élèvent à plus de 4,000 mètres d'altitude et dépassent en hardiesse ceux des États-Unis.
La Bolivie, qui porte le nom du grand libérateur vénézuélien, tire ses meilleures ressources de ses mines d'argent(2), autrefois les plus riches du monde. Les autres produits importants sont le quinquina et le caoutchouc.
Le Chili s'étend sur une longue bande de terres le plus souvent arides, et n'en est pas moins une des républiques les plus prospères de l'Amérique du Sud.
Sa principale richesse consiste dans ses mines de cuivre, de salpêtre, d'argent et d'iode et dans la culture du blé.
L'étendue de ses côtes favorise d'ailleurs le développement de son commerce qui intéresse surtout l'Angleterre, l'Allemagne et la France.
(1) Excréments d'oiseaux marins, accumulés sur la côte et les îles voisines, qui forment un engrais excellent. Les (Illinois sont employés, en grand nombre, à l'exploitation du guano.
(2) L'extraction des autres métaux représente l/G de la valeur de ces ressources.