RESUME DE LA TUNISIE
Relief du sol. — Montagnes de Kroumirie (1,020 m.). —Les Hamadas (1,363 m.). — Djebel Zaghouan.
Ecoulement des eaux. — Medjerda grossie de l'oued Melb'yue.
Population. — 1,500,000 hab.
Caractère de la région. — Agricole.
Mêmes produits que l'Algérie. La Tunisie est sous le protectorat de la France.
Villes principales. — Tunis (1-S5) avec son port de In Goulette. — Eairouan, le Kef, villes saintes, Bizerte, Sousse et Gabès, ports.
DÉTAILS COMPLÉMENTAIRES SUR LES RÉGIONS DE L'ALGÉRIE
Le Tell. — Les montagnes du Tell sont supérieures, comme altitude, à celles du centre de la France, mais leur massif le plus élevé n'atteint pas la moitié de la hauteur du mont Blanc. Elles forment, dans leur ensemble, une série de ridesparallèles à la côte, et toutes les
eaux s'écoulent vers la mer sous la forme de rivières torrentueuses qui, fraîches et toute bruyantes de cascades dans la montagne, jaunissent et se dessèchent dans les vallées et les plaines, où les cours d'eau ne mo ntrent souvent, dans la saison sèche, qu'un t de sable et de cailloux. Pendant la saison des pluies, les rivières ont, au contraire, un abondant débit.
Le Tell, avons-nous dit, est le grenier et le cellier de l'Algérie. La culture des céréales est, en grande partie, entre les mains des Kabyles et des Arabes qui produisent surtout du blé dur, très apprécié dans la fabrication des pâtes dites d'Italie, et de l'orge. La vigne est plus particulièrement cultivée par les Européens.
Ees hauts plateaux. — L'altitude i\f> hauts plateaux est de 800 à 1,100 mètres. Ils sont fertiles dans la province de Constantine, dans le Hodna (région à cheval sur les deux provinces de Constantine et d'Alger), et sur quelques autres points; mais, en général, les hauts plateaux sont incultes.
L'alfa, sorte de jonc herbacé, est la seule plante, qui se soit accommodée jusqu'à ce jour
AF.r.ÉRIF-TUNISIE.
de la sécheresse des sables; elle forme d'immenses plaines roussies ou verdoyantes, suivant la saison (7/10 de la surface des hauts plateaux).
L alfa est employé dans la confection de la sparteric, dans la fabrication du papier et du carton (en Angleterre principalement).
Les ebantiers principaux d'alfa sont près de Saïda, Méchéria, El-Aricha (dép. d'Oran), — près de Boghar, Djelfa, Bou-Sada (dép. d'Alger), — près de Batna (dép. de Constantine).
E«e Sahara. — Ou se représente quelquefois !c Sahara comme formé d'immenses plaines de sables; il n'en est rien. Cette région, a la vérité, possède d'immenses plaines, mais aussi des montagnes, des rochers et des plateaux : c'est une région très accidentée en certains endroits. Le caractère 'commun à toutes ces parties est une aridité générale, par suite du manque d'eau.
Cette région est habitée par des groupes
nombreux de tribus nomades et, la plupart du temps, rivales au point de, vue politique et religieux. Le Sahara est parsemé de ksours (au singulier ksar), qui sont des villages généralement pourvus d'une enceinte de terre ou de pierres. Autour de chaque ksar, s'étend un terrain plus ou moins vaste, propre à la culture, arrosé par l'eau des sources ou des puits, et couvert de dattiers (1), qui constituent sa principale production. Cette portion de terrain arrosée porte le nom d'oasis; elle est, elle-même, protégée par des murs crénelés.
Les ksours forment des points de repère pour les tribus nomades. Chai nue d'elles en a deux ou trois pour emmagasiner ses grains et ses réserves de provisions.
Avenir de l'élevage en Algérie. — Il existe en Algérie, pour l'élevage du wom/o«, des
(1) Chaque arbre produit do 0 * le kiiogr. de dattes eu S ou 10 régimes.
Gravé par A Soldan 2 18. Boul Raspad
ressource.- telles que, bien conduite et encouragée, cette industrie pourrait approvisionner Paris et une grande partie de la France, et produire à assez bas prix pour chasser les Allemands de nos marchés.
On a calculé qu'il serait facile d'entretenir, sur les hauts plateaux, plus de 20 millions de moutons, et d'en livrer au moins 3 millions à l'exportation, ce qui suffirait largement à nos besoins.
Malheureusemeut les indigènes nianqueul d'abris pour leurs animaux et l'hiver fait, en moyenne, de 30 à 50 pour 100 de victimes dans les troupeaux
Ce serait donc uuc mesure patriotique que d'encourager les indigènes à construire des abris et à y rassembler des fourrages et des grains. Il faudrait, en outre, creuser de nombreux puits et faire quelques barrages pour créer des réservoirs.
LA FKANCE.
75. — Zone méridionnlo de hauteurs. — La Montagne Noire doit son nom aux forêts qui garnissaient autrefois -a crôte et dont elle n'a rien gardé.
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Rello-Hc s^
Elle culmine au 3 ii) m.) donl les trois mamelons recouverts de bruyères pierreuses dominent la bai^ de Douarnenes.
Delà Montagne Noire aux laudes de Lanvaux, la ligne des hauteurs est mal définie. Mais les laudes de Lanvaux (175 m.), doublées de celles de Grand-Champ, forment un bourrelet nettement accentué. Les bruyères y sont parsemées de petits bois de pins et de chônes.
Au delà de la Vilaine, la ligne des hauteurs se prolonge par le sillon de Bretagne, sorte de croupe uniforme, revêtue do fougères (89 m.).
Entre ces hauteurs et Saint-Nazaire se trouvent les marais de Donges et les brières. Ces marais forment un golfe en hiver; on y élève la sangsue. Les brières sont des prairies tourbeuses : la plus grande, la Grande-Brière, occupe 8,000 hectares de terrain et se trouve à l'altitude de 3 mètres. C'est, suivant les saisons, une prairie où paissent les troupeaux de moutons et d'où l'on extrait de la tourbe, ou bien une étendue d'eau sans profondeur.
On rencontre enfin, de l'autre côté de la Loire, les hauteurs de Gàtine qui culminent au mont Mercure (285 mètres). Ce nom de Gàtine, donné autrefois à toute la contrée, s'explique par la pauvreté de ce terrain granitique, à peine recouvert d'une mince couche de terre végétale,
iùmn, Niort JaRoehelIe
par les maigres cultures et l'étendue des friches. 11 ne s'applique aujourd'hui qu'à l'arête centrale des hauteurs.
Bocage Vendéen. — A l'est et à l'ouest de la crête, la région accidentée, formée par les rameaux de ces hauteurs de Gàtine, porte le nom de Bocage Vendéen. C'est ce qui fait souvent désigner toute la région sous ce dernier nom, sans tenir compte de l'ancienne appellation conservée à l'arête centrale.
Le Bocage est une des contrées les mieux caractérisées et mérite une attention spéciale à ce point de vue.
11 est formé de collines arrondies ou de croupes
sillonnées d'un nombre infini de ruisseaux qui naissent des eaux de pluie fort abondantes en cette région. Ne pouvant s'infiltrer dans le sol granitique, ces eaux ruissellent de tous côtés, ou f^ réunissenten mares dans les creux de laroche.
Ce nom de Bocage vient de ce que le pays a l'aspect boisé et pittoresque sans être forestier. Cet aspect, il le doit, comme le pays de Caux, à la multitude des enclos formés de levées de terre, sur lesquelles le coudrier et l'aubépine forment de larges ceintures entremêlées de châtaigniers et de chênes.
On peut circuler longtemps, sans avoir d'autre horizon que les haies d'arbres qui bordent le chemin suivi.
Ce caractère se retrouve dans certaines parties de la Bretagne.
Le Bocage, essentiellement propre à la guerre de partisans, fut le refuge des royalistes pendant les guerres de Vendée.
Les champs de cette région ne donnent que de médiocres récoltes; mais la taille des animaux, qu'on élève dans les enclos, témoigne de la bonne qualité de l'herbe des prairies.
Au sud-ouest du Bocage, du Lay à la Sevré Niortaise, s'étend la Plaine, région à peu près plane, mais toujours d'un parcours difficile, avec ses champs morcelés de haies épaisses et son sol argileux, qui rend les chemins impraticables une partie de l'année.
Enfin, la région qui borde la côte porte le nom de Marais, en face des îles de Noirmouticr et de Ré. Nous avons eu occasion d'en parler en décrivant les côlej.