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RÉGION DU JURA

ridional ou Jura proprement dit, de Pontarlici jusqu'au delà du Rhône.

91. — Jura septentrional ou plateau Séquanais. — Il forme une région riche, bien cultivée, excepté vers l'est, et pourvue de nombreuses voies de communication.

Le Lomont, élevé de 500 mètres au-dessus de la plaine, termine au nord le plateau Séquanais; c'est une des rares crêtes dirigées de l'ouest, à l'est, que le Doubs traverse à Pont-de-Roide. Le Lomont est prolongé en Suisse par le mont Terrible (998 mètres).

Ce plateau Séquanais, avec la sombre verdure de ses bois de sapins, qui lui donnent l'aspect d'un paysage du nord, forme un vif contraste avec la Côte d'Or, dont les coteaux blanchâtres, placés à la même latitude, font déjà songer aux pays méridionaux.

Au pied de ce plateau, la forêt de Chaux (chênes, hêtres et charmes) couvre tout l'espace compris entre le Doubs et la Loue.

De ce côté, les terrasses duJura n'ont guère que 450 à 500 mètres d'altitude, mais elles s'élèvent graduellement jusqu'à atteindre de 1,200 à 1,500 mètres, au delà du profond couloir suivi par le Doubs.

Près de Pontarlier se trouve la cluse du Doubs, entre lamontagnc du Lannonl (1,32G mètres) et la montagne du Laveron (1,120 mètres). Pontarlier est relié par route et voie ferrée : l» avec Neuchâtel (par le val Travers); —

2° avec Lausanne ( par le col de Jougne).

93. — Jura méridional ou Jura proprement «lit. — On distingue dans cette partie : de bautes chaînes bordières à l'est, des plateaux au nord-ouest, et d'étroites vallées au sud-ouest, entre l'Ain et le Bhône.

Une chaîne continue s'élève du col de Jougne

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au Rhône (Bcllegarde) ; on y remarque les sommets importants dont les noms suivent : la Dent de Vaulion (1,486 mètres), le mont Tendre (1,080 mètres), la Dôle (1,678 mètres), le Crêt de la Neige (1,723 mètres), point cul-

DÉTAILS COMPLÉMENTAIRES SUR LES MONTAGNES DE LA FRANCE

minant de tout le système, le Reculet (1,720 mètres), et le Grand-Crédo (1) (1,624 mètres). Elle est longée, à l'ouest, par une longue dépression formée de la vallée de Joux (où l'Orbe prend sa source et forme les deux lacs des Housses et de Joux) (2), — de la vallée des Dappes — et de celle de la Valserine.

Les deux routes principales du Jura méridional sont, en dehors de celles de Pontarlicr : la route du col de Saint-Cergues, de Champagnole à Ni/on, par les Rousses, — et celle du col de la Faucille, de Saint-Claude à Genève, par Gex.

Uue seconde chaîne, parallèle à la première, est marquée par le Noirmont (1,230 mètres), et le montRisoux(l,479mètres);puisil n'yaplus,

(I) Le Grand-Crédo est traversé, dans un tunnel, par le chemin de fer de Genève à Lyon.

(21 Le cours de l'Orbe est souterrain sous la Dent de Yaulion.

vers l'ouest, que des plateaux profondément entaillés ou quelques arêtes sans grande importance.

Au sud de la voie ferrée, de Bellegarde à Nantua, commence une autre chaine continue, véritable muraille que baigne le Rhône jusqu'à Culoz, et qui se prolonge au delà du fleuve, le long du lac du Bourget. On y remarque le sommet du Grand-Colombier (1,534 mètres) qui domine Culoz et la dépression utilisée pour le passage du chemin de fer de Genève à Lyon.

A l'ouest de la grande chaîne, se trouve le val Romeij, puis d'autres arêtes parallèles, qui forment entre elles d'étroites vallées et des gorges pittoresques. Enfin, plus à l'ouest encore, s'étend le plateau de la Dombes, avec ses nombreux étangs.

93. — I^acs du Jura. — La plupart des plateaux jurassiques sont perméables et laissent filtrer les eaux, de sorte que certains villages sont

obligés d'avoir recours à des puits et à des citernes. Les eaux de pluie filtrent donc jusque vers les fonds de vallée, où elles donnent naissance à de petits lacs, quand le sol y est imperméable.

Ces lacs affectent différentes formes : les lacs de vallée soutirés allongés et généralement peu profonds ; tels sont, par exemple, le lac de Jou.r, traversé par l'Orbe, et celui de Saint-Point, formé par le Doubs. — Les lacs de cluse, les plus pittoresques, sont compris entre des parois aliruptes; le lac des Brenets (vallée du Doubs) et le lac de Nantua sont des lacs de cluse. Ce dernier est longé par le chemin de fer de Bourg à Genève, qui suit une série de cluses et de défilés jusqu'à Bellegarde. — Enfin, les lacs de combe, aux parois escarpées, affectent quelquefois la forme d'un entonnoir : le lac de C/iâlin, qui se déverse dans l'Ain, est un lac de combe.

94. — Alpes de §»;ivoie. — Dans les Alpes, en général, on considère, dans le sens de l'est à l'ouest, la zone alpine, zone des hautes montagnes ou des Alpes proprement dites, — et la zone subalpine (i), zone des massifs secondaires. Ainsi, les Alpes de Savoie ont deux massifs (le mont Blanc et la Vanoise), dans la zone alpine, — et, dans la zone subalpine, elles comprennent ceux des Pranses, des Bornes, des Bauges et de la Grande-Chartreuse.

95. — Massif du niont Blanc. — Ce colosse de grain t (point culminant 4,810 m.) pourrait, avec les seuls glaciers qui surplombent la vallée de Chamonix, alimenter, pendant cinquante jours, le Rhône tel qu'il coule à Arles.

Ce massif est limité : au sud-ouest, par le chemin du col du Bonhomme, à 2,465 m. d'altitude, de Bourg-Saint-Maurice à Sallanc/ies, et par celui du col de la Seyne, de Bourg-Saint- Maurice à Courmayeur ; — au nord-ouest, par le chemin du col de Balme (2,200 m.), de SallancheskMartigny ; — à l'est, par la route, en partic muletière, du grand Saint- Bernard (2,472 m.) et le chemin du val Ferret (2,492 m.), de Martigny à Courmayeur.

De Bourg-Saint-Maurice, la route carrossable qui conduit en Italie traverse le petit Saint- Bernard (2,192 m.).

Le massif du mont Blanc ne donue naissance qu'à deux rivières importantes : YArve, versant français, la Doria Baltéa, versant italien.

96. — Massif de la Vanoise. — Il s'étend entre la vallée de la Tarentaise (Isère), au nord, et celle de la Maurienne (Arc), au sud.

Ces deux vallées, la seconde surtout, sont formées d'une succession de gorges étroites et de petits bassins plus larges. Le déboisement les a ruinées comme la plupart des vallées des Alpes. On y voit en terrasses quelques champs de seigle, d'orge et d'avoine. Le climat est cependant moins rude vers l'ouest; on y trouve de la vigne et du blé.

Le massif de la Varoise (3,G00m.) est couvert de glaciers dans sa partie orientale, comme la

(1) Les massifs de cette zone, sans avoir l'aspect imposant des hautes Alpes, ont un caractère original. Ils présentent, en général, des entassements prodigieux de roches, des escarpements à pic, de nombreux torrents a cascades, tombant des forêts, des plateaux et des ravius supérieurs.

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