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REGION DES PYRENEES

85. — lies Pyrénées comparées aux Alpes. — Quoique inférieures aux Alpes, comme altitude, les Pyrénées ont un aspect plus imposant, parce qu'elles émergent brusquement de la plaine, tandis que les Alpes se composent de massifs étages, ce qui diminue leur hauteur apparente.

Les glaciers sont plus rares et, en général, plus élevés dans les Pyrénées que dans les Alpes : cela tient à l'existence d'un vent chaud du sud, vent d'autan qui fait fondre les neiges mieux que les rayons du soleil.

Les pentes sont également plus raides et plus dépouillées de bois et de prairies que dans la masse alpestre. Cette observation est surtout juste pour le versant espagnol, car il existe presque partout un contraste frappant entre les deux versants : d'un côté (France) sont les neiges, les eaux courantes, les forêts et les prairies, de l'autre (Espagne), les chaos de rochers nus et les ravins arides.

86. — Pyrénées orientales . — Du cap Cerbère à la source du Tech, les Pyrénées orientales portent le nom particulier de monts Albè-

res. Ce sont des montagnes âpres et rocheuses de 500 à 1,200 mètres, avec un versant très raide du côté de la France.

Elles sont traversées : par la voie ferrée de Port-Vendres à Figuières, par une seule grande route, celle du col de Perthus (290 mètres d'altitude) de Perpignan à Figuières, et par un certain nombre de chemins muletiers.

La partie des Pyrénées comprise entre la source du Tech et le col de la Perche, quoique inférieure à 3,000 mètres, est une des plus âpres et des plus difficiles à franchir. Cette

DÉTAILS COMPLÉMENTAIRES SUR LES MONTAGNES DE LA FRANCE

chaîne détache, sur le versant français, le massif du Canigou dont le sommet isolé a 2,785 mètres, et qui couvre toute la région entre le Tech et la Têt. Ces deux rivières sont ellesmêmes resserrées dans d'étroits défilés.

A l'est du Canigou, commencent les Aspres, c'est-à-dire le pays montueux et difficile qui s'étend jusqu'à la plaiue du littoral. Les Aspres méritent leur nom par l'aridité des hautes collines pierreuses (200 à 7(0 mètres) ; mais partout où les pentes sont cultivées en vignes, la terre donne d'excellents produits.

Du côté espagnol, la partie des Pyrénées que uous étudions détache un long contrefort qui, sous le nom de sierra de Gadi, resserre la Sègre sur la rive gauche.

Le Puigmal (2,9(>9 mètres) domine, au sudest, la profonde dépression où passe une des grandes routes de France en Espagne, entre Mont-Louis (place forte française) et Puycerda (citadelle catalane). Le col de la Perche qui donne passage a cette voie est une profonde entaille dans le granit, à 1,622 mètres d'altitude.

Le tracé de la frontière est assez bizarre en cet endroit. Les sources de la Sègre, rivière espaguolc, sont françaises, et le petit territoire de Llivia, sur la Sègre orientale, forme une enclave espagnole.

Au nord du col de la Perche se dresse le massif auquel le pic de Carlitte (2,920 mètres) a donné son nom.

s ; Massif de Carlitte. — Corbières.

— Entre les sources de l'Aude et de l'Ariège se dresse, sur un plateau rocheux, le massif de Carlitte dont le pic le plus élevé atteint 2,920 mètres et qui n'offre aux regards que des blocs de granit, des éboulis couverts d'une herbe rare et des lacs élevés.

C'est de la base de ce massif que coulent : en France, la Têt, Y Aude et certains affluents de YArièy, — en Espagne, une des branches de la Sègre. Sur trois de ses côtés, il est longé par des routes importantes : r route de Puymorens, entre Ax et Puycerda (Ariège et Sègre) ; — 2° route du col de la Perche, entre Puycerda et Mont-Louis (Sègre et Têt) ; — 3° route du col de la Quillanne. entre .Mont-Louis et Quillan (Tèt et Aude',

A l'est de ce pic, les montagnes s'abaissent et

forment de hauts plateaux granitiques dans lesquels les rivières se sont creusé des ravins.

L'Aude coule ainsi dans des gorges étroites jusqu'à Quillan.

C est à cette hauteur (exactement au col de Saint-Louis, qui conduit de Quillan à Perpignan) que finissent les Pyrénées proprement dites.

Au nord de cette route s'étend la région des Corbières qui couvrent tout l'intervalle entre l'Aude et le littoral. C'est une masse confuse de montagnes dont le point culminant est le puy de Bugnrach (1,231 mètres) et qui n'ont plus que 600 mètres vers l'Aude inférieure (mont d'Alaric). Les Corbières sont dépourvues d'ombrages et d'eaux vives en beaucoup d'endroits ; elles sont difficiles à traverser eu été, quand la pierre blanche reçoit les rayons du soleil. La multiplicité de leurs chaînons et leur àpreté sont telles, que ces montagnes ont longtemps servi de frontière entre la France et l'Espagne.

Au nord du pic de Carlitte se trouvent des hauteurs dont l'altitude décroit jusqu'au col de Naurouze. La plupart des géographes donnent encore à ces montagnes le nom de Corbières occidentales ; mais ce terme est inexact. La dénomination de Corbières appartient en propre au massif bien caractérisé qui s'étend entre la Têt et l'Aude, et nous n'avons aucune raison pour conserver ce terme conventionnel aux montagnes entre l'Aude et l'Ariège.

Ces hauteurs forment un système de chaînons parallèles à la chaîne-mère, qui s'étend de l'Aude à la Garonne, et qui sera étudié sous le nom de petites Pyrénées.

88. — Pyrénées ariégeoises. — Petites Pyrénées. — Les Pyrénées ariégeoises, sans être les plus élevées, sont les plus difficilement franchissables. Leurs sommets principaux sont le pic de Montcalm (3,0^7 mètres) et le mont Vallier (2,839 mètres), visible de Toulouse.

Au sud de l'Ariège, sur le versant espagnol, s'étend le val d'Andorre, arrosé par un affluent de la Sègre et limité par d'épais contreforts. C'est là le territoire de la petite république d'Andorre

Les petites Pyrénées sont formées de chaînons alignés et se faisant suite avec plus ou moins de régularité. Il existe deux alignements assez bien définis.

Le plus voisin de la chaine-mère est irrégulier, couvert de forêts, et renferme des sommets d'une grande hauteur ; le point culminant est le pic de Tabe (2,349 mètri s ,

Le plus septentrional et le plus régulier porte le nom de chaîne du Plantaurel (5( 0 à Gi'O m.) et s'étend de l'Aude jusqu'à la Garonne, traversé par l'Ariège et les autres rivières du pays. Ses hauteurs sont nues et monotones.

89. — Pyrénées atlantiques. — Le val d'Aran, qui sépare les Pyrénées méditerranéennes des Pyrénées atlantiques, est un terri toire espagnol, et cependant il est ouvert du côté de la France, tandis que les hautes montagnes le ferment à l'Espagne.

Les Pyrénées atlantiques comprennent les deux parties suivantes : 1° hautes Pyrénées, du val d'Aran au picd'Anie; — 2° Pyrénées (Ulnnliques proprement dites, du pic d'Anie au col de Bélatte.

Les hautes Pyrénées renferment les sommets les plus élevés de toute la chaîne. Le massif le plus important pst celui de la Maladetta ou des monts Maudits, en Espagne, où se dresse le géant des Pyrénées, le pic de Néthou (3,404 mètres).

Mais la partie la plus pittoresque est aux sources du Gave de Pau, avec le mont Perdu (3,3ô2 mètres) sur le versant espagnol, les cirques (1) de Gavarnie, de Troumouze, le cylindre de Marboré (3,327 mètres) et la brèche de Roland (1,801 mètres), du côté de la France. Le cirque de Gavarnie est moins vaste, mais plus imposant que celui de Troumouze. Ses parties les plus basses sont à 1,400 mètres d'altitude, et ses parois forment, en plusieurs endroits, des escarpements de 1,700 mètres. A la fonte des neiges, il se produit des cascades de plus de 400 mètres de hauteur.

Plus à l'ouest, on rencontre le Vignemale (3,298 mètres), le sommet le plus élevé du versant français, le pic du Midi d'Ossau (2,885 mètres), à l'ouest duquel passe un bon chemin par leSo»i;DoW(d'01oron à Jacca), enfin le pic d'Anie (2,504 mètres).

(1) Cirques, grands espaces à peu près circulaires, limités par des montagnes, et dont le fond est plus ou moins irrégulier.

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LA FRANCE

Plus au nord, s'' dresse l'immense cône du pic du Midi de Bigorre (2,871 mètres), qui porte, à 2,866 mètres, un observatoire météoro logique, et dont un lac alimente l'Adour par un canal souterrain.

Le contrefort le plus importanl des hautes Pyrénées s'étend entre le (lave de l'an et la Neste. C'est d'abord le massif de Néouvielle, dont le poinl culminant est le pic Long (3,194 mètres). Les Bommets neigeux y dominent de nombreux lacs cachés dans les sapins, et l'un de ces lacs a été transformé en un réservoir d'été pour la Neste, au moyen d'un barrage qui a élevé son niveau de 17 mètres.

Le pic du Midi de Bigorre est séparé du massif de Néouvielle par la vallée de Darèges et par la dépression du col du Tourmalet (2,122 mètres), par où passe la route de Barèges à Campan. Au nord-est de la haute vallée de l'Adour se dressent encore des sommets de 1,600 à 1,900 mètres; mais la hauteur diminue rapidement et les montagnes font place à un immense plateau, en partie inculte, d'où s'échappent en éventail, dans des ravins, les ruisseaux qui vont à la Garonne ou à l'Adour. C'est le plateau de Lannemezan dont le point culminant a G70 mètres.

Il se prolonge à l'ouest, entre l'Adour et le Gave de Pau, par un plateau raviné de même nature, de 150 à 200 mètres, qui porte le nom de plateau de Lambeye et se termine par les collines de la Chalosse, partie fertile où les flancs sont tapissés de vignobles et où le froment et le maïs couvrent des champs magnifiques.

A l'est et au nord-est de l'Adour, le plateau de Lannemezan se prolonge par les collines terreuses de l'Armagnac qui ne dépassent guère .100 à 350 mètres.

Massif de

P. Ion* éouvielïs^

waite de Troumouze

Puis les collines font place, vers l'ouest, aux grandes étendues; ce sont les Landes.

Le pic d'Anie est le dernier sommet important des Pyrénées. La hauteur descend rapidement au-dessous de 2,000 mètres ; elle est, en moyenne, de 1,100 mètres vers la Bidassoa. Les montagnes y sont couvertes de belles forêts, sur le versant français; mais les bons chemins sont toujours rares.

On trouve cependant trois chemins partant de Saint-Jean-Pied-de-Port, dont le meilleur est celui qui passe dans le val espagnol, dit val Carlos, au col de Roncevaux (car en cet endroit les deux versants sont espagnols) et aboutit à Pampelune. Ce chemin est en partie carrossable. La vallée des Aldules, à l'ouest de Saint-Jean-Pied-de-Port, est mise en relation avec Pampelune par deux chemins muletiers. Cela constitue une voie très directe entre Duyonnc et Pampelune, et il est toujours question d'y faire passer une voie ferrée.

Plus à l'ouest encore, se trouve la grande route de Bayonne à Pampelune. Elle traverse, au col de Maya, les hauteurs qui séparent la Nivelle de la Bidassoa, descend la vallée de Bazlan (vallée de la Bidassoa supérieure) par Elizondo, et franchit la chaîne principale au port ou col de Bélatte (870 mètres).

Les Pyrénées détachent, entre la Bidassoa et la Nive, un contrefort qui constitue, en partie, notre frontière. La direction est d'abord du sud au nord, puis de l'est à l'ouest, où se dresse le sommet important de la Rhune (700 mètres). C'est entre les dernières pentes et la mer que passe la voie ferrée de Bayonne à Saint-Sébaslien.

90. — Jura français. — Au sud du ballon d'Alsace, s'étendent des plaines élevées (320 mèt ces) qui constituent la trouée de Belfort ou col de Valdieu, passage naturel des voies de terre, de fer et d'eau (canal du Bhône au Rhin). Belfort esl la grande place forte qui défend cette voie d'invasion. Plus au sud commence le Jura français dont le système s'étend jusqu'au Rhône cl même au delà.

Avec ses chaînons parallèles, ses hautes arêtes montagneuses du côté de la Suisse, le Jura semble avoir été pressé, plissé, lors des grandes convulsions géologiques, par une force venant du sud-est. Mais la régularité du Jura n'apparaît que sur la carte, où l'œil peut en embrasser l'ensemble. Dans la nature, il est difficile de retrouver le parallélisme des chaînons, au milieu du désordre apparent des groupes. Cette observation s'applique d'ailleurs à tout système montagneux.

Les versants des chaînes sont généralement couverts de sapins (I); les plateaux, presque partout d'un climat rude, sont dénudés et souvent tourbeux ou marécageux. Mais ils offrent aussi de gras pâturages, entretenus par l'humidité de l'air et la nature calcaire du sol.

Les habitants du pays se servent de ces pâturages suivant l'ancienne coutume : toutes les vaches d'un même district paissent en un seul troupeau, et les gens appelés « fruitiers » fabriquent les fromages pour tous les propriétaires à la fois; la répartition se fait ensuite.

On peut considérer deux parties dans le Jura : 1° Jura septentrionnl ou plateau Scquanais : on appelle ainsi la région comprise entre les deux branches du Doubs et limitée, au sud, à la hauteur de Poligny cl de Pontarlier; — 2" Jura mé-

(1) Les sapinières de la haute Joux, entre Arl'ois et Pontarlier, fournissent encore les plus beaux sapins de l'liurope.

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