Invasion par la Flandre
— L'exemple des alliés violant la neutralité de la Suisse, en 1814, nous montre ce que vaut cette qualité d'un pays. Aussi, quoique la Belgique soit neutre, nous devons prévoir le cas où l'invasion se produirait par la Flandre. Elle serait tout d'abord gênée par le camp retranché de Lille. Ces défenses tournées ou masquées, l'armée ennemie s'avancerait entre la mer et l'Oise, dans une région relativement étroite, par rapport aux énormes effectifs mis sur pied de nos jours. Elle aurait, sur son flanc gauche, les positions la Fère-Laon-Reims, d'où une armée pourrait déboucher, et, devant elle, la ligne de la Seine, obstacle sérieux, ainsi que les défenses formidables de Paris.
Ajoutons que cette marche de l'ennemi aurait besoin d'être appuyée par la présence d'une flotte que la flotte française pourrait mettre en déroute.
115. — Invasion par la trouée entre lllauneuge et Verdun. — Dans cette direction, l'ennemi aurait devant lui la zone fortifiée de seconde ligne la Fère- Reims. S'il tentait de passer entre Reims et Verdun, l'armée de la défense trouverait d'excellentes positions sur les coteaux de la Brie champenoise, qui auraient reçu des fortifications dès le début de la campagne. Enfin, plus en arrière, se trouveraient Paris et ses défenses.
lie. — Invasion par la trouée entre Toul et Spinal. — Si l'armée ennemie réussissait à s'engager dans cette direction, elle irait encore se heurter aux positions des coteaux de la Brie champenoise et à Paris.
Si, évitant Paris, elle voulait marcher vers Orléans ou Bourges, elle devrait passer entre les coteaux de la Brie et le camp retranché de Langres, — et les lignes de l'A ube, de la Seine et de l' Yonne offriraient à nos armées de bonnes positions de défense.
111?. — Invasion par le Jura. — La région frontière présente d'excellentes positions naturelles et pour l'invasion, en présence d'une nombreuse armée française, des difficultés telles qu'on n'a pas jugé à propos d'augmenter les fortifications de ce côté.
L'ennemi devrait d'abord violer la neutralité de la Suisse. S'il voulait marcher sur Paris, après avoir battu nos armées, il trouverait devant lui la ligne du Doubs et les camps retranchés de Besançon et de Dijon, et plus en arrière, celui de Langres.
S'il prenait Orléans ou Bourges comme objectif, il faudrait s'engager dans un pays difficile, passer au sud du Morvan, où l'armée de la défense prendrait position, sur le flanc de l'adversaire.