Invasion par les Alpes
— Les voies d'invasion, en pays de montagnes, sont très désavantageuses pour les grosses armées, qui ne peuvent s'étendre et sont obligées de suivre le fond des vallées. Le moindre petit fort bien placé est un obstacle sérieux, qu'il faut souvent enlever, avant d'aller plus loin.
Une armée ennemie qui entrerait par les Alpes, pourrait prendre la haute vallée de l'Isère ou celle de l'Arc, et marcher sur Grenoble et Lyon, deux centres 'redoutables de résistance. Ou bien, évitant ces deux camps retranchés, elle chercherait à passer par Annecy et Chambéry, avec Bourges ou Orléans comme objectif. Elle ne trouverait
pas, il est vrai, de sérieuses fortifications pour lui barrer la route, mais le pays très accidenté, le Rhône et la Saône à traverser, offriraient d'excellents moyens de défense pour les armées françaises.
L'autre route d'invasion, par l'intérieur des Alpes, est celle de la Durance, que barre, à l'origine, le camp retranché de Briançon. L'armée ennemie qui s'y engagerait ne pourrait avoir que Marseille et Toulon comme objectifs. En admettant qu'elle puisse entrer malgré Briançon, on remarquera qu'elle trouverait difficilement à vivre dans les Alpes, et qu'elle pourrait enfin se trouver prise sans issue, entre Toulon et l'armée française. Il y a lieu de remarquer également la direction divergente des deux routes d'invasion, qui empêche l'assaillant de combiner ses efforts sur un but unique.
Enfin, l'armée ennemie, maîtresse des forts de Nice, pourrait s'avancer en Provence, dans un pays pauvre et difficile {petites Alpes, Esterel, etc.) où l'armée française l'arrêterait facilement. Toulon serait un nouvel obstacle en seconde ligne. La progression de l'armée ennemie serait appuyée par une flotte, qui aurait elle-même à combattre la flotte française, et dont la défaite mettrait l'ennemi dans une position très critique.
11». — Invasion par les Pyrénées. — L'invasion par les Pyrénées ne peut se faire qu'aux deux extrémités du massif. Le danger n'étant pas à prévoir de ce côté, on s'est contenté des anciennes défenses. D'ailleurs, le pays lui-même et la direction des rivières, perpendiculaire à l'invasion, offriraient aux armées françaises d'excellentes positions de résistance.
1 £©. — Défenses des côtes. — Elle est assurée par les points fortifiés : places fortes, forts, batteries, barrages, estacades, torpilles, qui constituent la partie fixe, — et par des batteries flottantes, des chaloupes