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PRODUCTIONS ET CULTURES VEGETALES

I ««. — lies forêts. — Les forêts, débris de la flore primitive, ne couvrent plus que la sixième partie de la surface de la France (Russie, 38 p. 100; Scandinavie, 33 p. 100; Autriche-Hongrie, 30 p. 100). Les régions les plus boisées sont les montagnes et les plateaux de l'Est et du Nord-Est ; forêts des Vosges et de Chaux dans le Jura, celle-ci de plus de 10,000 hectares; forêt des Ardennes et forêt d'Argonne. Dans les plaines autour de Paris sont les grandes jjforêls : d'Orléans (38 000 hectares), de Compiègne (14,000 hectares), de Villers-Cotterets et de Fontainebleau. Dans les collines de Normandie est celle d'Ècouves.

L'exploitation des forêts fournit des bois de construction provenant des futaies (arbres àf^és d'au moins 40 ans), du bois de chauffage et du charbon de bois provenant des taillis (arbres de 7 à 40 ans). La résine se retire des pins maritimes : le liège est l'écorce du chêneliège. Les forêts appartiennent à l'Étal aux communes ou aux particuliers. L| déboisement déréglé, surtout dans le Massif Central, Dubail. — G. sup.

les Alpes et les Pyrénées, a amené la perle de la terre végétale par les eaux de neige et de pluie, et, par suite, la dépopulation de ces contrées.

Les lois de 1860 et de 1880 sur le re&oisement ont eu pour but de remédier à ces maux. On replante activement dans les Alpes et dans les Landes qui possèdent aujourd'hui 600,000 hectares de forêts de pins maritimes et de chênes.

15î« bis. — Cultures alimentaires.

— Les céréales sont la plus importante de nos cultures (257 millions d'hectolitres par an sur 3 milliards que produit le monde : États-Unis, 1,100 millions hectolitres; Russie, 440 millions; Allemagne, 260 millions). La céréale la plus répandue en France est le blé ou froment (108 millions d'hectolitres; États-Unis, 191 millions), cultivée sur la plus grande partie du territoire, mais plus particulièrement dans les plaines du Nord, dans celles de la Brie et de la Beauce, dans la Limagne, la Basse-Bourgogne, le Maine, la vallée moyenne de la Garonne. Le maïs, qui réclame des con-

ditions spéciales de chaleur, a deux zones , au sud-ouest, la Saintonge, Guyenne et Gascogne; à l'est, la vallée de la Saône. Les autres céréales sont l'avoine, le seigle, Vorge et le sarrasin : la culture de ces trois dernières a diminué à mesure qu'augmentait celle du froment. La pomme de terre tient une place considérable dans notre alimentation (125 à 140 millions d'hectolitres : Allemagne, 250 millions).

ifcG ter. — Culture** arborescentes. — La vigne est notre plus grande richesse après le blé, malgré les ravages d'un petit insecte originaire d'Amérique, le phylloxéra qui, pendant plusieurs années, a diminué notre production de près des trois quarts. Elle est aujourd'hui de 30 millions d'hectolitres en moyenne (Italie, 35 millions; Espagne, 25 millions) et tend à remonter depuis qu'on a remédié au phylloxéra par l'immersion des vignes malades ou leur remplacement par des plants américains. 11 y a cinq régions vinicoles principales : 1° le Bordelais avec les crus célèbres du Médoc, de Graves,

LA FRANCE

de Sainl-Émilion; -2" la Bourgogne avec ceux de la Cote-d'Or, du Maçonnais el du Beaujolais; 3° le Midi avec les deux groupes du Ijanguedoc el du Roussillon; 4° les Charentes, donl le centra esl Cognac, qui transforment en eaux de-vie la majeure partie de leurs vins forl diminués par le phylloxéra; 5° la Champagne, qui lubrique des vins mousseux recherchés dans le monde entier avec vignes des coteaux d'Épernay et de Reims.

L'olirirr, donl la zone est restreinte aux régions peu élevées du Midi méditerranéen, donne une récolte insuffisante pour nos besoins. Au contraire, le pommier à cidre qui couvre la Normandie et la Bretagne fournit ■);> millions d'hectolitres de cidre par an. Le fruit du châtaignier contribue à la nourriture des habitants de? pays montagneux. Les autres ordres fruitiers produisent une récolte annuelle estimée à HO millions de fi an

l 'S 1 . — Cultures industrielles. — La betterave est cultivée en grand dans le Nord (Flandre, Artois, Picardie) pour la fabrication du sucre et la nourriture des bestiaux (Fiance, 1 50 millions de quintaux métriques ; Allemagne, 320 millions). La culture des plantes textiles, le chanvre dans l'Ouest, Je lin dans le Nord et dans l'Ouest, est en décroissance. Le milrier, donl la feuille nourrit le ver à soie, ne croît que dans le Languedoc, la Guyenne et la Provence. La culture du tabac, dont la vente est le monopole de l'État, n'est autorisée que dans vingt départements et dans l'arrondissement de Belfort (225 à 230,000 quintaux, d'une valeur de 20 millions de francs). Le houblon, qui sert à la fabrication de la bière, est cultivé en Bourgogne, en Lorraine et en Flandre.

1*8. — I/élevage. — La France est un pays de grand élevage. Dans les pâturages où pousse sans culture une herbe clairsemée, on élève les moulons et les chèvres; dans

les prairies où poussent naturellement ou artificiellement le foin, la luzerne, le trèfle, le sainfoin, on élève les bœufs et les chevaux. Par l'emploi de l'assolement, on alterne sur le même terrain la culture des céréales et celle des plantes fourragères.

Les régions d'élevage du gros bétail (bœufs el chevaux) sont les pays au sol à la fois riche et humide, comme les plaines du Nord et de l'Ouest, ou les plateaux volcaniques de l'Auvergne.

Les principales races bovines qui fournissent du lait, de la viande, des peaux, sont : les races bretonne, normande, flamande, garonnaise (France 13 millions de bêtes à cornes; États-Unis, 53 millions; Russie, 23 millions; République Argentine, 22 millions).

Les principales races chevalines de selle, d attelage ou de trait sont celles : du Perche, de Flandre et du Boulonnais, de Bretagne, de Lorraine, de Normandie, du Limousin, de Tarbes, du Midi : environ 2,852,000 chevaux. Dans le Centre el le Midi on élève Vâne et le mulet.

L'i levage du mouton, qui donne lait, viande, laine, suif, peaux, est en décadence en France (21 millions de têtes) à cause de la concurrence de l'Australie (121 millions de moulons), de la République Argentine (80 millions), des États-Unis (45 millions). Les régions qui lui conviennent sont les terres maigres et sèches des Causses, des Landes, de la Crau, des Alpes de Provence, de la Champagne. Les chèvres (1,500,000), abondent dans la Corse, l'Ardèche, les Pyrénées. On élève des porcs dans toutes nos régions agricoles, sauf dans les montagnes (France 6 millions; États-Unis, 45 millions.)

139. — Pêche. — La pêche maritime fait vivre les populations côtières et expédie par le chemin de fer ses produits dans les grandes villes de l'intérieur. Principaux centres : pêche du hareng et du maquereau (Bou-

logne, Fécamp, Quimper) ; de la sardine (littoral breton). Élevage des huîtres (Courseulles, Cancale, Marennes, Arcachon).

13». — Production agricole. —

Les régions agricoles les plus riebes de la France sont : 1° la plaine du Nord (Flandre, Artois, Picardie) et de Y Ile-de-France (Beauce, Brie) cultivée en blé et en plantes industrielles (lin, betterave, houblon, tabac); 2° la Normandie, pay3 de prairies plantées de pommiers à cidre, qui élève en grand les bœufs et les chevaux ainsi que le Poitou ; 3° la vallée de la Garonne (Guyenne et Haul-Languedoc) riche en vins, en blés, en fruits, en bestiaux ; 4° la plaine du Bas- Languedoc avec ses nombreux vignobles; 5° la Bourgogne, avec les vins de ses coteaux, le blé et le maïs de sa plaine; 6° la Limagne d'Auvergne, aux riches cultures de blé, de betteraves, ses fruits et ses vins.

131. — lia crise agricole. — Maigre la richesse du sol français et la variété de ses produits, notre agriculture traverse une crise depuis plusieurs années. Cette crise, qui atteint aussi les anciens pays agricoles de l'Europe, esl due, en grande partie, à la mise en valeur rapide d'immenses territoires dans les deux Amériques, l'Inde, l'Australie, qui produisent des céréales, de la viande, de la laine en quantités énormes et à bon marché, et aussi aux ravages du phylloxéra qui fait bénéficier nos concurrents de la diminution de nos récoltes.

Outre les mesures de protection douanière et les encouragements de l'État, un des moyens les plus efficaces pour relever notre agriculture, c'est encore la diffusion des méthodes scientifiques(l), qui substituent à la routine l'exploitation rationnelle de nos richesses naturelles.

(1) L'agriculture est enseignée théoriquement et pratiquement à l'Institut agronomique de Paris fondé en 187G, aux écoles de Grignon (Seine-et-Oise), de Grand-Joumi (Loire-Inférieure) et de Montpellier, et dans plusieurs fermes-écoles. La sylviculture est enseignée à V École forestière de Nancy et à celle de Barres (Loiret

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