LES COLONIES
(Carte ri résumé, pages 10 et -il.)
le premier traité d'alliance avec l'Annam.
Le premier empire, tout rempli de nos guerres continentales, fut encore fatal à notre domaine colonial. En 1814, la France perdit Saint-Domingue, Tabago, Sainte- Lucie et l'île Maurice, occupée sous Louis XV.
L'époque contemporaine est caractérisée par le besoin d'expansion coloniale qui se manifeste chez toutes les nations européennes. On cherche partout des débouchés nouveaux au commerce et à l'industrie que la vapeur et l'électricité ont développés d'une manière inattendue; on cherche des pays d'exploitation et de consommation.
La conquête de l'Algérie commence à la fin du règne de Charles X; les premiers ports du golfe de Guinée et de l'Océanie s'établissent sous Louis-Philippe; enfin le second empire se signale par l'occupation de la Nouvelle-Calédonie et de la Cochinchine.
Mais c'est à la République que la France doit les possessions appelées au plus bel avenir, telles sont : la Tunisie, Madagascar, qui avait recouvré sous l'empire une quasi-indépendance, le Soudan, le Congo, enfin llndo-Chine (Tonkin et Annam).
169. — Conclusion. — Ainsi, la France a été à la tête du mouvement vers les colonies, comme elle est toujours en avant quand il s'agit de progrès. Elle possédait, au xve siècle, le plus vaste empire colonial du monde et l'aurait gardé, sans les fautes politiques de Louis XV et du premier Empire.
C'est là ce qu'on doit répondre à ce dicton si souvent répété : « les Français ne sont pas un peuple colonisateur ». Nous avons jadis
prouvé le contraire en enseignant aux autres peuples à coloniser, et le prouvons encore aujourd'hui en Algérie, en Tunisie, au Congo, en Indo-Chine.
Nous avons, il est vrai, des procédés de colonisation plus lents peut-être, mais plus humains que ceux des Anglais, et qui, dans tous les cas, écartent bien des dangers de révolte et de séparation.
Nous cherchons à élever jusqu'à nous les peuples conquis, à nous les assimiler en leur faisant apprécier tous les bienfaits de notre civilisation, sans apporter d'ailleurs de changement brusque dans leurs institutions. Les procédés anglais sont, au contraire, basés sur la violence, sur l'exploitation immédiate du pays et l'anéantissement progressif, mais sûr, de la race indigène.
168. — I<es colonies en temps «le paix et de guerre. — En temps de paix, les colonies doivent être un champ ouvert à l'activité des agriculteurs, des commerçants, des ouvriers de tous les corps de métier; — en temps de guerre, elles doivent être des éléments puissants de la défense nationale. Il leur faut pour cela une forte organisation qui les mette à même non seulement de se défendre elles-mêmes, mais encore de servir de points d'appui et de ravitaillement à nos flottes.
On doit remarquer, en effet, que dans le cas d'une guerre où l'Angleterre interviendrait, s'il serait possible de porter secours aux Antilles, la voie directe vers l'Extrême- Orient et l'Océanie serait interceptée par l'Egypte, Périm, Aden, Singapour et l'Australie.