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LES POLES

ques. les morses, les baleines ef bien d'autres variétés jusqu'aux Latitudes extrêmes; car,à 83°20\ point extrême atteint, un sondage à travers la glace a ramené des rmstacés et on ;i trouvé des saumons dans do petits lacs d'eau douce.

I ,atemp< irature descend à— 50netl'étédure *J mois, aussi le règne végétal est-il très pauvre. Dans les régions les plus favorisées, aucun arbuste, aucune plante ne s'élève à plus nV quelques centimètres. On y voit quelques saules et bouleaux nains; mais, en revanche, les mousses et. les lichens sont très abondants.

Ajoutons que le capitaine Nares a reconnu au Groenland deux gisements de houille formés d'arbres appartenant aux essences de nos climats, ce qui prouve qu'à une certaine époque le pôle a dû jouir de la température des zones tempérées.

196. — lia pèclie dans l'Océan glacial Arctique . — La chasse des animaux à fourrures et la pêche ont été les causes premières de l'exploration des régions boréales.

De la Norvège partent chaque année de nombreux bateaux qui vout pêcher les phoques et les morses autour des banquises du pôle. Ils en tirent de l'huile qui se consomme en Amérique et des peaux qu'on expédie en Chine.

Les chiffres suivants donneront une idée de l'importance de cette pèche. De 1871 à 1875, en Norvège, les pêches arctiques en pleine mer ont produit, pour les phoques 1,621,000 de francs, — pour les baleines 77,000 francs, — pour les requins et autres 200,000 francs.

Ce sont des pêcheurs norvégiens qui reconnurent la partie orientale du Spitzberg, la circum-navigation de la Nouvelle-Zemble, l'ouverture de la mer de Kara, etc.

19 9. — L'assaut du pôle et les routes pour l'atteindre. — A différentes reprises depuis plus de 30 ans, de hardis explorateurs ont tenté d'atteindre le pôle, ou du moins de s'en rapprocher le plus possible. Dans quel but?

En dehors de l'idée d'une mer libre qui aurait permis de passer, par une route très courte, de l'Océan Atlantique dans l'Océan Pacifique, idée qu'on ne saurait plus concevoir aujourd'hui, la science aurait un intérêt immédiat à connaître le Pôle.

C'est du pôle que viennent les grandes perturbations atmosphériques ou marines, qui causent les naufrages et ruinent nos récoltes. Quelle source inappréciable de renseignements serait un observatoire placé dans ce milieu !

Enfin il est intéressant d'étudier au pôle les phénomènes de Yélectrvitè et du magnétisme, la composition géologique de ces régions où se trouvent des restes d'animaux et de végétaux de nos climats.

On peut atteindre le pôle 1° par l'Atlantique directement, — 2° par le détroit de Smith, — 3° par le détroit de Bering en venant du Pacifique. C'est cette dernière route que préconisait notre compatriote Gustave Lambert, tué pendant la guerre de 1870-71 ; mais la banquise se présente presque aussitôt de ce côté, et la route parait peu praticable. L'expédition amé-

ricaine de la Jeannette s'y est perdue en 1882.

199. — Ii'assaut du pôle par l'Atlantique. — C'est par cette route que les explorateurs ont d'abord cherché à atteindre le pôle, et cependant le voisinage de la côte occidentale du Groenland est très dangereux : le régime des vents et de la mer y est très irrégulier et les courants chauds venant du sud rejettent, le long do cette côte, la plus grande partie de la débâcle des glaces.

La corvette française « la Lilloise » commandée par Jules de Blosseville s'y est perdue en 1833.

A la fin du siècle dernier, le baleinier écossais Scoresby était célèbre par ses voyages vers le pôle. De 1795 à 1814, dans ses chasses aux baleines et aux morses, il pénétra 15 fois jusqu'au 80° de latitude. En 1806, son fils atteignit 81°30'.

En 1827, un officier de la marine anglaise, Parry, prit la route du Spitzberg et poursuivit en traîneau son exploration au delà de cette terre. 11 atteignit le 83° de latitude.

Plus tard, le géographe allemand Peterman, croyant à la mer polaire libre, organisa deux expéditions dans cette direction, sous la conduite du capitaine Koldewey. La première (1868) n'eut aucun succès; les glaces l'empêchèrent même d'atteindre le Groenland; la seconde (1870) eut pour résultat la reconnaissance de la Terre du Roi Guillaume (nord-est du Groenland). Le lieutenant autrichien Payer, qui faisait partie de l'expédition, en profita pour faire l'étude des glaciers du Groenland.

199. — L'assaut du pôle par les détroits de Smith et de Roneson. — Les explorations de ce côté eurent pour résultat de forcer, au delà du détroit deRobeson, la mer qui baigne le nord du Groenland.

De 1853 à 1855, l'américain Kanes reconnut la côte occidentale du Groenland et atteignit une latitude de 81°22'. En 1860, l'américain Hayes atteignit 81°35'.

En 1871, l'américain Hall atteignit le Groenland septentrional et mourut sur cette terre qui depuis porte son nom. Une partie de l'équipage, brusquement séparée du navire, fut entraînée pendant 200 jours sur des glaçons en dérive. Les malheureux furent enfin aperçus et sauvés par un baleinier.

En 1875, le capitaine anglais Nares prit la même route et l'un de ses lieutenants Markham atteignit, après un voyage de 40 jours en traîneau, la plus haute latitude jusqu'à ce jour (83°20). Nares retrouva les papiers, les instruments et les provisions de l'expédition de Hall. Observation curieuse : un sac de blé ayant séjourné plus de 4 ans dans ces régions polaires fut rapporté en Angleterre. On sema les grains qui donnèrent presque tous des épis; il n'y eut de perte qu'une moyenne de 28 grains sur 100.

1 SO. — lie passage nord-ouest. — Depuis longtemps déjà les peuples européens ont cherché à abréger les routes conduisant dans l'extrême Orient.

La nouvelle des découvertes de Christophe Colomb avait fait croire que l'une de ces voies était trouvée et Jean Cabot, mar-

chand vénitien établi en Angleterre, eut le premier l'idée de chercher une route plus courte encore, en passant par le nord-ouest. Il se basait sur la rotondité de la terre et la diminution des distances en latitude dans le voisinage du pôle. Une expédition qu'il conduisit, en 1497, avec son fils Sébastien Cabot lui fit dépasser le cercle polaire et découvrir l'entrée du détroit de Davis; mais il recula devant la débâcle des glaces et découvrit à son retour Terre-Neuve, qu'il appela la Terre de la Morue.

En 1501, le portugais Gaspard Cortéréal découvrit le détroit d'Hudsonet, l'année suivante, périt dans ces parages, après une seconde expédition. Son frère Miquel voulut, en 1503, aller à sa recherche et se perdit dans les mômes conditions.

Sur ces entrefaites, le Portugal avait découvert le Brésil et toutes ses vues s'étaient reportées de ce côté. D'ailleurs, en 1518, le passage austral avait été découvert par Magellan, un portugais à la tête d'une expédition espagnole.

De 1585 à 1587, en trois campagnes, l'anglais Davis découvrit le détroit qui porte son nom. Au xvii0 siècle, les Danois prirent possession du Groenland méridional et l'anglais Hudson découvrit, en 1609, le détroit, conduisant à la mer à laquelle on a donné son nom. Hudson y fut lâchement abandonné par son équipage et périt misérablement. En 1636, l'anglais Baffin partit de nouveau à la recherche du passage tant désiré. L'association de marchands qui le commanditait était tellement sûre du succès qu'elle lui avait donné des instructions sur la conduite à tenir au Japon. Baffin s'avança jusqu'à la mer de ce nom et découvrit l'entrée des détroits de Smith et de Lancastre.

En 1631, l'anglais Fox découvrit le canal qui porte son nom, entre la mer de Baffin et l'île de Southampton, sans pouvoir allerplus loin; il revint après avoir exploré la mer d'Hudson.

La déclaration de l'amirauté anglaise (1743) promettant 500,000 fr. de récompense à celui qui découvrirait le passage nord-ouest ne donna lieu à aucune expédition sérieuse e I. les guerres du commencement du xixc siècle paralysèrent les entreprises.

La question fut reprise en 1818; mais l'expédition de Ross, qui s'était adjoint Parry, n'eut aucun succès. Boss rétrograda devant les glaces des détroits de Smith et de Lancastre, malgré les instances de son lieutenant qui, de retour en Angleterre, organisa trois nouvelles campagnes dans ces parages (1819, 1820 et 1821). Parry ne réussit cependant qu'à faire la circumnavigation de la terre de Baffin.

Ne pouvant trouver de passage dans la dédale des îles, le gouvernement anglais songea à utiliser le chenal qui devait exister entre le continent et l'archipel glacial. C'est par son ordre, en effet, que Franklin reconnut , de 1820 à 1825, à l'aide de traîneaux et de canots, le littoral nord américain jusqu'au fleuve Mackenzie. Cette reconnaissance fut complétée plus tard par celle des anglais Pullen et Hooper (1849 et 1850) entre le détroit de Bering et le Mackenzie,

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