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LE POLE SUD

Cependant Ross, cherchant toujours le passage plus au nord, avait, dans une campagne de trois ans (1829-1833), découvert la presqu'île Boothia-Felix, la terre du Roi-Guillaume (d'Angleterre) et plusieurs détroits.

En 1845, Franklin, alors âgé de 60 ans, reprit le commandement d'une expédition. Il était chargé par son gouvernement de déterminer exactement le chenal qui longe le continent américain en passant toutefois par le dé- ( roi t de Lancastre, au nord de la terre de Baffin .

Trois ansaprès, l'Amirauté inquiète etlady Franklin elle-même envoyaient, sans succès, six expéditions à sa recherche. Les trente navires qui, de 1848 à 1857, furent lancés dans ce but, firent la reconnaissance complète de l'archipel boréal. C'est dans l'une de ces expéditions que le lieutenant de vaisseau français Bellot perdit la vie. Les Anglais lui ont élevé une colonne de bronze à Greenwich (1).

En 1853, Mac-Clure et Kellet, partis l'un du détroit de Bering, l'autre de l'Atlantique nord, se rencontrèrent au milieu de la route ; niais le premier dut abandonner son navire. Ainsi, aucune embarcation n'a pu, jusqu'à ce jour, faire la circumnavigation complète de l'Amérique du Nord etl'ontpeut dire que, s'il est vrai que le passage nord-ouest existe, il est certain que c'est une route impraticable.

181. — lie passage nord-est. — Sébastien Cabot n'avait pas réussi dans ses voyages à la découverte du passage nordouest, il songea à chercher à communiquer avec Ja Chine par le nord-est. Devenu « grand pilote du royaume d'Angleterre », il fit partir,

(1) C'est Hobson et Mac-Clintock qui devaient Irouver, ru 1878, les restes de Franklin. Deux notes datées de 1848 apprirent que Frauklin (Hait mort en 1847. Le reste de l'expédition <5lait mort de faim, de froid ou massacré par les Indiens.

en 1553, dans ce but, une expédition commandée par Willoughby avec Chancelor comme lieutenant. Le premier mourut surla côte russe, après avoir vu la Nouvelle-Zemble. Chancelor découvrit la mer Blanche, se miten rapport avec le tzar Ivan JVqu'il allavisiter à Moscou et conclut avec lui, au nom de l'Angleterre, un traité de commerce et d'amitié.

De retour en Angleterre, il fut de nouveau envoyé en Russie dont il ramena un ambassadeur; mais il périt lui-même au retour sur les côtes d'Ecosse. Néanmoins ces relations donnèrent naissance à la Compagnie moscovite, association formée pour exploiter par voie maritime les ressources de l'empire d'Ivan IV. Ce fut elle qui, en 1556, envoya Burrough dans la direction du nord-est; mais il ne dépassa pas la Nouvelle-Zemble.

Cependant les Hollandais, après avoir secoué le joug espagnol, avaient cherché à atteindre les Indes par le nord-est. De 1594 à 1597, Barents visita le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble où il mourut.

En 1 728, le danois Bering, au service de la Russie, partant du Kamtchatka, reconnut le détroit qui porte son nom. En 1737, Malagouine et Skouratof passèrent de la mer Blanche dans l'Obi. De 1735 à 1742, Proutchitchef d'abord, puis Tchéliouskine et Tchékine reconnurent la presqu'île Taimour et la côte entre la Lena et V Ienisseï. En 1735 et 1736, Lassinius et Laptev avaient, de leur côté, visité le littoral entre la Lena et la Kolima. En 1770, un marchand de Sibérie, Liakov, découvrit en traîneau les îles qui portent son nom et où il trouva des montagnes de squelettes de mammouths dont il exploita l'ivoire.

De 1820 à 1824, deux officiers russes, Wrangel et Anjou, relevèrent les côtes de la Sibérie à l'est de la Lena. Le premier ne

fit qu'apercevoir la terre qui a reçu son nom; ce sont deux baleiniers, l'un français Labast, l'autre américain Long, qui la découvrirent réellement en 1867.

En 1872, le gouvernement autrichien donna mission aux lieutenants Payer et Weyprecht de rechercher un passage par le nord entre l'Atlantique et le Pacifique. Mais leur navire le Tegethof fut saisi, près de la Nouvelle-Zemble, entre deux champs de glace qui se soudèrent et, par leur pression, le hissèrent peu à peu sur un véritable piédestal. Pendant ce temps l'immense bloc, allait à la dérive vers le nord : c'est ainsi qu'ils découvrirent, malgré eux pour ainsi dire, la terre François-Joseph. Le navire dut être abandonné et l'équipage, réfugié suides canots, fut rapatrié par un navire russe.

Le suédois Nordenskiold, partant de Tromsoe (Norvège) en 1878, a pu effectuer la circumnavigation de l'Asie, avec un remarquable bonheur; il faut ajouter cependant que des navires se sont perdus depuis, en voulant mettre à profit la nouvelle route et que, par suite, le passage nord-est n'est pas une voie commerciale pratique.

Enfin le norvégien Nansen a dépassé de qualorze minutes le 86e degré de latitude Nord : c'est le point le plus rapproché du pôle qui ait été atteint jusqu'à ce jour. Le voyage de cet explorateur, exécuté avec une audace extraordinaire, a duré plus de trois ans (juin 1893-sept. 1896). Les sondages opérés par Nansen ont démontré que, à partir de 79° de latitude, le fond de la mer, au lieu de se relever comme pour annoncer d'autres terres, ne cesse de s'abaisser et que la sonde y accuse des profondeurs de 3,000 à 4,000 mètres. Le point on nous plaçons Vaxc du globe semble reposer sur un des plus formidables gouffres de la mer.

18£.— Ii'Oeéai» glacial antarctique. — Tandis que la région polaire boréale paraît être occupée par une mer, toujours cachée sous les glaces il est vrai, la région polaire australe semble être un continent glacé autour duquel s'étend l'Océan glacial Antarctique. Cet océan est limité conventionnellement par une ligne joignant les pointes méridionales de l'Amérique, de la Nouvelle- Zélande, de l'Australie et de l'Afrique, et mêle partout librement ses eaux avec les océans Atlantique, Pacifique et Indien.

183. — Comparaison entre les deux régions polaires. — Difficultés des explorations antarctiques. — Les glaces flottantes du pôle nord ne dépassentpas habituellement Terre-Neuve et la glace solide, la banquise, ne se forme que très près du pôle. Cela tient aux courants chauds, le Gulf-Stream principalement, qui viennent s'emprisonner, pour ainsi dire, dans le bassin boréal. Le mélange entre les eaux chaudes et froide s'y trouve gêné, retarde par la proximité des terres ou îles. La même cause rompt la violence des vents.

Rien, au contraire, ne vient entraver cette action dans l'océan glacial Antarctique : les vents et les courants y possèdent une violence excessive. Aussi le pôle austral est-il beaucoup plus embarrassé de glaces que le pôle

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