‹ Texte explicatif joint aux numéros du Journal des Monuments de Paris envoyés a l'empereur de Russie dans les années 1809, 1810, 1811, 1814 et 1815Chapitre 6 sur 55 · CHAPELLE ET SALLE DU CONSEIL D'ÉTAT · texte numérisé non relu

CHAPELLE ET SALLE DU CONSEIL D'ÉTAT

L'ancienne chapelle du palais des Tuileries occupait la partie des bâtiments à droite en entrant par le vestibule du milieu et se prolongeait jusqu’à la salle des machines. Elle se trouvait placée à la hauteur d’un demi-étage et comprenait en élévation le premier avec une portion du rez-de-chaussée. On arrivait des appartements de représentation à la tribune du souverain par la terrasse découverte sur la face du côté des jardins. Le rez-de-chaussée était ouvert au publie, qui pouvait y entrer par le vestibule d'entrée, en montant la première révolution de l'escalier des grands appartements; cette disposition était tellement incommode que l’on avait été obligé d’élever en planches sur la terrasse du côté des jardins un petit couloir indépendant de la décoration du palais, pour donner une communication couverte des grands appartements avec la chapelle. Cette dernière pièce occupait avec la galerie toute la largeur de l’édifice et interrompait, ainsi que nous l’avons dit précédemment, la communication des appartements dela partie à gauche de l’entrée avec ceux de la partie à droite; on ne pouvait aller à la salle de spectacle qu’en passant sur la terrasse découverte, alors le pavillon du nord à l’extrémité de l'édifice était une habitation presque entièrement isolée, et le palais des Tuileries, dont la façade extérieure avait une apparence de grandeur et de magnificence extraordinaire, ne renfermait en dedans que des distributions extrêmement incommodes et des communications difficiles parce qu’elles avaient été exécutées successivement, sans plan général et d’une manière incohérente.

Déjà les constructions faites en 1792 pour l'établissement de la salle de la Convention nationale au palais des Tuileries avaient donné lieu à de grands changements dans cette portion de l'édifice. Les ouvrages avaient été faits très légèrement et avec une précipitation qui n'avait pas permis de prendre les mesures que la solidité des principales murailles exigeait; le palais, dans cette partie, tombait presque en ruines, lorsque l'Empereur ordonna la construction de la chapelle et de la salle du conseil d'État.

C’est sur l'emplacement qu’occupait l’ancienne chapelle, l'escalier et les pièces en avant de la salle de la Convention, que la nouvelle chapelle, la salle du conseil d’État et l'escalier de la salle des Gardes ont été construits. On a disposé la chapelle et ses entrées de manière à ce que le publie pût y arriver par la galerie basse du palais, du côté des jardins. Elle est composée d’une nef entourée de colonnes qui forment les bas côtés au rez-de-chaussée pour le peuple et de tribunes hautes au premier étage, pour la famille ‘impériale et pour la cour; on a, par ce moyen, agrandi, autant qu'il était possible de le faire, l’espace étroit que la totalité donnait. Les ouvertures pratiquées dans la salle du conseil d’État sont autant de tribunes répétées par

la galerie en face. La tribune impériale occupe toute la largeur de la chapelle, en face de

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