CHAPITRE lY. — FRONTIÈRE DU NORS-EST OU D'ALLEMAGNE
Les principaux affluents de la rive gauche du Flhin au-dessous de Baie sont 17//, la Zom, la Sauer, la Lauter^ la Queich, le Spieyei^bach^ la Pfrimm, la Selz, la Nahe, la MoselUy la Nette, VAhr et VErft.
uni prend sa source dans les derniers contreforts du Jura au nord de Délémont, coule parallèlement au Rhin en traversant TAlsace du sud au nord jusqu'à Strasbourg et se jette dans le fleuve au-dessous de cette ville. C'est une rivière peu rapide, coulant entre des rives unies et basses, mais sujette à des crues subites et dangereuses, comme celles qui se sont produites en mars 1876 et qui ont ruiné plusieurs ponts. Elle reçoit les cours d*eau qui descendent des Vosges :. la Doller, la Thûr, la Fecht, la Bruche; elle les empêche d'aller directement au Rhin et par suite de former des obstacles continus, barrant la vallée entre les montagnes et le fleuve. Le canal du Rhône au Rhin passe entre l'Ill et le Rhin dans cette plaine de gravier et de limon, tantôt stérile, tantôt bien cultivée, qui se trouve entre ces deux cours â*eau. I^ partie supérieure du bassin de TIU s'appelait jadis le Sundgau et la partie septentrionale le Wasgau.
Les rivières qui descendent des Vosges au nord de la Briiche, y compris cette dernière, qui se jette dans TIll aux portes de Strasbourg, remplissent le but indiqué précédemment et coupent transversalement toute la plaine de la basse Alsace, formant ainsi des lignes de défense plus ou moins bonnes. Ces cours d'eau se rencontrent dans Tordre suivant :
La Zom, qui trace le passage le plus important des Vosges, débouche à Saveme, et, avant de se jeter dans le Rhin, reçoit la Zintzel et la Moder.
La Saner prend sa source au sud de Pirmasens; elle passe à Wœrth et, sur sa rive droite, se trouve la position de FrœschwUler, défendue avec tant d^opiniâtreté par le maréchal de Mac-Mahon le 6 août 1870; la position de ]yœrthy sur la rive gauche, avait été occupée face à Touest par Wiirmser en 1793 ; la Sauer traverse la forêt de Haguenau, c'est la meilleure ligne de défense de la ^asse Alsace.
LaLauter descend également du plateau de Pirmasens; son cours inférieur servait de limite à la France avant 1870 et les inondations, produites sur ce ruisseau par une suite de barrages, renforçaient les lignes de Wissembourg^ construites par le maréchal de Villars pendant la guerre de la Succession d'Espagne et utilisées par les généraux de la République; elles étaient fonnées par une suite de redoutes et s'appuyaient à droite au Rhin et à Lauterbourg alors fortifié, à gauche au Pigeonnier et à Wissembourg. En octobre 1793, ces lignes avaient été forcées par Wûrmser; à la fin de la même année, Hoche les reprenait par la victoire du Geisberg au sud de Wissembourg. La Lauter est suivie jusqu'à Wissembourg par une route qui vient de Pirmasens. Sur la rive gauche de cette rivière, dans la Bavière Hhénane, se trouve la vaste forêt de Biemvald, qui favorisa l'ofTensive des
Aliomands dans la campagne de 1870, en permettant au 11' corps prussien de déboucher à couvert sur la Lauter et de tourner la position de Geisberg. Cette forêt est du reste bien percée et forme par elle-même une bonne position ; au centre il existe une grande clairière dominée par un mamelon sur lequel est construit le village de Biidielberg.
Viennent ensuite :
La Qneich, qui prend sa source au plateau de Pirmasens, qui passe à Landau et se jette dans le Rhin à Germe rsheim ;
Le Speyerbach, qui vient du plateau de Kaiserslaûtern, qui passe a Ncustadt et finit à Spire ;
La Pfrimm, qui descend du Mont-Tonnerre et finit à Worms; elle forme une bonne position défensive face au sud ; elle fut souvent occupée dans les guerres de la Révolution; en 1870, le général de Moltke comptait pouvoir y concentrer les forces allemandes en cas d'attaque subite des Français ;
La SeU, qui vient du Mont-Tonnerre ; elle arrose le plateau d'Alzey et se jette dans le Rhin en aval de Maycnce;
La Nahe, qui descend du plateau de Tholey et qui reçoit la Glan; elle traverse une vallée riche en minéraux de toutes espèces; à droite et à gaucho elle est encaissée entre des hauteurs qui la dominent de 200 mètres. Les positions les plus importantes à occuper sur cette ligne sont celles de Bir^ kenfeldj de Kim et le plateau entre Kreuznach et Bingen, elles sont situées sur la rive gaucho et font face au sud-est; les positions de la rive droite sont beaucoup moins fortes. Cette rivière forme la ligne d'opérations la plus courte entre les deux bases Trèves-Sarrebrûck et Bingen-Mayence^ et elle coupe toutes les lignes de communications entre le Hardt et le Hûnsriick. Elle est suivie par une grande route et par le chemin de fer à deux voies de Neunkirchen-Bingen; ce dernier traverse 24 fois la rivière. Il faudrait 5 à 6 journées de marche pour aller de Sarrebrûck à Mayence.
En descendant le Rhin, on arrive à la Moselle, qui est le plus considérable des affluents de la rive gauche et dont nous allons nous occuper spécialement.
Au nord de la Moselle, on rencontre des rivières qui descendent de TEifel et dont les vallées encaissées donnent lieu à quelques bonnes positions militaires ; ce sont d'abord la Nette et T Ahr qui coulent de l'ouest à l'est, enfin rErft, qui coule du sud au nord et passe à Euskirchen^ nœud de conmiunications important situé sur la voie ferrée de la Kyll, relié à Cologne et à Dûren par des chemins de fer et qu'un embranchement doit réunir a Bonn; cette dernière rivière devient navigable à partir de Bergheim et aboutit au Rhin un peu en amont de Nev^s. Entre cette rivière et le Rhin se trouve le plateau tertiaire des Ville, qui est couvert par la grande forêt de Cologne et qui protège cette ville à l'ouest; il a plus de 30 kilomètres de longueur