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CHAPITRE V. — DÉFENSE DE LA FRONTIERE D'ALLEMAGNE

ses voisins et font qu'elle se préoccupe encore plus de Toffensive que de la défensive. Elle ne garde comme places que ce qui est indispensable, elle augmente surtout les défenses de celles qui se trouvent sur la ligne du Rhin et les met toutes à hauteur des progrès de Tartillerie moderne; cette ligne ainsi garnie d'excellentes têtes de pont couvre suffisamment rintérieur de l'Empire. Les places conservées en Lorraine ont pour objet la défense spéciale de cette province, elles fourniront aux armées allemandes des points d\ippui sur la Hgne de la Moselle et constitueront de fortes positions, en cas <îo revers.

Avant la guerre de 1870, les Allemands pouvaient déjà franchir le Rhin chez eux, circonstance qui leur faisait préférer pour l'invasion les directions \onant du nord-est à celles venant de l'est se heurter au Rhin et aux Vosges. Ils possédaient dans le rentrant protégé par Coblenz, Mayence et Landau, une grande place de rassemblement; ils avaient donc tout avantage à attaquer de ce côté près de leur base et n'avaient nul intérêt à violer la neutralité de la Belgique. Aujourd'hui, les circonstances sont encore plus favorables pour eux : ils possèdent la Lorraine qui forme comme un coin dans ie territoire français, avec la place de Metz au saillant, ce qui leur assure un débouché sur les lignes d'invasion les plus courtes ; de plus leurs flancs sont parfaitement garantis d'une surprise, à l'ouest par la ligne de la Moselle renforcée par Metz et Thionville, au sud par la ligne de la Seille et le pays entre cette rivière et la Meurthe où les routes sont peu nombreuses. Pourtant, la nécessité d'une concentration rapide peut les engager à utiliser les voies ferrées de la Belgique, et l'espoir de trouver moins de difficultés sur notre frontière du nord que sur celle de l'est peut les entraîner à violer le territoire belge et à nous attaquer de ce côté.

Metz et les places fortes de la liorraine^. — Avant la dernière guerre, les places alors françaises de la Lorraine et de l'Alsace n'avaient qu'une simple enceinte bonne pour la défense rapprochée, mais ne les présenant nullement d'un bombardement. La ville de Metz seule avait été entou* rée de forts détachés la mettant à l'abri des bombes ennemies, et encore ces forts n'étaient-ils ni terminés, ni armés au début des hostilités, ce qui servit fie prétexte au maréchal Bazaine pour ne pas abandonner la place à elle-même et pour y enfermer son armée. Cette grande place qui était notre principal boulevard sur la frontière de Lorraine, n'était pas un point obligé de passage sur une grande voie d'invasion; les Prussiens en 1870 purent utiliser la voie ferrée de Forbach à Paris avant la reddition de la forteresse, au moyen d*une voie de raccord de 36 kilomètres entre Remilly et Pont-à-Mousson ; elle passait sur quatre grands ponts dont un viaduc de 165 mètres de lon-

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