‹ -Texte. Géographie militaire (volume 2)Chapitre 129 sur 256 · Consulter la carte · texte numérisé non relu

Consulter la carte

Géographie, — 1*^« partie, 13

Places des Vosges et de la Basse-Alsace. — Dans les Basses- Vosges, avant 1870, nous possédions. Btrc/i« dont nous avons déjà signalé Timportance, les postes insignifiants de Lichtenberg et de la Petite-Pierre qui tenaient les- principaux chemins forestiers du pays et qui pouvaient appuyer quelques mouvements de flanqueurs, la petite place de Phakhourg qui barrait assez bien la principale route des Vosges, mais qui n*avait aucune action sur le chemin de fer et pouvait être évitée par des chemins forestiers ouverts plus au nord. L'ancien château de Saverne qui commandait le défilé, n'était depuis longtemps qu'une ruine.

En Alsace, il existait jadis un grand nombre de places fortes que nous avons successivement dû céder à l'Allemagne. Landau, situé sur les principales voies de communication de la rive gauche du Rhin, nous a été enlevé en 1815; cette place était dominée par des hauteurs à faible distance au nord et au sud, elle n'avait plus que peu de valeur et vient d'être déclassée par les Prussiens; Philippsbourgj sur la rive droite du fleuve et en assurant le passage, ne nous a appartenu que quelques années sous Louis XIV, ses fortifications ont été rasées et remplacées par celles de Germersheim.

Viennent ensuite les places perdues en 1870. Wissembourg et Lauterbourtj, ces deux appuis sans valeur des anciennes lignes de la Lauter, avaient été déclassés en 1867, mais les fortifications n'avaient malheureusement pas été rasées. Quant aux lignes de la Lauter, il nous était impossible de les utiliser puisque la frontière suivait le cours de la rivière et que nous ne pouvions par suite y organiser ni barrage, ni tcte de pont. Lé fort LotiiSy situé plus haut dans une île du Rhin, a été démoli par les Autrichiens en 179i; il n'en reste plus que quelques masses de maçonneries; c'était le réduit des fortifications de l'île et il pouvait nous servir de tête de pont pour franchir le fleuve, en rétablissant l'ancien lit entre l'île et la rive alors française, où le Rhin tend toujours à revenir; sur la rive gauche se trouvait le fort d'Alsace. Haguenau était déclassé depuis quelques années; il avait été question d'y créer de nouvelles défenses dans le but de fournir un appui aux forces actives du Bas-Rhin et d'assurer le ravitaillement et les communications de l'armée défensive, mais ce projet n'avait pas été exécuté. Gunstett en tous cas eut été mieux choisi.

Dans son remarquable mémoire, le général de Maureillan, examinant d'ensemble la défense de cette frontière, conseillait de placer l'armée de Basse- Alsace à cheval sur les deux versants des Vosges de manière à couvrir l'Alsace et la Lorraine ; le centre eut été vers Bitche d'où on eut tiré des approvisionnements, la gauche eut dû prendre de bons points d'appui sur la Sarre de manière à éviter de laisser l'ennemi s'emparer de nos lignes de retraite, la droite eut occupé en Alsace la position de Niederbronn, Frœschwiller, Wœrth*, qui s'étend jusqu'à la limite septentrionale de la

Page 1