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lî)B LIVRE ÎI. - LA Ï?RANCE. - FRONTIÈRES DE TERRE.
Sur la rive droite, les forts Kirchbachf Bose et Blumenthal à fossés pleins d'eau, couvrent de leurs feux la plaine badoise complètement plate.
Les forts à fossés secs ont la forme d'une grande lunette avec fossés de 10 à 12 mètres de largeur, avec contrescarpe revêtue et escarpe détachée; les fossés sont flanqués par des caponnières ; les grands forts ont sur chaque face quatre traverses placées de deux en deux pièces et quatre traverses sur chaque flanc, une par pièce; les petits forts n'ont que trois traverses sur chaque face et sur cha(|ue flanc. Les grands forts ont environ 30 pièces et les petits 25. Suivant la capitale se trouve une grande traverse formant un passage couvert de la gorge au saillant; les logements des troupes sont sous le parapet de gorge. En avant se trouvent des galeries de mine pour défendre les approches. Dans les forts à fossés pleins d'eau, les escarpes el les contrescarpes sont à terre coulante, les logements sont tantôt sous le front de gorge et tantôt sous le parapet des faces. Ces forts communiquent avec la ville par un télégraphe, un chemin de fer doit relier entre eux ceux de la rive gauche.
Strasbourg, ainsi transfoi'uié en un immense camp retranché assis sur Ks deux rives du Rhin, complète la série de places fortes destinées à renforcer la belle ligne de défense formée par ce fleuve, ligne qui couvre l'Allemagne contre les attaques de la France, qu'il nous faudra aborder de front et que nous aurons bien du mal à franchir.
Avant 1870, on s'était bien préoccupé en France do mettre Strasbourg à l'abri d'un bombardement en créant de nouveaux forts; le point le plus important à occuper était le plateau d'Hausbergen à 3 kilomètres au nordouest, mais on recula devant l'extension à donner aux ouvrages et on s'arrêta à un projet plus restreint qui devait être exécuté les années suivantes, si les fonds nécessaires étaient accordés. Du côté de Kehl, on devait construire des batteries dans l'île des Epis pour combattre celles de la rive droite.
On sait qu'en 1870, le point d'attaque choisi par les Allemands fut au nord-ouest, à la porte de Pierre, entre le chemin de fer de Paris et l'inondation inférieure de l'Ill.
Anciennes places de la Hante- Alsace. — Schelestadt couvrait le débouché du col de Sainte-Marie-aux-Mines et appuyait la position de Chntenois, qui barrait la vallée entre l'Ill et les montagnes; mais avec le mode de guerre actuel on ne pouvait plus supposer que la lutte serait localisée en Alsace et qu'on défendrait celle province en occupant une série de positions perpendiculaires au Rhin ; aussi Schelestadt n'avait-elle pas grande valeur.
La Haute- Alsace n'avait pas à craindre d'attaque de l'ennemi, parce qu'elle était protégée par le Rhin, par l'Ill, puis entre ces deux cours d*eau