CHAPITRE V. — DÉFENSE DE LA FRONTIÈRE D'ALLEMAGNE
Il couvre Paris contre les attaques les plus probables et il est destiné à prol('*ger le débouché sur la basse Seine par Pontoise et Rouen, cette dernière ville étant couverte de ce côté par la ligne de l'Andelle; il favorisera aussi le débouché vers TOisc et la Somme soit par Beaumont et Beauvais, soit par Luzarches et Creil; on rencontre sur cette dernière route les forêts de Chantilly, d'Halatte, les fossés de la Thève, de la Nonette et de TOise. Celte jMjsition est protégée par plusieurs ouvrages qui sont aujourd'hui en état fie défense. Le fort de Cormeilles (cote 170) est situé à Texlrémité occidentale du long plateau qui s'étend de Sannois à Montigny; en arrière du fort le plateau est couronné par cinq batteries et par les deux redoutes de Cotillons et do Franconville qui flanquent les pentes et ferment la presqu'île de Houilles. Les ouvrages projetés sur les collines de Sannois et d'Orgemont ne .seront exécutés que plus tard. Le plateau de Montmorency est défendu [>ar le fort de Montlignon (172), le fort de Domoni (181), la batterie de Blémur el \e fort de Montmorency (168), qui serviront à appuyer la défense mobile de la forêt. La batterie de la Butte-Pinçon (101) et le fort de Stains ou de Oarge^ (709) relient le plateau de Montmorency aux inondations du Croud. Enfin, plus en avant, comme sentinelle avancée de toute la position, on a construit un fort sur la hauteur d'Écouen (152); ce fort et ses deux batteries annexes du Moulin à Test et des Sablons au sud-ouest appuieront la défense 'In village d'Ecouen et du château de la Légion d'honneur. Les anciens forts autour de Saint-Denis serviront de réduit à toute la position.
2? Au nord-ouest, la trouée formée par la plaine Saint-Denis ; elle est jiPotégée à l'ouest par les forts de Stains et d'Ecouen^ à l'est par le fort de Yaujours, par ses deux batteries annexes nord et sud et par les batteries de Uvry qui ne sont encore que projetées. La défense se tiendra en arrière de la ligne de la Morée dont les inondations seront tendues; au fond de ce rentrant se trouvent comme réduits le fort d'Aubervilliers et ceux du plateau de Romainville. C'est par cette plaine que passent les routes qui conduisent vers l'Oise par Sentis ou vers l'Aisne par Dammartin, Villers-Colterels et Soissons.
3<^ A lest, la position de la rive droite de la Marne, formée par le massif de hauteurs en partie boisées de Romainville, d'Avron, de Livry, do Vaujours, de Montfermeil et do Chelles, d'où partent les routes de la vallée <le la Marne vers la Champagne par Meaux, Ghatcau-Thierry, Reims et Épernay, ou plus au sud sur Moatmirail et Chàlons par la vallée du Petit- Morin. Cette position est défendue par les batteries de Livry, par le fort de yavjours et ses batteries annexes, par la batterie de Montfermeil et par le fort d^ Chelles (108). La défense mobile se portera même à l'extrémité du plateau qui s'étend de Vaujours à Carnetin et à Thorigny sur la Marne; on a ouvert •lans ce but une route stratégique de Vaujours à Carnetin. Dans l'organisa-
tion défensive de cette position on cherchera à utiliser les bois qui sont nombreux et il faudra établir un grand nombre d'ouvrages du moment. Eu arrière, les forts et les redoutes du plateau de Romainville et le fort de N<h gent formeront une seconde ligne de défense.
4'' Au sud-est, la tête de pont entre la Marne et la haute Beine ; elle est défendue par des ouvrages qui prennent pied sur les plateaux de la rive gauche de la Marne et qui sont déjà fort avancés, ce sont : la batterie de Noisy-le-Grand, le fort de VillierSy le fort de Champignyy le fort de Sucy, la batterie de Limeil et le fort de Villeneuve- Saint-Georgeg ; ce dernier ouvrap* occupe une très belle position dominant la vallée de la Seine et les plateaux de la rive gauche ; on doit construire en avant entre le fort et le mont Griffon, une batterie annexe, celle de Château-Gaillard; elle sera destinée n fouiller la vallée de T Yères et à battre les abords de l'ouvrage principal. L«' fort de Saint-Maur et celui de Charenton serviront de réduits. Cette tète île pont protégera le débouché vers la plaine de la Champagne ; soit par Coulommiers, la Ferté-Gaucher, Sézanne, en suivant la vallée du Grand-Moriii, après avoir traversé les forêts d'Armainvilliers et de Crécy; soit par Brit*- Comte-Robert, Mormant, Nangis, Provins et Nogent-sur-Seine, en traversant la forêt de Boissy-Saint-Léger et la vallée de TYères.
5® Au sud, sur la rive gauche de la Seine, la trouée formée par le plateau qui s'étend entre cette rivière, la Bièvre et l'Yvette. Dans ce secteur, il n'y a qu'un seul emplacement de fort qui soit à peu près fixé, cV>l celui du fort de la Butte-Chaumont, qui domine la vallée de l'Yvette et qui doit croiser ses feux avec ceux des ouvrages de Palaiseau; ce rentrant esî du reste protégé par les ouvrages du secteur voisin à l'ouest depuis Palniseau jusqu'à Chdtillon, puis en arrière par la redoute des Hautes-Bruyères, I»> forts d'ivry et de Bicôtre; on doit néanmoins construire des ouvrages qi: relieront Palaiseau à Villeneuve-Saint-Georges, leur position est à rétn<if. mais rien n'est encore décidé ; on en établira sans doute un vers Ablou. C'est de ce secteur que débouchent les routes vers la haute Seine et TYoniu par Gorbeil, Fontainebleau, Montercau, et aussi les routes vers la Loire [•î«r Ktampes, Pithiviers, Orléans et Gien ; les premières rencontrent le fos^é ^If l'Orge, les lignes de l'Essonne et du Soins, et traversent la forêt de F«nitainebleau, les secondes passent au défilé de Montlhér\\
ô'' Au sud-ouest, les plateaux de Châtillon, de Velisy et de Satory compris entre la Bièvre, le ravin de Sèvres t»t le ruisseau de Gailly, <i'' j débouchent les routes de ravitaillement de la capitale sur la Beauce, s<» * par Hambouillet, Maintenon et Chartres, soit par Monlfort, Houdan et Dreux i^es défenses de ces plateaux protègent Versailles du côté du sud; elle< om été portées en avant du fossé de la Bièvre qui constitue une excellente C"»"munication couverte en arrière des forts. Ces derniers aigourd'hui achex»-^