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CHAPITRE V. - DÉFENSE DE LA FRONTIÈRE D'ALLEMAGNE

(fun développement de 33 kilomètres, comprenant 94 bastions dont 67 sur la rive droite et 27 sur la rive gauche. De plus une ceinture de forts extérieurs distants de l'enceinte de deux à cinq kilomètres devait préserver la ville (l'un bombardement, éloigner les attaques et favoriser la défense mobile. Ces forts étaient au nombre de seize, reliés par plusieurs redoutes; dix se îrouvaient sur la rive droite et six sur la rive gauche, savoir :

a, Sur la rive droite : i* le fort de C/iarenton au confluent de la Seine et de la Marne; 2* les redoutes de Gravelle et de la Faisanderie y reliées par une lignp baslionnée, barrant la presqu'île de Saint-Maur et empêchant par suite If' passage de la Marne ; 3® le fort de Nogent, la redoute de Fonlenay, le fort d< Eosnx/f la redoute de la Boissière, le fort et la redoute de Noisy^ le fort de Romaiîiville, qui défendent le plateau de Romainville à Test de Paris; 4" les redoutes en avant de Pantin sur le canal et le fort d'Auhervilliers couvrant ia plaine Saint-Denis; 5*» le fort de l'Esté la double couronne du Nord, le fort i/^ la Briche, entourant Saint-Denis.

6) Sur la rive gauche : 1" le fort du Mont^Valérien^ dans une très belle position, qui barre l'entrée de la presqu'île de Gennevilliers et empêche le passage de la Seine à l'ouest de Paris ; 2<» les forts d'Issy, de Yanves^ de MontrougCy de BicètrCy trop rapprochés de Paris au sud et qui de ce côté ne mettent pas la ville à l'abri d'un bombardement, à ce point que, déjà en 1840, on avait hésité à occuper l'extrémité dos plateaux qui les dominent; 3" le fort dJcry qui commande la vallée de la Seine et croise ses feux avec le fort de niiarenton.

Toiles étaient les défenses qui existaient lors de la déclaration de guerre en 1870; on voulut les compléter en construisant des ouvrages au plateau 'IWvron en avant du fort de Rosny, à Gennevilliers pour empêcher l'ennemi !•' prendre pied dans la presqu'île, à Montretout pour fouiller les bois en avant et empêcher les Prussiens de s'établir dans le parc de Saint-Cloud '1 où la batterie de Breteuil leur permit plus tard de bombarder Issy et le Poinl-du-Jour, à Chdtillon sur une terrasse qui domine de 80 mètres les î'its (lu sud à une distance de 2,000 mètres environ, ce dernier ouvrage «yanl pour but d'empêcher le bombardement par les hauteurs au sud-ouest î'' Paris; tous ces forts inachevés ne rendirent guère de services et furent 'abandonnés pour la plupart dès le début du siège, les redoutes des Hautes- ^rtiyeres et du Moulin-Saquet défendant le plateau de Villejuif purent, au ■untraire, être conservées.

Après la bataille de Sedan, les armées allemandes se dirigèrent en deux masses sur Paris, marchant sur deux larges fronts : l'une, l'armée du prince '■A al, par la vallée de la Marne qu'elle avait quittée pour marcher vers le »ord, l'autre, l'armée du prince de Saxe, par l'Aisne et la vallée de l'Oise. 'Chaque armée comptait trois corps d'armée, deux autres restés à Sedan

devaient rejoindre plus tard ; il y avait en outre la division wurtembergeoise et trois divisions de cavalerie. L'armée de la Meuse occupa les positions de la rive droite de la Seine couvertes de Bougival à Saint- Denis par le cours du fleuve, de Saint-Denis à la forêt de Bondy par les inondations de la Morée promptement organisées en détournant le canal de TOurcq, de ce point à la Marne par de vastes bois ; la division wurtembergeoise défendit le terrain entre la Marne et la Seine. La troisième armée, arrivant par Test, franchit la Seine à Villeneuve-Saint-Georges et compléta le cercle d'investissement en nous enlevant les hauteurs du sud par le combat de Chàtillon. Elle prit position entre la Seine et la Bièvre, de Choisy-le-Roi à THay, et occupa le plateau de Chàtillon, les hauteurs de Meudon et celles qui dominent Saint-Cloud et qui ferment la presqu'île de Gennevilliers jusqu'à Bougival.

Les forces enfermées dans Paris étaient nombreuses, mais démoralisées et composées en grande partie de soldats non exercés, de gardes mobiles et de gardes nationaux. Les premiers combats eurent pour but d'aguerrir ces troupes, de reconnaître les dispositions des Allemands et de leur reprendre certaines positions importantes qu'ils avaient enlevées dans les premiers jours. On tenta ensuite de grandes sorties pour rompre le cercle d'investissement, mais tous les efforts furent inutiles, et, après quatre mois de siège, Paris vaincu par la famine dut capituler.

Nouvelle organisation de la défense; nouveaux forts. — Ce siège vint montrer l'insuffisance, déjà reconnue, des fortifications de 1840 pour pn'*server la ville d'un bombardement en présence des progrès qu'avait faits l'artillerie. Les positions de§ batteries allemandes qui couvraient de leurs projectiles Saint-Denis et les quartiers de la rive gauche, indiquaient déjà les points qu'il fallait occuper ou interdire à l'ennemi.

Des études furent entreprises immédiatement après la signature de la paix et conduisirent à protéger Paris au moyen de trois groupes de forts : l'un au nord couvrant Saint-Denis, le second à l'est barrant les routes venant de la frontière, le troisième au sud mettant la ville, ainsi que Versailles, à l'abri d'un bombardement et ayant pour but de maintenir les conimimications de Paris avec la Beauce et avec Orléans.

Le pays qui entoure Paris peut être divisé, au point de vue de la défense, en sept secteurs qui correspondent à autant de divisions naturelles de la contrée et qui, bien que Hés entre eux, peuvent devenir autant de théâtres distincts d'opérations.

Ces diverses zones, entre lesquelles on peut partager la défense, sont les suivantes :

l"" Au nord, le camp retranché de Saint-Denis, formé par les hauteurs de Cormeilles et de Montmorency et s'étendant de la basse Seine au Crond.

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