DÉFENSE DU JURA
Les monts Jura forment en France, comme nous l'avons vu d'après la configuration du sol, deux régions bien distinctes : i^ les plateaux du nord ; 2*^ les longs sillons du sud séparés par de profondes vallées ; entre ces deux régions, le massif a une épaisseur moins grande que partout ailleurs et de nombreuses routes viennent converger dans le voisinage de Pontarlier pour le traverser dans cette partie.
La frontière du Jura peut être attaquée par les armées allemandes cher-
1. Consulter la carte de rétatr-major suisse en 4 feuilles à 1/250,000.
chant à tourner par le sud les défenses de Belfort; elle le sera plus sûrement encore dans le cas d'une coalition de TAllemagne et de Tltalie contre la France ; en effet , dans ce cas , les Italiens n'opéreraient pas seulement par les routes assez rares de notre frontière des Alpes, elles auraient tout intérêt à se réunir à la gauche allemande sur le plateau- suisse. Dans un cas comme dans l'autre, l'effort de nos ennemis se portera sur la partie la plus abordable de la frontière, c'est-à-dire vers les plateaux du nonl. Nous allons d'abord énuméror les routes qui, partant de Bàle ou de Porrentruy au nord du Jura, abordent le front nord du massif jurassiqut% puis nous étudierons la portion de frontière qui correspond à la région i\o> plateaux et enfin celle qui au sud de Pontarlier suit les plus hautes crèlo> du Jura.
Routes et principales positions de la partie nord dn finra.
— Bâle se trouve sur le versant nord du Jura ; de cette ville partent trois grandes routes qui se dirigent sur Belfort, Montbéliardei Pont-de-Roide ; elles viennent se heurter à la ligne de la Savoureuse et au Doubs où elles rencontrent les ouvrages de fortification destinés à barrer la trouée de Belfort, mais ces routes que nous avons déjà étudiées ne sont pas les seules que puissent suivre les armées allemandes, si elles violent la neutralité de la Suisse.
De Porrentruy partent en effet deux routes qui franchissent le Lonionl en Suisse et qui mènent à Saint-Ursanne à l'extrémité du Clos du Doubs, on appelle ainsi la presqu'île que contourne cette rivière et dont la pointe esta Saint-Ursanne. Ces deux roules passent l'une par le col de la Croix, l'autre par le col des Rangiers; du col de la Croix une seconde route à peine achevée descend sur le Doubs à Ocourt. De Saint-Ursanne une route carrossable suit le Doubs et conduit à Saint-Hippolyte ; elle est maîtrisée en ce dernier point par le fort du Lomonty on pourrait du reste la barrer facilement dans son trajet le long du Doubs; la rupture devrait être faite en amont de Vaufrey, car un chemin assez bon franchit le Doubs à Vaufrey et permet de gagner Maiche sans passer sous le feu d'aucun ouvrage ; bientôt une batterie qu'on doit construire au-dessus do Montjoie pour compléter l'occupation du Lomont battra le pont de Vaufrey. De SaintrUrsanne^ part un second chemin carrossable, mais assez mal entretenu; il franchit le Doubs, suit la crête du Clos de Doubs et conduit en France à Trévillers et à Maiche; il ne passe sous le canon d'aucun fort d'arrêt.
Une autre route carrossable pénètre encore dans le Clos du Doubs ; elle vient du plateau des Franches -Montagnes, traverse la rivière au pont de Soubey et conduit à Ocourt où existe un pont.
Porrentruy est le principal nœud de routes du Jura septentrional et il