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CHAPITRE IX. — VALLÉE DE LA DURANGE, ETC

C'est aujourd'hui comme au temps de Catiaat sur les têtes non fortifiées des vallées et principalement sur les crêtes des montagnes de l'Assiette et de FAlbergian qu'une armée arrivant par le Mont-Genèvre devrait concentrer ses principaux efforts pour atteindre les plaines du Piémont ou pour entreprendre le siège de Fenestrelle.

Contrefort de l'Assiette et massif de PAIberg^f an. — Le contrefort de l'Assiette s'élève graduellement du col de Sestrières qui est déjà à la cote 2609 jusqu'à la position de l'Assiette oii il atteint près de 3,000 mètres ; l'arête est un peu écrasée et partout recouverte de pelouses, en sorte qu'une troupe peut y cheminer jusqu'au plan de l'Assiette où on voit encore les restes très bien conservés des retranchements élevés par les Piémontais en 1747. Au delà du col de l'Assiette et jusqu'au col d*Orsiere^ l'arête change d'aspect et est hérissée de rochers, en sorte que les cols qui la coupent forment des postes bien déterminés et aisés à défendre. A partir du massif d'Orsière, la chaîne s'élargit et se divise pour embrasser la vallée du Sau-gone; les deux contreforts qui s'en détachent sont assez escarpés, surtout celui du sud; ils resserrent vers leurs extrémités les deux vallées de la Dora et du Clusone et y forment des positions de barrage : celle de la Torre del Colle en aval de Suse et celle délie Porte en amont de Pignerol. Un grand nombre de sentiers muletiers franchissent la montagne de l'Assiette et font correspondre la vallée de Pragelas avec celle d'Oulx et de Suse, ils passent aux cols Basset, de Bourgetj de Côte-Plane^ de Blégier, de Lauson, de l' Assiette^ d'Orgueil, des Vallettes, de la Vieille, de Fatières, de la Fenêtre, d'Orsière et de Sabione. Les plus importants sont : celui de l'Assiette entre Fenestrelle et Exilles et celui de la Fenêtre entre Fenestrelle et Suse; ils furent souvent disputés et furent fortifiés d'abord par nous quand Fenestrelle nous appartenait, ensuite par les Piémontais.

Le contrefort de TAlbergian est dominé au centre par les pics superbes du Pelve et de VAlbergian qui ont plus de 3,000 mètres d'altitude ; il est traversé par plusieurs cols qui mènent dans le val Saint-Martin, les plus importants sont ceux de Piz et de VAlbergian qui se font face au sud de la cime pyramidale de TAlbergian, ils se trouvent sur la ligne droite qui joint le col de Sestrières à Fenestrelle et permettraient à nos colonnes de se rendre directement sur les positions qui dominent cette forteresse.

L'occupation des deux crêtes de l'Assiette et de l'Albergian serait la première opération du siège de Fenestrelle. Lors du siège de cette place par les Piémontais en 1708, le duc de Savoie put s'emparer des cols qui découpent ces montagnes, car ils ne furent pas défendus ; il plaça son centre au plateau de Balboutet en arrière de Pourrières pour barrer la vallée du Clusone, il mit des détachements au col de la Fenêtre, au col des Vallettes, à la position de l'Assiette, au col de l'Albergian, et lit retrancher ces positions; le ma-

réchal de Villars vint prendre position à la Côte-Plane et au col de Fiz, mais il dut assister impuissant à la prise de la place par suite des bonnes disjM)sitions de Tenneini.

En 1747, lors de la funeste expédition du comte de Belle-Isle, tout se réduisit à Tattaque extrêmement audacieuse des retranchements de IWssielle, nous n'avions que 7 canons de campagne qui n'entamèrent pas les défenses de Tennemi, aussi nos troupes vinrent-elles se briser contre des palissades et des murailles intactes, beaucoup d'officiers furent tués, nous eûmes plus de 6,000 hommes hors de combat et Tennemi ne perdit pas 100 hommes.

Étude du llriançonnais. — Briançon est la clef du bassin de la Durance et le pivot de la défense des Alpes, puisque de cette place on est à même de se porter soit vers la Savoie, soit vers le Var. C'était, comme nous le verrons, le centre de la ligne occupée par le maréchal de Berwick qui y lit élever plusieurs redoutes.

La valeur de cette place, déjà très grande au point de vue de l'offensive comme de la défensive, sera encore augmentée lorsqu'elle sera desservie par une voie ferrée, ce qui ne peut tarder mamtenant, car les travaux sont très avancés. Elle doit son action oCTensive à la proximité de la frontière et des vallées d'Pulx et de Pragelas. Les nombreuses voies de communication, routes, chemin de fer, sentiers, qui viennent converger dans ces deux vallées en font, malgré les forteresses italiennes qui les barrent, un débouché très important pour nous vers la plaine du Pô.

Au point de vue purement défensif, Briançon barre la route du Monl- Genèvre et commande les nombreux sentiers qui conduisent du val de Thures dans la vallée de Cervières ou de la vallée de Bardonnèche dans celle de la Clarée. Son action s'étend sur toute la route du Lautaret et jusqu'à celle du Galibier; elle soutiendra les troupes qui surveilleront les sentiers qui viennent de la Maurienne ou ceux qui conduisent de la Clarée dans la vallée de la Guisane.

La vallée de la Clarée^ celle de la Cerveyrette et celle de la Guisane convergent toutes à Briançon ; c'est là que viennent aussi se réunir la route du Lautaret et celle du Mont-Genèvre.

Vallée de la Cerveyrette. — La vallée de la Cerveyrette, d'abord assez large, se rétrécit beaucoup au-dessous de Cervières j usqu'à Briançon, elle communique avec le val de Thures par les cols de. Tête-Noire^ de Chabandy de Boasson et de Gimont; ces deux derniers sont les meilleurs el j)euvent être très facilement, connue nous l'avons dit, rendus praticable>

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