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CHAPITRE IX. — VALLÉE DE LA DURANCE. ETC. :)2«J

pour Tartillepie ; le col du Gondran fait communiquer la Cerveyrelte avec les sources de la Durance et avec le Mont-Genèvre.

Plusieurs sentiers traversent les hautes montagnes qui séparent la Cerveyrette de la vallée du Guil, le meilleur et le plus facile est celui du col d'Izouard (2,388'"), qui conduit de Cervières à Chdteau-Qucyras^ il est praticable aux chevaux et aux mulets, les autres ne peuvent être suivis que par des hommes habitués à la montagne.

Le yallon des Ayes débouche sur la Durance à Villar-Saint-Pancrace^ un pou au sud de Briançon ; il est dominé à droite par de véritables escarpements; il est suivi par un sentier qui, en passant au col des Ayes (2,500'"), rejoint un peu après le passage du col le chemin du col dlzouard et fait f oramuniquer Briançon avec le Queyras. Ce sentier, qui est muletier, a une grande importance au point de vue de la défense ; aussi travaille-t-on à le rendre praticable aux voitures, de manière à faciliter la surveillance du Queyras et à étendre de ce côté Faction de Briançon.

Vallée de la Clarée. — Au nord de Briançon, la vallée de la Clarée

•lont la partie supérieure est désignée sous le nom de val de i\évache et la partie inférieure sous le nom de val des Prés^ est bien ouverte et d'un par- ODurs facile; une roule de voiture la remonte jusqu'à Névache, Elle communique avec Saint-Michel-en-Maurienne par trois sentiers de montagne difficiles qui franchissent les cols de la Madeleine, d'Aiguille-Moire (3,000'"), et d''s Rochilles {2yAbV^), situés au sud-ouest du Mont-Tabor; les deux premiers rejoignent le chemin du Galibier. La vallée de la Clarée, qui commence au Mont-Tabor, est parallèle à la crête principale des Alpes, aussi de nombreux sentiers la font-ils communiquer avec la vallée d'Oulx et avec la vallée de Bardonnèche. Le premier qu'on rencontre au nord du Mont-Genèvre est celui du col de la Lauze, qui réunit Clavières au village du Val des Prés ; puis viennent ensuite ceux qui passent aux cols de Dormillouze, dts Trois-Freres- Mineurs, des Désertes, de la Grande-Hache et au pas de la Mulotière; tous ces sentiers, fort élevés et difficiles (2,500 k 2,600"*), viennent converger du côté de la France dans le petit vallon des Acles et un simple poste établi au défilé dfs Acles, au débouché du vallon, les surveillerait tous.

Le col de rËchelle de Plampinet (IfTQO"") a une bien plus grande importance que les précédents, le chemin qui y passe est plus facile et ne laisse à désirer qu'à la descente ; on pourrait avec quelques barils de poudre le rendre partout praticable aux mulets. H conduit à la position de Malpas, à 200 ou 300 mètres de la frontière, d'où on domine à 5 kilomètres la gare de Bardonnèche; on a fait jusqu'à la frontière une route stratégique qui permettra d'y porter du gros canon de Briançon. C'est par ce chemin que nous dirigerions un© colonne sur Èclauze et sur Saint-Colomban pour faciliter le

siège d'Exillcs; nous pourrions aussi aborder de ce côté Imposition de l'As^ siette-d' Orgueil pour isoler Exilles de Fenestrelle.

Les cols des Thures (2,280»»), de tÈtroit-du-Vallon (âjSOO"), du Pas de la Tempête (3,000'"), des Muandes (3,000") s'ouvrent à une grande altitude entre la vallée de Nèvache et la Vallée-Étroite d'où on descend à Plan du Col et à Bardonnèche; à l'exception de celui des Thures, ils sont fort élevés et ne sont suivis que par des mauvais sentiers de montagne.

Les sentiers du col des Thures, du col de l'Echelle et du vallon des Acles que l'ennemi pourrait chercher à utiliser dans le but de tourner par le nord les défenses de Briançon, aboutissent tous en face du plateau du Bois des Cachets, position qu'il faudrait occuper pour les maîtriser.

Conmianications entre la Clarée et la Gulsane. — L'arête qui sépare la Glarée de la Guisane est rocheuse et atteint une grande altitude ; les sentiers qui la traversent passent aux cols de BarteauXy de Granon^ des CibièreSy de Cristol^ de Buffère et du Chardonnet; ce dernier est le plus rapproché du Lautaret; ils sont presque tous praticables aux mulets; le meilleur est celui de Buffère (2,489"»). Ces sentiers ont une grande importance, parce que, l'ennemi ayant pénétré par le col de l'Echelle dans la vallée de Névache, ils lui permettent de se porter dans le Monestier et de compléter l'investissement de Briançon. Il faut donc les garder avec soin et, du reste, la nécessité s'en est fait sentir de tous temps, car on voit encore des retranchements qui ont été construits jadis du col de Buffère jusqu'au coldeGranon, il existe même un chemin stratégique appelé chemin du Roi qui relie ces deux cols et qui est tracé à faible distance de la crête sur le versant occidental de la montagne. Ces ouvrages et ces parapets ont été relevés et utilisés par Berwick. C'est en devançant les Piémontais eu col de Buffère, qu'en 1708, Villars s'opposa à l'investissement de Briançon et empêcha que cette place subît le sort d'Exilles et de Fenestrelle.

Vallée de la Gnlsane. — Route du liantaret^ — La vallée de

la Guisane, aussi appellée vallée du Monestier, s'ouvre entre la chaîne précédente et le massif du Pelvoux ; elle est suivie par la route de Grenoble à Briançon qui existait déjà du temps des Romains, mais qui avait été ruinée et abandonnée; ce n'est qu'au commencement de ce siècle que Napoléon ordonna la construction d'une route carrossable entre le Bourg-d'Oisans et Briançon^ les travaux, commencés en 1808 et plusieurs fois interrompus, ne furent achevés que vers 1860. Cette route franchit plusieurs tunnels dans les gorges étroites de la Romanche avant d'atteindre le col du Lautaret (2,057"*). La position de barrage à occuper pour couvrir Briançon contre une 1. Consulter la carte 75.

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