CHAPITRE IX. — VALLÉE DE LA DURANCE, ETC
de rétroile combe de Maurin jusqu'au fort de Tournoux. La route du col de l'Argentière arrive sur TUbaye, au pied du fort de Tournoux et celle du col de Vars un peu plus haut à Saint-Paul. Entre Saint-Paul et Tournoux, se trouve un très étroit défilé, appelé Pas de la Reyssole, qui ferme entièrement la vallée et où la route est comme suspendue à la paroi de la montajriie. A Condamine, débouche le vallon de Parpaillon; à Jausiers^ existe ua nouveau défilé; puis, au delà, la vallée s'élargit et est d'un parcours facile. A Méolans, commence un étroit couloir qui est presque continu jusqu'au confluent de TUbaye et de la Durauee ; c'est dans cet étranglement que les ducs de Savoie avaient établi le château du Lauzet qui faisait face au fort français de Saint- Vincent, Ce poste de Lauzet fut enlevé et détruit en 1691, époque où nos armées saccagèrent toute la vallée de Barcelonnette.
De la vallée de l'L'baye parlent plusieurs sentiers qui la mettent en relation avec les vallées de la Vraïta et la Maïra et une bonne route qui descend sur la Slura ; ce sont :
1° Celui qui passe au col de Longet (2,672™) entre le vallon de Maurin et Caslel-Delfîno ; il est praticable aux mulets ;
â"» Celui du col de Lautaret ou de Chabriôre (2,872"') entre le vallon de Maurin et Castel-Delfino ; il est muletier ; du col part un second sentier qui traverse un contrefort des Alpes au col des Traversettes et qui descend à Prazzo dans la vallée de la Maïra;
S^" Celui du col de Mary ou col de Maurin (2,500'°), qui est muletier et qui conduit du vallon de Maurin à Prazzo ;
i® Celui du col de Stropia, fort difficile, entre Saint-Paul et Prazzo ;
o"" Celui du col de Sautron (2,700™), facile et très fréquenté, entre Larche sur rUbayelte et Prazzo ;
6* Celui du col de Monges (2,500™), très facile et muletier, entre Larche et Prazzo ;
l*» Celui du col de Roburent (2,483">) qui donne accès sur un plateau environné de montagnes d'où on descend soit à Prazzo, soit à TArgentière sur la Stura par le col de la Scaletia (2,627™);
8<> La route du col de l'Arche, de TArgeiitiére ou de la Magdeleine 11,995™) qui fait communiquer Barcelonnette avec Coni par la vallée de l'Ubayette et la Stura ; elle n'est encore que muletière sur quelques kilomètres depuis le col jusqu'à Berzezio, mais on travaille à rendi*e cette dernière seclion praticable aux voitures.
C'est par le col de TArgentière qu'en 1746 passa le prince de Conti lors (le sa funeste expédition contre Coni.
Dans la campagne de 1692, qu'on peut prendre comme exemple de la manière barbare dont on faisait la guerre à cette époque et du peu de résultat qu'on en tirait, le prince Eugène et le duc de Savoie Victor-Amédée en-
trèrent en France par le col de TArgentière et le col de Vars. Après avoir pris Guillestre et Embrun, ils vinrent assiéger Gap, qui était alors forliflée, s'en emparèrent et la brûlèrent complètement; ils se répandirent dans toute la contrée, qui fut écrasée de contributions et complètement ravagée. Le duc de Savoie étant tombé malade à Embrun, Tarmée ennemie ne poursuivit pas sa marche sur Grenoble et retourna sur ses pas pour rentrer en Italie par le même chemin qu'elle avait pris pour venir. Les manœuvres de Catinal n'avaient pu ni arrêter l'ennemi, ni empêcher le pays d'être mis à feu et à sang; il est vrai qu'il n'avait que 10,000 hommes à opposer à plus de 40,000 ennemis ; ses marches furent assez hardies et neuves pour l'époque, mais il n'engagea aucune action importante, car il ne perdit que 100 hommes dans toute la campagne. L'année suivante, Catinat punit le duc de Savoie à Marsaille des cruautés exercées dans le Dauphiné.
La haute vallée de l'Ubaye ou val de Maurin communique avec le Queyras par quelques chemins muletiers qui franchissent les cols Albert^ Tronchet et Girardin à des altitudes de 2,700 mètres environ et qui se réunissent à Ceillac, La même vallée de Maurin communique avec Guillestre par le col des Houerts (3,042'") qui n'est praticable qu'aux piétons; le meilleur de tous les chemins à travers la chaîne qui limite au nord la vallée de Barcelonnette, est celui du col de Vars (2,115™) dont il a déjà été question; il part de Gleizolles, remonte l'Ubaye jusqu'à Saint-Paul et aboutit à Guillestre et à Monl'Dauphin ; il a une grande importance stratégique, car il crée une communication directe entre le col de l'Argentière et le Mont-Genèvre, entre la position de Tournoux et Briançon; il sera bientôt carrossable.
Plusieurs sentiers difficiles traversent la haute crête qui sépare l'Ubaye de la Durance et mettent en communication la vallée de Barcelonnette et Embrun, le seul praticable aux mulets est celui du col de Parpaillon (2,879°) qui conduit de Gondamine à Embrun par le vallon de Crévoux; un peu au delà du col, un sentier se bifurque à gauche sur le premier et conduit également à Embrun par le col de Girabeau et la combe des Orres. En 1694, Catinat avait rendu le col de Parpaillon praticable à l'artillerie, mais aigourd'hui les chemins sont détruits.
La grande route qui suit l'Ubaye et qui doit relier directement Barcelonnette à Gap n'est pas encore achevée et ne franchit pas les derniers défilés qui resserrent l'Ubaye avant son confluent avec la Durance. Au delà du défilé du Lauzet, un chemin carrossable s'élève par des lacets vers le nord, traverse le col de Pontis et conduit à Savines sur la Durance et à Embrun, Sur l'autre rive et plus près du Lauzet, une route quitte également l'Ubaye, passe sous le feu du fort Saint-Vincent et conduit soit à Gap par la Bréole et Valsenes, soit à Digne par Seyne et le col de Labouret (1,212").
Les hautes montagnes qui limitent la vallée de Barcelonnette au sud ne