CHAPITRE IX. — VALLÉE DE LA DURANCE, ETC
le franchit plusieurs fois avec du canon, ainsi le maréchal de Berwick y fit passer son armée en 1702 ;
iO Celui du col de Saint- Véran et celui du col Blanchet (2,909°"), tous deux de Château-Queyras à Castel-Delfino par Sainl-Véran.
Ces derniers cols qui avoisinent le Mont-Viso sont restés célèbres depuis le passage de François P'^ avant la bataille de Marignan; le roi, trouvant le Mont-Cenis et le Mont-Genèvre fortement occupés par les Suisses qui rayaient devancé, partagea son armée en trois corps, tout en laissant des détachements au Mont-Cenis et au Mont-Genèvre. Celui du centre partit de Queyras et franchit au milieu des plus grandes difficultés les cols de la Traversette, de Valente et Agnel ; les 72 pièces de canon qui suivaient l'armée furent hissées par le col Agnel ; celui de droite passa par la vallée de Barcelonnette et le col de TArgentière ; celui de gauche, composé presqu'entièrement de cavalerie gagna par des passages fort difficiles le col de Sestrières et se porta sur Villafranca, où il surprit et fit prisonnier le général Colonna qui commandait Tarmée suisse ; la concentration de Tarmée française se fit à Saluées et les Suisses durent abandonner tous les passages des Alpes pour se retirer au delà de Milan.
C'est encore par le col Agnel et par celui de Saint- Véran que passa en octobre 1743 une armée franco-espagnole commandée par le duc de Mina, elle fut surprise par les neiges et dut abandonner une grande partie de ses équipages.
L'importance du Queyras tient au grand nombre de cols qui le font communiquer avec les yallées des Barbets ; on désigne sous ce nom ou sous celui de yallées vaudoises, la vallée du Pellice ou vallée de Litsema, le val Saint'Martin et la vallée d^Angrogne, cette dernière est située entre les deux premières; celle de Luserna est la plus considérable et la plus peuplée des trois. Ces vallées sont encore habitées par les descendants des anciens religionnaires vaudois si souvent persécutés par la France et par le Piémont.
La vallée du Pellice est fort étroite dans sa partie supérieure, elle était jadis défendue par la redoute de Mirabouc dont on ne voit aujourd'hui que les ruines.
La hante yallée de la Vraîta était autrefois française et on y parle encore le français, les habitants ne nous sont donc pas aussi hostiles que les barbets des vallées voisines qui nous firent tant de mal dans les guerres des siècles passés. Castel-Delfino a appartenu au Dauphiné comme son nom l'indique, il fut cédé au Piémont en 1713 avec plusieurs autres localités en échange de la vallée de Barcelonnette qui était détachée de la Provence depuis 1419. C'était alors une place forte, son ancien château est aujourd'hui en ruine.
Tous les chemins muletiers qui convergent dans le Queyras sont surveillés
:î32 LIVRE II. — LA FRANCE. — FRONTIÈRES DE TERRE.
par le Château-Queyras \ ancien château moyen âge, assis sur un rocher élevé, sur la rive droite du Guil, un peu en amont du débouché du vallon d*Arvioux ; ce fort est très propre à servir d*appui à des partisans, mais il est incapable de résister à Tartillerie. Il occupe un défilé très étroit, sorlo de coupure pratiquée dans la digue défensive formée par le contrefort qui borde à Vest le ravin cCArvieux et celui qui limite à l'ouest la vallée de Maimes et de Saint-Véran; les positions à occuper sur celte ligne sont : 1<» celle du col d'Izou^rdy 2*^ celle du camp de Roux en arrière de Chàteau-Queyras, 3° celle du col Fromage entre Saint-Véran et Ceillac.
La crête qui s'étend du col desAyes à Mont-Dauphin forme la seconde ligne de défense du Queyras; elle présente plusieurs "dépressions qu'il faudrait occuper.
La route du Queyras, au sortir de la combe de Véhicr, débouche dans le bassin de Guillestre où aboutit également le chemin du col de Vars, qui vient de la vallée de l'Ubaye et qui forme le prolongement de celui dn col de VArgentière. C'est par là que passaient les armées aux siècles passés, car Im vallée de Barcelonnette était alors presque impraticable et son extrémité était barrée par le fort Saint-Vincent. Le chemin du col de Vars n'est que muletier, mais on travaille à une nouvelle route qui sera praticable aux voitures. Les deux routes du col de Vars et du Queyras viennent se joindre i\ celle de la Durance au pied du mamelon de conglomérats où est situé Mont- Dauphin*. Cette place fut fortifiée de 1693 à 161)7 par Vauban, à la suite de l'expédition du duc de Savoie on 1692, pendant laquelle rarinéc ennemie avait pu sans difficulté déboucher par le col de Vars et entreprendre le siop* d'Embrun. Mont-Dauphin est une bonne place purement militaire, car cll^' n'a pas 500 habitants ; elle occupe une position avantageuse bien que secondaire, comme toutes celles qui ne se trouvent pas sur des voies conduisant i\ des objectifs principaux. Elle est située sur le relèvement de rexlréniité du contrefort qui sépare le Queyras du Briançonnais, l'enceinte sur les troi-i (juarts de son développement couronne des rochers A pic et, du côté nord, le seul abordable, existent deux lignes d'ouvrages. Cette place est consente et sera améliorée. Guillestre fut, pendant la guerre de la Succession d'Espagne, l'emplacement d'un des principaux camps du maréchal de Berwick.
Embrun, situé plus bas sur un mamelon qui domine la Durance de cent mètres, est une petite place sans aucune valeur dont les fortifications ne sont pas même à l'abri d'im coup de main. Comme ville de garnison, an centre de la Haute-Durance, elle est bien située.
Vallée de TUIiaye. — L'Ubaye prend sa source au col de Longel i;ur la chaîne capitale des Alpes et coide parallèlement à cette crête au milieu 1. Consulter la carte 77. 1 2. Consulter la carte 79.