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CHAPITRE IX — VALLÉE DE LA DURANCE. ETC. 'Ml

la roule du Simplon, ne trouva de résistance qu'à Meillerie, à rentrée du Chablais. Le général Dessaîx défendit le passage de la Dranse et celui de TAn-e, puis il se replia sur la position des Rousses. Genève, malgré son importance, n'avait été ni occupée, ni fortifiée, parce qu'on avait voulu ménager le territoire suisse; les coalisés y entrèrent le 27 juin.

En Savoie, le colonel Bugeaud, qui un mois auparavant avait chassé les Sardes de la Maurienne et de la Tarentaisc que le traité de Paris avait laissées au Piémont, fut attaqué à son tour et se replia jusqu'à Gonflans, où il essaya de défendre le débouché do la Maurienne. Après un très brillant combat où il fit subir à l'ennemi des pertes considérables, il était encore maître de la rive droite de TArly, mais il allait succomber sous le nombre de ses adversaires qui le débordaient par sa gauche, quand un armistice de quatre jours conclu avec les Autrichiens lui permit de se replier en arrière des limites fixées par le traité de Paris. Les Piémontais ne se considérant pas comme liés par cette convention, continuèrent à avancer sur Chambérj'.

La ligne de défense, occupée par les troupes françaises, était alors formée par la crête du mont de l'Epine et celle du mont du Chat, par le Rhône depuis Culoz jusqu'à Bellegarde, puis par la crête du Jura depuis le fort de l'Écluse jusqu'aux Rousses. Gette ligne de défense, bien qu'abordable sur un très petit nombre de points, fut forcée et bientôt débordée. La position des Rousses fut enlevée ainsi que le défilé de la Grotte et des Échelles, ce qui ouvrit à l'ennemi deux routes vers Lyon. Une colonne austro-piémontaise se porta^ sur Grenoble par le Grésivaudan et, après avoir subi un échec assez sérieux, força cette place, qui n'avait qu'une garnison dérisoire, à capituler.

Les troupes françaises eurent l'ordre de se replier sur Lyon pour couvrir cette grande ville; mais le maréchal Suchet, jugeant sans doute inutile de prolonger la résistance, signa une capitulation qui livra cette place à l'ennemi.

Dans cette circonstance, la ligne occupée par le maréchal de Berwick fut entièrement délaissée; nous avons vu pourquoi. On a toutefois reproché au maréchal Suchet de n'avoir pas occupé les Bauges, de n'avoir pas mis Genève en état de défense et de n'avoir pas profité de la belle position de Valloire pour arrêter l'ennemi en Maurienne ; il se serait ainsi ménagé une première ligne de défense en avant du Rhône ; il est vrai qu'il a ime excuse dans rénorme infériorité de ses forces.

Conditions actuelles de la défense des Alpes occidentales.

— Aujourd'hui, si la neutralité de la Suisse était violée, et si nous ne pouvions oceuper à temps ce pays, ce sont les positions de Valloire, des Bauges et de Saint-Maurice qu'il nous faudrait défendre, puis, en dernier lieu, nous pourrions occuper la ligne du maréchal Suchet.

Si la neutralité de la Suisse était respectée et que l'Italie menaçât toute la frontière des Alpes, la ligne occupée par le maréchal de Berwick pourrait encore être défendue avec avantage ; mais il faudrait on compléter l'organisation, comme l'avait fait le maréchal, par la construction de quelques ouvrages sur les points les plus importants et par la mise en état des chemins, ce qui est du reste, comme nous l'avons vu, l'objet de nos préoccupations.

Toutefois, comme la Savoie est française ai^ourd'hui, il faut empêcher l'ennemi de s'y répandre et la protéger en occupant les lignes de défense qui lui sont propres, et qui devront être aussi rapprochées que possible de la fhintière.

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