CHAPITRE X. — NICE ET LES ALPES MARITIMES
qu'il est très facile de tourner cette place en pratiquant un chemin plus au nord hors de la portée de son canon. Du reste Tennemi pourra facilement la bombarder et la bloquer, puisqu'elle ne se rattache au continent que par un isthme étroit et que son enceinte est dominée et enfilée ; le fort Carré^ situé sur une hauteur de Tautro côté du port, en face la ville, est sans consistance et n'a pas plus de valeur que le fort Montalban, auprès de Nice.
Un peu à l'ouest d'Antibes se trouvent les excellents mouillages du golfe Jouan et du golfe de la NapouUy qui sont protégés et séparés l'un de l'autre par les îles Sainte-Hargaerite et Saint-Honorat. C'est de la presqu'île qui sépare Antibes du golfe Jouan que les Anglais, en 1766, bombardèrent celte place.
Toulon*. — Toulon est d'abord une grande place maritime, puis la base de la défense de la Provence et la protection la plus efficace de Marseille. La ville et l'arsenal sont situés au fond d'une rade naturelle magnifique, qui est formée de deux parties : i° la petite rade, fermée par le pro^ montoire du Caire ou presqu'île du Bdlaguier; 2^ la grande rade, séparée de la mer par la presqu'île des Sablettes ou presquîle Cepet. En avant de Toulon, au nord de la ville, s'élève le Faron^ montagne isolée qui est presque inaccessible du côté de la campagne; la raideur des escarpements et les retranchements qui la couronnent la rendent inexpugnable. L'attaque ne peut donc se faire que par la droite ou par la gauche entre le Faron et la mer. En 1793, l'attaque se fit par l'ouest, l'armée assiégeante ayant débouché des gorges d'Ollioules; c'est en s'emparant du fort Mulgrave, appelé Petit Gibraltar et dénommé aujourd'hui fort Napoléon (82"), que Bonaparte parvint à bloquer Toulon du côté de la mer, à couvrir de projectiles les deux rades et à déterminer l'évacuation de la ville. Aujourd'hui le front d'attaque serait sans doute à l'est entre le Faron et le fort Lamalgue, car la place serait attaquée par une armée italienne et non par une armée française. Si donc l'ennemi voulait attaquer par l'ouest, il lui faudrait contourner la place, abandonner ses communications, dont il serait séparé par des montagnes arides, et no recevoir ses approvisionnements que par une flotte stationnée dans la baie de Saint-Nazaire.
L'enceinte de la ville est neuve et a été édifiée avec grand luxe et à grands frais ; vers l'ouest, elle se lie au fort Malbousquet, qui couvre de ce côté les nouveaux établissements de la marine. En avant de la ville, on a construit uu grand nombre d'ouvrages détachés, disposés de manière à empêcher un bombardement.
Le Faron, qui domine au nord la ville de 500 mètres, est la clef de toute la position et est compris depuis longtemps dans la défense. Cette mon-