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CHAPITRE Z. — NICE ET LES ALPES MARITIMES. B

La position de Nice forme le réduit de la défense de cette partie de la frontière. Les routes qui pénètrent sur notre territoire et qui aboutissent à Nice suivent deux directions; ce sont : 1*> la route du col de Tende, qui vient (le Coni; 2*» la route de la Corniche et le chemin de fer qui longent la côte ; ce dernier sera bientôt doublé d'une route entre Nice et Menton, ce qui évitera la montée de la Turbie. Il existe sur ces deux directions de fortes positions défensives qui seront disputées avec avantage par la défense mobile. Vers lo col de Tende, la clef de la défense est la patte d'oie formée par le massif de rAution, au sommet duquel se trouvait, sous la Révolution, le camp de Mille-Fourches (2,070"'); les pentes vers rexlérieur sont raides et difficilement abordables; vers Tintérieur elles sont douces, gazonnéeset se prêtent bien à Tassiette d'un camp; les sources sont abondantes et les flancs de la montagne sont boisés. La retraite est parfaitement assurée en arrière, même si l'ennemi est maître de Saorgio. Après l'abandon de la crête Aution^SaorgiO'Marta, on peut occuper le contrefort Aution, col de Beolet, col de Bronis, Croix de Cogola; de ce dernier sommet, situé au-dessus de Breglio, on enfile vers l'amont toute la vallée de la Roya et on maîtrise le point de réunion du chemin en partie muletier qui vient de Vintimille avec la route de Tende, ce serait un point à couronner d'un ouvrage de campagne dès le début d'une guerre. Un peu plus en arrière, il faudrait de même occuper fortement le mont Barbonnet qui domine Sospello, nœud de communications fort important au centre des positions défensives et point de réunion de la route qui vient de Menton avec celle de Tende. Entre Sospello et Lescarène, on peut encore défendre les abords de Nice en occupant le col de Brans.

Dans la seconde direction, la meilleure position à occuper pour barrer les routes et le chemin de fer est celle de la Tète de Chien (572"), de la Tnrbie, du Mont des Batailles (622*") et du Mont Agel (1,148"') ; elle se lie du reste à la défense même de Nice.

Four faciliter la défense mobile et l'occupation des fortes positions que nous venons d'énumérer, on construit un très grand développement de chemins stratégiques qui suivront les crêtes. Un chemin carrossable fera communiquer la Turbie avec le col de Braus et avec Sospello en se tenant en arrière des crêtes. Un autre chemin contournera le haut bassin de la Bevera, il montera directement de Sospello au col de Brouis, longera la crête qui va de ce dernier col au sommet de rAutioii, puis redescendra de F Aution à l'Escarène en suivant la crête où s'ouvre le col de Tourini et en passant à Luceram.

La a'ète qui sépare la Roya de la Vésubie est traversée par des sentiers muletiers aux cols de Raus et de Tourini, situés au nord et au sud de TAutioQ. La meilleure position à occuper pour défendre le débouché de la Vé-

subie est celle de Levens sur le versant du mont Ferion; elle est très forte et barre complètement la route de Saint-Martin-de-Lantosque à Nice ; elle surveille aussi les routes qui viennent du haut Var et de la Tinée; on sait du reste que l'ennemi venant d'Italie ne peut pénétrer dans ces hautes valhVs que par des sentiers.

La défense^ de Nice sera assurée par Toccupation de la crête qui s'étend entre les deux routes de Tende et de la Corniche, depuis le Paillon jusqu'à la Turbie; les premiers projets ne comportaient que la construction d'un seul fort en arrière de cette crête au Moîit de Leuza^ au plateau de la Justice ou au Mont des Fourches^ c'est-à-dire à Tun des sommets du contrefort qui domine Villefr anche au nord ; mais à la suite des dernières études, on se décida à occuper la crête elle-même et à construire plusieurs ouvrages qu'on commence en ce moment : trois sur la crête même et un à l'extrême droite, à la Tête^de-Chien^ au-dessus de Monaco. Au centre de la position, le fort de la Révère (703") doit battre les hauteurs et la route de Tende jusqu'au col de Nice sur une longueur de 10 kilomètres; à droite, l'anneze de la Forna (620"*) verra le fond de la Turbie et les ravins masqués au fort ; à gauche, la batterie de la Drette (500™) donnera des feux sur le ravin de Laghette en avant de la crête et sur la route de Tende. Le fort de la Têtede-Chien (572") battra la route de la Corniche depuis la Turbie jusqu'à Roquebrune, interdira l'occupation du plateau de la Turbie et du mont Age! (1,148°), dominera la mer et surveillera le chemin de fer et la route du littoral.

De l'autre côté du Paillon, au-dessus du point de réunion des routes de Saint-Martin-de-Lentosque et de Tende, on a également projeté un ouvrage, celui de Rimiès (240°*), avec la batterie basse de Brec (95™); ils sont destinés à battre les routes et la vallée du Paillon.

Villefranche ^ — Villefranche, qui est séparée de Nice par la hauteur que couronne Tancien fort Montalban, n'est pas fortifiée du côté de terre; la route de la Corniche passe à une grande hauteur au-dessus de la ville, et cette dernière est dominée de toutes parts. Elle n'a d'importance que comme établissement maritime, elle est située au fond d'une baie profonde où les plus gros vaisseaux trouvent un excellent mouillage; elle est défendue par des batteries de côte qui doivent être abandonnées et remplacées par les trois batteries hautes du Mont Boron^ du Soleillat et du Cavferrat.

Antibes 2. — gur la côte de Provence, Antibes, bien que situé sur la seule route carrossable qui puisse servir de ligne d'opérations à l'ennemi. ne peut être considéré comme interceptant rigoureusement le passage, puis-

• 1. Consulter la carte 82« | 2. Consulter la carte 116.

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