CHAPITRE XI. — FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES. l
la iig^ûe de pai'lage des eaux. L'Espagne empiète souvent sur le versant nord; cela tient à ce que les traités, à l'exception de ceux qui consacrent une conquête, n'ont à tenir compte que des délimitations fixées par les populations elles-mêmes au milieu des forêts et des pâturages ; or, ces limites, dans le cas qui nous occupe, sont presque partout tracées à l'avantage des montagnards espagnols attirés sans cesse par la richesse des cultures et la iVrtilité des vallées du versant français; la race et la langue espagnole so >ont en effet réi)andues au nord de la chaîne des Pyrénées, plusieurs villabres du côté de la France ont déjà le même aspect que ceux de la Navarre ri (le l'Aragon, tandis qu'au sud de la chaîne rien ne rappelle la France; les Espagnols des hautes vallées du jUaleau inculte de l'Aragon avaient une tendance toute naturelle à descendre les pentes plus raides du versant frani.aiN, tanfîis que les haljitants du versant nord de la chaîne, cultivateurs attachés au sol, n'étaient nullement portés à franchir Tehstaclc formé par les Pyrénées pour ne trouver que des terres incultes. L'Esjjagne possède au nord de la ligne de partage des eaux : la vallée de la Bidassoa, le val Carlos au nord de Roncevaux, le val d'Aran où se trouvent les sources de la Garonne; les pâturages des sources de TAriège appartiennent à la petite république d'Andorre. Inversement, la France possède au sud de l'arête de partage : une partie de la haute vallée de la Huga dans les Pyrénées orientales, la haute vallée du Sègre qui forme la Cerdagne française, moins l'enclave espagnole Llivia, que le traité des Pyrénées laissa à l'Espagne, la haute vallée d'Iraty toute couverte de forêts dans les basses Pyrénées; ces territoires ont une étendue beaucoup moindre que les premiers. Ces empiétements réciproques n'ont pas une grande importance au point de vue militaire, parce qu'ils ne s'étendent que sur de hautes vallées et que les routes, après les avoir traversées, franchissent encore avant de déboucher en plaine des défilés faciles à défendre; les Pyrénées n'en coustilnent pas moins une excellente frontière pour les deux Etals qu'elles séparent.
La partie centrale de la chaîne, la i)lus haute, est entièrement déi)ourvuG de routes et ne se prête qu'à la guerre de partisans; les opérations seront donc dirigées vers les deux extrémités jdus basses et plus accessibles : à Test, entre le Roussillon et la Catalogne; à l'ouest, et ce serait les plus importantes, entre le Pays Basque, la Guipuscoa et la Navarre. La France possède à l'est Perpignan, à l'ouest Bayonne, d'où parlent toutes les routes qui pénètrent en Espagne; ce sont par suite deux positions stratégiques très importantes au point de vue de Toffensive comme de la défensive.
Description générale de la cliaine des Pyrénées '• — Les Py