‹ -Texte. Géographie militaire (volume 2)Chapitre 233 sur 256 · Conaaitcr les cartes 85 et · texte numérisé non relu

Conaaitcr les cartes 85 et

rénées hispano-françaises forment une longue chaîne qui s'étend du cap Creus sur la Méditerranée au col de Bélate où passe la grande route de Rayonne à Pampelune, sur une longueur de 410 kilomètres à vol d'oiseau et de plus de 500 en tenant compte des détours de la crête; Tépaisseur de la chaîne est en général de 120 kilomètres, elle se réduit à 30 kilomètres à Textrémité orientale entre la vallée du Tech et celle de la Muga, ou bien entre le Boulou et Figueras,

Elévation de la chaîne des Pv va nées.

si

Échelle des longueurs, l/J^'TOO^OÛO. — Échelle des hauteurs, 25 fois plus grande.

L'aspect général dos Pyrénées est bien différent de celui des Alpes; ce ne sont plus ces masses immenses de hauteurs étagées soutenant de vaste> glaciers, la chaîne n'est plus formée de massifs séparés s'étendant dan> toutes les directions, des cols profondément découpés ne la partagent pa> en groupes distincts ; les Pyrénées sont une chaîne unique comme le Caucase auquel elles ressemblent sous bien des rapports, elles forment une muraille ou plutôt une suite de murailles qui s'élèvent brusquement entre deux vastes plaines, et ne détachent au nord et au sud que des contrefort:^ assez courts perpendiculairement à la direction de l'arête principale; les pentes sont généralement plus raides que sur les versants français des Alpes et sont souvent dépouillées de prairies et de bois, mais, si on n'y" trouve pas les vastes forets de la Suisse et du Tyrol, nulle part on ne rencontre d'espaces désolés et arides comme dans les Basses Alpes ou les Alpes Maritimes. L'altitude est moindre que celle des sommets les plus élevés des Alpes, cependant les pics de 8,000 mètres sont nombreux et l'arête même de partage atteint presque cette hauteur dans certaines parties; le géant des Pyrénées est le pic d'Anéthou, au sud-est de Bagiièrcs-de^Luchon; il atteint 3,404 mètres. Grâce à la simplicité de sa structure, la chaîne des Pyrénées ne laisse pas d'être imposante ; et, comme elle s'élève brusquement au^essus d'une vaste plaine basse, elle n'en a que plus de grandeur pour l'observateur qui l'admire âe^ Tarbes ou de Pau. Les glaciers cl les

CftAt^lTRE XI. — FRONTIÈRE DES PTRÉNÉES. 369

neiges éternelles sont rares dans les Pyrénées ; on n'en trouve que dans la partie centrale au sud à'Argelès et de Bagnères-de-Luchon ; les glaciers, au lieu de descendre aussi bas que dans les Alpes, se tiennent à une altitude supérieure à 2,400 mètres ; le petit glacier septentrional du Yignemale descend seul à 2,200 mètres; bien des sommets de 3,000 mètres et plus n'ont pas de neiges éternelles.

Si on étudie de plus près la configuration des Pyrénées, leur régularité paraît beaucoup moins parfaite qu'au premier abord ; vers le milieu de la chaîne, la direction recliligne de la crête est brisée par une sorte de rupture que forme le val d'Aran aux sources de la Garonne ; les deux crêtes parallèles qui forment l'ensemble de la chaîne sont réunies par deux chaînons transversaux de 2,000 mètres de hauteur moyenne qui limitent à Fest et à l'ouest le val d'Aran. La crête la plus méridionale se prolonge à l'ouest pour former les Pyrénées occidentales ou atlantiques; elles contiennent les plus hauts sommets de la chaîne et s'étendent jusqu'au col de Bélate, La crête nord se dirige à l'est, du Pont-du-Roi au cap Creus, et forme les Pyrénées orientales ou méditerranéennes ; cette dernière chaîne semble s'arrêter au pic de Carlitte, où naissent les premières eaux du Sègre, de la Têt et de VAude; au delà se trouve la dépression de la Cerdagne française et du col de la Perche y entre le Sègre et la Têt; la Sierra de Cadi, le Pnig-* mal et le Canigou forment une chaîne à part au sud de cette dépression ; les Albères sont une autre chaîne parallèle à la précédente au sud du Tech; celte dernière est rejointe au massif du Canigou par le pic de Costabonne et se termine sur la Méditerranée au cap Cerbera; un chaînon sans importance se prolonge jusqu'au cap Creus plus au sud et beaucoup plus avant dans la mer.

La géologie explique ces irrégularités ou brisures de la chaîne : le soulèvement des Pyrénées dont la direction est celle de l'ouest à l'est avec une inchnaison de 109^ sur le méridien de Paris, a subi l'influence et l'empreinte de plusieurs autres soulèvements antérieurs ou postérieurs à lui dont les points de croisement avec la chaîne principale marquent les plus hauts sommets. Ainsi les chaînons qui, à Test et à l'ouest du val d'Aran, relient les deux parties occidentale et orientale de la chaîne et qui sont limités par les hautes pyramides de la Maladetta, du pic de Maubermé et du Mont- Vallier, appartiennent au système du Mont-Viso (154® sur le méridien de Paris); ils étaient déjà formés à l'époque du soulèvement des Pyrénées. A Test de la chaîne, le massif du Canigou et la Sierra de Cadi appartiennent au système des Alpes principales (73° sur le méridien de Paris).

En bien des endroits, les sommets de la crête principale, ou plutôt des deux crêtes principales des Pyrénées, sont granitiques. Cette roche primitive forme, suivant les axes de soulèvement de la chaîne, des îlots nombreux en- Géographie. — !'• partie. 24

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tourés de sédiments anciens et noyés, pour ainsi dire, dans des masses de terrains schisteux ; la plus grande partie de la chaîne est donc formée de schistes; puis, sur les deux versants, s'étendent de longues bandes de terrains calcaires, jurassiques et crétacés, dont les bords relevés marquent les longues crêtes des avant-monts pyrénéens et qui, au sud surtout, rendent souvent difficiles les communications des hautes vallées avec la plaine. La ligne de faite

en plusieurs endroits s'élève au milieu de terrains crétacés qui sont au sud de l'axe du soulèvement, c'est ce qui a lieu dans les environs du Mont Perdu, du Marboré et de la Brèche de Roland; c'est dans les parois calcaires qui soutiennent ces hauts massifs, que sont taillés les magnifiques cirque de Gavarnie, d'Estaubé, de TroumousteideBiesla, Les plus hauts sommets se trouvent souvent au sud de la ligne de partage des eaux, c'esl-à-dire en Espagne, et le granit domine précisément dans la partie orientale où les montagnes sont le moins élevées; ces deux faits tiennent sans doute à ce que les agents de dénudation ont été beaucoup plus actifs au nord et à Test que sur le versant sud, et à ce que, dans le voisinage de la Méditerranée, ils ont enlevé tout ce qui recouvrait la base granitique.

Comme on le voit d'après ce qui précède, tout est symétrique dans cette chaîne des Pyrénées hispano-françaises, au nord et au sud comme à l'est et à l'ouest. Aux deux extrémités se trouvent les seules routes praticables aux voitures qui permettent de communiquer d'Espagne en France, et Tobstacle opposé par la chaîne à la marche d'une armée espagnole entrant en France est doublé d'un côté comme de l'autre par des cours d'eau qui sont parallèles à la crête principale ou décrivent des arcs de cercle concentriques, ils forment des Ugnes de défense plus ou moins fortes. Au sud se trouve la vallée de l'Ebre et au nord celle de la Garonne; nous allons rapidement décrire ces deux vallées.

Basaln de TEbre^ — Au sud et parallèlement à la chaîne s'étend le grand bassin de l'Ebre, qui correspond à la dépression formée par les vallées de la Garonne et de l'Aude situées au nord. L'Ebre prend sa source auprès de Beinosa^ dans les Pyrénées cantabriques, et traverse d'abord une suite de défilés dans les contrées montagneuses qui dépendent des provinces de Santander, de Burgos, d'Alava, de Logrono. La vallée s'élargit au-dessous de la ville de Logrono, et le fleuve traverse la partie sud de la Navarre et la grande plaine de V Aragon; il en sort au défilé de Méqninenza ou drlas /lrma5, après avoir reçu le Sègre, et perce les chaînes parallèles de la Catalogne pour s'ouvrir un passage jusqu'à la Méditerranée. C'est par cette profonde fissure que s'est vidé l'ancien lac qui recouvrait la plaine de l'Aragon. Au-dessous de Tortosa, ancienne place forte dont les fortifications sont

\, CoQsuUcr la carie 87.

CHAl»iTftE II. ~ Frontière tas ptrénées. 311

aujourd'hui en partie démolies, TEbre a formé un vaste delta sablonneux ; son embouchure est obstruée par une barre et la navigation ne peut utiliser qu'un canal qui, partant d'Amposta, aboutit au fond de la baie des Alfaques,

L'Ebre reçoit sur sa rive gauche un grand nombre de cours d*eau qui descendent des Pyrénées et qui longent ou percent les hautes chaînes du Jura pyrénéen; les principaux sont rAragon, le Gallego, le Sôgre grossi des deux Noguera et de la Cinca ; ces cours d'eau n'ouvrent dans les Pyrénées que des communications assez difficiles; leSègre seul dont les sources sont en France correspond à une grande dépression, mais les routes carrossables de sa vallée ne se prolongent guère au delà de la frontière.

La plaine de TAragon aride et privée d'eau de pluie est fertilisée par les irrigations de TEbre sur les bords de ce fleuve, où les steppes font place à de riches cultures. Le canal d'irrigation de Tauste longe sa rive gauche à partir de Tudela; le canal impérial, qui sert aussi à la navigation, se trouve sur la rive droite et se termine un peu au-dessus de Saragosse, centre de tout le bassin.

Les routes de la vallée de l'Ebre sont en assez triste état et assez mal entretenues ; souvent elles traversent des steppes où elles sont a peine tracées. Le fleuve est longé sur la rive droite par une voie ferrée qui s'embranche à Miranda sur la voie ferrée de Bayonne à Madrid et qui se termine aujourd'hui à Escairon entre Saragosse et Méquinenza; sur celte artère principale s'embranche à Castejon une voie ferrée venant d'Alsàsua par Pam" pelune et le col de Carascal; de Saragosse se détache vers le nord une autre ligne qui a un embranchement sur Huesca, qui passe elle-même à Monzon et à Lériday deux anciennes places fortes, et qui aboutit sur la côte à Tarragone et à Barcelone, Deux voies ferrées mettent le bassin de l'Ebre en relation avec l'intérieur de l'Espagne, ce sont celle de Miranda à Madrid par Burgos et Valladolidj et celle d'Alagon à Madrid par Calatayvd, De plus, la voie ferrée de Santander à Valladolid et Madrid coupe le fleuve près de sa source, et le chemin de fer du littoral de la Méditerranée de Barcelone à Valence le franchit à Torlosa, près du delta qu'il forme avant d'aboutir à la mer.

La partie centrale du bassin de l'Ebre, c'est-à-dire l'Aragon, est sauvage, peu peuplée et mal cultivée; on y trouve des steppes qui, faute d'eau, sont tout à fait comparables aux déserts de l'Afrique ; il n'en a pas toujours été ainsi, et, du temps des Maures, le pays était parfaitement irrigué. Au nord des steppes do l'Aragon, au milieu des montagnes profondément découpées des avant-monts pyrénéens, le Sobrarbe est un antique royaume d'où partit le signal de la lutte contre la domination des Maures.

La partie occidentale du bassin est montagneuse, mieux arrosée, plus riche et plus peuplée ; le dédale de monts et de collines qui recouvrent les provinces basques et la Navarre, relie les Pyrénées au plateau des Cas-

3;2 LIVRE II. - La France. — frontières dé terre.

lilles; ce pays est traversé par ies chemins de fer et les routes les plus directes et les plus importantes, qui pénètrent de la France au cœur de l'Espagne. Les riches cultures de la Guipuzcoa et de la Biscaye ont pu, à deux reprises différentes, nourrir et prolonger rinsurreclion carliste.

A l'autre extrémité du bassin, la Catalogne comprend d'abord les plaines e:i partie irriguées et cultivées qui, le long du Sègre, forment le prolongemi3nt des déserts de TAragon; puis, à l'est, la partie inférieure du bassin de FEbre et les bassins côliers de la Muga, de la Fluvia, du Ter et du LlobregiK Les provinces de Tarragone, de Barcelone, de Lêrida et de Gérona, qui forment la Catalogne, sont en grande partie couvertes de montagnes dont les pentes sont tantôt rocheuses, tantôt cultivées; les parties arrosables des vallées du Llobregat, du Ter, de la Fluvia et de la Muga sont seules fertiles. Les armées ne trouveraient donc dans ce pays que d*assez faibles ressources en vivres et en fourrages; cette pauvreté, jointe à la configuration du sol, fait de la Catalogne une contrée essentiellement favorable à la guerre défensive; c'est du reste ce qu'ont prouvé les guerres du premier emjiire où le maréchal Soult fut si longtemps arrêté par la résistance des Catalans. La capitale de la Catalogne, Barcelone, est de beaucoup la cité la pins commerçante et la plus industrielle de la Péninsule, la ville a déborde au delà de ses anciens remparts aujourd'hui démolis de môme que ceux de Tarragone et de Tortosa, elle n*est plus défendue que par un fort, le chdleaif de Monjuichy qui la domine au sud ainsi que son port. Les campagnes des environs do Barcelone^ de Tarragone et de Tortose sont parfaitement cultivées et preôque aussi riches que les magnifiques hvertas de Valetxce et de Malaga.

Bassin de la Garonne^ — Au nord de la chaîne des Pyrénées, la vallée de la Garonne, prolongée à Test i)ar celle de l'Aude, forme une dépression continue qui sépare le massif central de la France des Pyrénées. Depuis bientôt deux siècles, le canal du Midi, profilant de cette circonslanev géographique et utilisant les eaux de ces deux fleuves, réunit la Méditerranée à rOcéan Atlantique.

Colle grande ligne naturelle est encore suivie aujourd'hui par un chemin de fer à deux voies qui met en communication Cette et Bordeaux, c'est la ligna du Midi. De nombreuses voies ferrées et de belles roules parfaitement entretenues viennent se greffer sur celte grande artère ; elles desservent les principaux centres de cette riche contrée ou la font communiquer avec le reste de la France.

Du côté du nord, plusieurs chemins de fer, parlant de Bordeaux, à'Agen, de Montaiiban, de Toulouse et de Castelnaudary, pénètrent jusqu'au centre

l. Consulter les cartes Bi et 85.

CHAPITRB XI. — FRONTIÈRE DBS PTRÉNÉES. S"»

dd la France et jusqu'à Paris. Les uns contournent le massif central de la France et suivent les grandes voies d'invasion naturelles de l'est ou do l'ouest, ce sont : l**la ligne à deux voies de la vallée du Rhône qui par Cette, Lyon et Dijon mène à Paris; 2<> les lignes à deux voies de Bordeaux à Paria par AngouUme et Tours^ ou par Limoges et Vierzon^ certaines parties do celte dernière n'ont encore qu'une seule voie. D'autres chemins de fer traversent le massif central, ils partent de Montauban^ de Toulouse^ de Castel* naudary et se réunissent pour traverser les causses et les monts d'Auvergne par Figeac^ AurillaCy Murât et CUrmont-Ferrand. Ces lignes ne suivent pas les affluents de droite de la Garonne, le Tarn, VAveyron, le Lotf la Dorilogne, qui descendent du plateau central; elles les coupent et traversent sous de nombreux tunnels les collines qui séparent leurs vallées; elles présentent souvent de fortes pentes; elles n'ont qu'une seule voie, en sorte qu'au moment d'une guerre elles ne pourraient servir qu'à des transports fort limités. Le tunnel qui passe sous les montagnes du Cantal a une longueur de 1,410 mètres. Une seconde ligne à une voie traverse les Cévennea aux sources de l'Allier et réunit Nîmes à ClermontFerrand.

D'autres lignes partent de Bordeaux, d'Agen, de Touloitsej de Carcassonne^ de Sarbonne et se détachent vers le sud, elles pénètrent jusqu'au fond des vallées des Pyrénées, c'est-à-dire jusqu'à Pierrefitle^ Bagnères-de-Bigorre^ BagnèreS'de-Luchon, Saint-Girons, Foix, Quillan^ Prudes et Port-Vendres, Celle qui part de Bordeaux passe à Bayonne, franchit la frontière à ïrun et se prolonge en Espagne par Tolosa et le col d'Idiazabal; elle se bifurque au pied du col, à Alsàsua^ vers Pampelune et VKbre ou vers Yitoria, Yalladolid et Madrid, Celle qui, à l'autre extrémité de la chaîne, part 6e Narbonne et se dirige sur Perpignan et Port-Vendres, pénètre en Espagne par le col des Balistres et rejoint par Figueras et Gerona la ligne qui longe toute la côte de la Méditerranée jusqu'à Valence; la section de Banyuls à Figueras n'a été ouverte qu'au commencement de 1878.

Ces lignes ou du moins celles des Pyrénées occidentales sont reliées entre elles par une voie ferrée qui suit le pied même des hautes montagnes et qui passe par Bayonne, Pau, Lourdes, Tarbes, Montrejeau; elle traverse un pays accidenté, et par suite on y trouve de nombreux ouvrages d'art, particulièrement entre Tarbes et Lannemezan ; après avoir traversé au sortir de Tarbea plusieurs tunnels qui n'offrent pas toutes les garanties de solidité désirables, elle s'élève, en gravissant une pente fort raide, sur le plateau de Lannemezan qui forme un immense cône de déjection d'où s'écoulent en éventail les affluents de gauche de la Garonne. Ce chemin de fer n'a du reste qu'une seule voie; aussi, en cas de guerre, ne pourrait^on pas en tirer un grand parti.

De nombreuses routes sillonnent le pays compris entre la Garonne et la

frontière; elles arrivent jusqu'au fond des principales vallées des Pyrénées du côté de la France, mais elles ne sont pas prolongées en Espagne, elles sont réunies par une grande route qui est parallèle à la frontière et qui longe le pied des montagnes, c'est la route de Perpignan à Bayonne par le col Saint-Louis^ Quillarij FoiXy Saint-Girons^ Saint-Gaudens^ Tarbes et Pau, Dans la partie centrale, on a créé, pour le service des villes d'eau, des routes thermales qui longent la frontière de plus près encore, telle est la route de Tardas à la vallée d'Aspe^ celle de Bedous à Laruns à rentrée de la vallée d'OssaUy celle des Eaux-Bonnes à Argelès par les cols d'Aubisque et du Couret^ celle de Luz à Campan par Barèges et le Tourmalet^ ou celle de Sagnères-de-Bigorre à Bagnères-de-Luchon par le col d'Aspin et le port de Peyresourde.

Plan de fpaerre entre l'Espagne et la France. — La grande ville de Toulouse, au centre de la dépression qui existe au nord de la chaîne des Pyrénées, à égale distance des deux mers, serait sans doute la position centrale où seraient massées en cas de guerre avec l'Espagne les résenes prêtes à se porter soit à Touest, soit à Test, de même au sud Saragosse en Espagne, au centre du bassin de TEbre, jouerait un rôle analogue contre la France.

Nous avons vu que Toulouse pouvait devenir l'objectif commun de deux armées espagnoles pénétrant par les deux extrémités de la chaîne des Pyrénées. Par suite du tracé des routes sur les deux versants et de leur éloignement de la crête de montagnes, éloignement encore plus considérable du côté de l'Espagne que du côté de la France, les armées qui opéreront dans les Pyrénées orientales et occidentales agiront isolément.

L'Espagne réorganisée pourra mettre sous les armes en cas de guerre environ 500,000 hommes dont 300,000 seront envoyés à la frontière. Ces troupes formeront au plus trois masses, la première se réunira en Navarre, la seconde en Catalogne, la troisième formera réserve aux environs de Saragosse et sera prête à renforcer l'une ou l'autre des deux premières suivant le plan de campagne.

Ces armées pourront être de force très inégale, de manière à ne prendre l'offensive que d'un côté et à rester de l'autre côté sur une défensive absolue; les opérations seront sans doute subordonnées dans leur direction générale à celles des alliés de l'Espagne et les lignes d'opérations se dirigeront soit par les pays basques sur la Loire, soit par le Roussillon sur le Rhône.

A cette invasion, la France opposera les troupes actives et territoriales des corps d'armée voisins de la frontière, c'est-à-dire des 11*, 16*, 17* et 18* corps dont l'ensemble formera près de 300,000 hommes divisés en trois

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