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CHAPITRE XI. — FRONTIÈRE DES PTRÉNÉES

nigou jusqu'à la plaine alluvionnaire du Roussillon s'appelle les Aspres. L'altitude diminue rapidement des hautes montagnes à la mer; dans les hautes Aspres, les sommets ont de 7 à 800 mètres; dans les Aspres moyennes, 4 à 500; les basses Aspres n'ont que des collines de 200 mètres. Les voies de communication sont très rares dans ce massif : entre le pic de Costabonne et le Canigou, il n'y a que deux mauvais sentiers de piétons qui font communiquer le haut Tech avec la vallée du Vernet et Villefranche sur la Têt. Dans la partie haute des Aspres, il n'y a encore que de rares sentiers; des chemins praticables aux voitures relient les villages de la partie moyenne, le village d'Oms est le nœud de toutes les communications de ce pays; la partie basse des Aspres est traversée par la grande route de Perpignan au Boulou et par de nombreux chemins parfaitement entretenus.

Au sud-ouest de Puigmal, la Sierra de Cadi (2,600"») forme une crête élevée et infranchissable qui domine la Cerdagne ou haute vallée du Sègre ; elle est traversée au col de Tosas (680*°) en Espagne par un mauvais chemin qui conduit de Puigcerda à Rlpoll sur le Ter et se prolonge jusqu'à Barcelone par une bonne route, cette dernière doublée d'un chemin de fer. Au sud du col de Tosas, il n'existe plus aucune dépression dans la Sierra de Cadi ; la première communication qu'on rencontre est le chemin qui réunit Castellnou de Basella sur le Sègre avec Cardona sur le Cardoner en passant par Solsona.

Montai^nes de la Catalogne ^. — Au sud des monts Albères, entre la Sierra de Cadi et la Méditerranée, le pays est couvert de montagnes élevées, aux sommets souvent volcaniques, dont les crêtes ont deux directions difîéreutes. Tantôt elles sont tracées du nord au sud entre les hautes vallées du Ter, du Llobregat et du Sègre, telle est celle qui se termine au sud d'Olot par le Puig de Calm (1,515°^) ou celle qui sépare le haut Ter du Llobregat; tantôt elles sont parallèles à la crête principale des Pyrénées et forcent alors les rivières à dévier vers l'est, au lieu de suivre la pente générale vers le sud, c'est ce qui a lieu pour le Ter. Souvent aussi les fleuves les traversent dans d'étroits défilés, comme le font le Llobregat et l'Ebre. Ces montagnes dont les crêtes sont dirigées de l'est à l'ouest, parallèlement à l'axe de soulèvement des Pyrénées, recouvrent presque toute la Catalogne le long de la mer; ce sont la Sierra de Honceny (1,698'") et le Puig Rodos au sud du Ter, le Honserrat (1,227"), massif isolé sur la rive droite du Llobregat, le Paig de Hontagut (965'»), la Sierra de la Llena, le Hont-Sant (1,071°") et la Sierra del Carde ; ces derniers massifs dominent le défilé où passe l'Ebre avant d'aboutir à la mer. Le Monserrat, célèbre par ses sites pittoresques et par ses monastères, est limité au nord par la profonde dépression du col de Calaf où passe la voie ferrée de Lérida à Barcelone; elle atteint le Car- 1. Consulter la carte 85.

doner à Mauresa en aval de Cardona. Les sauvages vallées comprises entre ces montagnes et entre les contreforts des Pyrénées ont été en partie transformées à force de travail en champs fertiles, en vignobles productifs, telles sont les campagnes d'Olotj de Seu de Urgel^ de Camprodon, de Gerona, de Tarragone, et les plaines basses de VAmpurdan. On désigne sous le nom d'Ampurdan la contrée marécageuse comprise entre la Muga et la Fluvia, c'est une plaine d'alluvions.

Route da ool de la Perche. — Vallée de la Têt. — Au nord de la chaîne formée par la Sierra de Cadi^ le Puigmal, le pic de Costabonne et lo Canigou, se trouve la dépression de la vallée du Sègre, du col de la Perche (Ijeâi"") et de la vallée de la Têt. Une grande roule suit ces deux rivières et conduit de Perpignan à Puigcerda^ petite ville espagnole dont la citadelle a été rasée en 1678 après avoir été emportée par les soldats do Louis XIV; une clause du traité de Nimôgue stipula qu'elle ne serait jamais relevée et la ville n'a plus aujourd'hui pour toute fortification qu'une mauvaise muraille en pisé ou les murs des maisons qui la ferment à l'extérieur; pourtant les Carlistes Tassiégôrent vainement en 1875. De Puigcerda un chemin en partie carrossable, en partie muletier, conduit, comme nous l'avons dit, à Barcelone par le col de Tosas, et un autre chemin qui n'est pas non plus praticable aux voitures sur tout son parcours, descend la vallée du Sègrc en passant à Seu de Urgel, place forte au débouché du val d'Andorre, à Lérida, place forte sur la ligne do Saragosse à Barcelone, à Méquinenza, qui pos« sède un fort, au confluent du Sègrc et de l'Ebre.

La route du col de la Perche est défondue en France par la place de Mont- IiOuis*, située sur un plateau en arrière du col de la Perche; ce col est très ouvert et très propre au campement d'un corps de troupes qui surveillerait les nombreuses communications donnant entrée en France dans cette contrée. Mont-Louis est la place de guerre la plus élevée de France, elle est située a 1,600 mètres au-dessus du niveau de la mer, 344 mètres de plus que Briançon; elle a été construite par Vauban, c'est une petite place, mais elle occupe un bel emplacement au haut d'une roche isolée et est munie do nombreux abris, elle peut soutenir un siège et serait aussi fort utile dans lo cas où la France prendrait l'oiïensive.

Au delà de Mont-Louis, la route est souvent tracée en corniche au-dessus des gorges de la Tôt et du profond défilé des Graxis d'Olette au pied du piateau des Llançades^ situé sur la rive gauche de la rivière. Un autre chemin gravit ce plateau et met en communication Mont-Louis et Ololle, il fut suivi par le général Dagobert en septembre 1793, lors de sa marche sur Olelle après le déblocus de Mont^Louis.

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