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CHAPITRE XI. - FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES. 3R

défense des Pyrénées orientales contre l'Espagne, on voit que les routes d'invasion qui partent de la Cerdagne suivent toutes des vallées fort étroites formant de longs défilés faciles à défendre; la place de Hont-Louis et les ouvrages avancés qui devraient la compléter sont en première ligne le contre de la défense ; puis, plus en arrière, il serait facile de barrer les hautes vallées au moyen d'ouvrages établis sur les roules de TAriége et de l'Aude, analogues au fort de Villefranche qui commande la vallée de la Tèt.

A Test de la Cerdagne, la première ligne de défense est formée par la chaîne des Albôres ; ces montagnes sont traversées par un très grand nombre de sentiers, dont plusieurs pourraient être rendus praticables à rarlillerio; la véritable défense n'est donc pas sur la crête, mais en arrière sur la rive gauche du Tech, rivière dont le cours est à peu près parallèle à la frontière. Celle ligne du Tech est inabordable jusqu'à Céret, à cause des hautes montagnes de la rive gauche ; elle ne peut donc être franchie qu'entre Céret et la mer sur une longueur de 25 kilomètres; les points de passage les plus faciles sont à Céret^ au Boulou^ à Brouilla^ aux ponts du chemin de fer et de la route de Pori-Vendres, En avant, sur la seule grande route qui traverse cette partie de la frontière, se trouvent le fort de Bellegarde et la redonte du Perthus ; dans la haute vallée du Tech, le fort des Bains et Prats-de-HoUo avec le fort Lagarde ; sur la côte et sur la voie ferrée qui relie la Cerdagne au Roussillon, le fort Saint-EIme, entre Port-Vendres et Collioure.

Une seconde ligne do défense contre les opérations dirigées parallèlement à la côte est formée par la partie inférieure do la Têt avec Perpignan qui, complétée par quelques ouvrages, barrerait tout le pays entre les montagnes et la mer.

Entre ces deux lignes, les Aspres peuvent fournir de bonnes positions de flanc sur la ligne d'invasion que nous considérons ; le centre de défense de ce pays aride et montueux est le village à'Oms et le col du même nom.

Au nord de la Tèt se trouve encore la ligne de TAgly. Dans l'étroit défilé où coule ce torrent, on pourrait au moment d'une guerre établir un ouvrage de passagère au-dessus do Candies, de manière à se ménager la possession de la route de Perpignan à Carcassonne ou à Bayonne par le cof Saint-Louis.

La plaine du Roussillon est fermée par le massif épais et difficile des Corbières, qui forme encore une bonne ligne de défense; les routes qui le traversent sont peu nombreuses; il faudra s'en ménager la possession de manière à pouvoir déboucher vers le sud après s'être réorganisé, à reprendre l'offensive et à battre l'ennemi affaibli par les luttes qu'il aura déjà eu à soutenir.

Tels sont les nombreux obstacles qui couvrent cette partie de notre pays ''t qui en rendent l'entrée si difficile s'ils sont bien défendus.

am LITRE II. — LA FBAHCE. — FEONTltSES SE TXKSE.

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