CHAPITRE XI. — Frontière des ptrénées
(2,585»), celui du Signer (2,594"), celui du port Nègre ou d'Arensal (2,700"); les sentiers qui passent à ces cols sont tous praticables aux mulets à l'exception du dernier. Le petit État d'Andorre est limité au sud par des contreforts très élevés des Pyrénées et ne communique avec l'Espagne, do même qu'avec la France, que par des chemins muletiers. Les coutumes féodales s'y sont maintenues jusqu'à nos jours, il est du reste entièrement soumis à l'Espagne et n'a d'une république que le nom.
Des sentiers muletiers qui franchissent des cols non moins élevés que les précédents, font communiquer la vallée de Vic-Dessos et la Salat^ affluent de la Garonne, avec la Noguera PallaresUy affluent du Sègre, ils franchissent les Pyrénées ariégeoises au port Vieil (2,599™), au port d'Estax, au port de Hontescourbas, aux ports Salau (2,052»), d'Aula (2,237°>), d'Orle (2,363"^), les sentiers qui passent à ces trois derniers cols se prolongent jusqu'à Yiella dans le val d'Aran en franchissant une seconde fois à des cols un peu moins élevés la ligne de partage des eaux, c'est-à-dire le contrefort où la Garonne prend sa source et qui relie les Pyrénées orientales aux Pyrénées occidentales.
Cludnes parallèles an nord. — Au nord de la grande chaîne, dans le département de l'Ariége, s'étendent deux longs plissements du sol parallèles entre eux et ayant la même direction que la chaîne principale. Les cours d'eau contournent ou coupent ces crêtes de terrain jurassique ou crétacé absolument comme cela a lieu dans le Jura.
La première de ces crêtes se dresse au nord de la haute vallée de l'Ariége, elle est coupée par l'Ariége entre Foix et Tarascon et par la Salât en amont de Saint-Girons, le plus connu de ses sommets est le pic de Tabe ou de Saint-Barthélémy (2,349") ; elle se prolonge à l'ouest de l'Ariége par le pic de Berne (1,716") et par les forêts du Bosc et de Riverenest où se trouvent des sommets de 12 à 1,400 mètres.
La seconde crête beaucoup plus nue, plus monotone, plus basse, a en revanche une continuité remarquable ; elle est désignée sous le nom de chaîne dn Plantanrel; elle commence au nord de Délesta et est successivement percée par VHers, la Touyre, la Douctouire, VAriége, VArize qui y creusent d'énormes fissures ; l'Arize disparaît môme et passe à la fameuse grotte du Mas d'Azil. Sa hauteur varie de 500 à 600 mètres.
Entre la première de ces crêtes et la grande des Pyrénées, les hautes vallées de l'Aude, de l'Ariége et de la Salât sont réunies par plusieurs routes.
Les hauteurs qui séparent l'Ariége de l'Aude sont traversées :
1° Au col de Harmare (1,360"), par les routes à\Ax ou de Suzenac à Quillan, les deux roules se réunissent nu col même;
2*^ Au col del Pradel, par le chemin d'Ax à Axat^ par Belfort;
S'' Au port de Pailhôres (1,972'°), par le chemin muletier d'Ax à Quérigui; c'est la communication la plus rapprochée de la grande chaîne.
Entre TAriége et la Salât, la roule de Tarascon-sur-Ariège à SainUGirom passe au col de Port (1,249°').
Entre les deux crêtes existe une dépression très marquée suivie par la route de Saint-Girons à Foix par la Baslide-de-Sérou. Au nord de la seconde crête, on ne trouve plus que des collines, des plateaux monotones, interrompus par la belle et fertile plaine qui se trouve près de Pamiers entre VAriige et VHers.
Chaînes parallèles an snd'« — Au sud, du côté de l'Espagne, la conflguration du sol est la même, mais les montagnes sont beaucoup plus élevées qu'au nord et atteignent une altitude aussi considérable que la chaîne frontière. Les Hontes de Los Encantados (3,170""), au sud du val d'Aran et entre les deux Nogucra, la Sierra de Boumort (2,050°*), la Pana de San-Gervas (1,839°*) et la chaîne aride du Honsech (1,677°*) forment encore des crêtes parallèles à la grande chaîne et coupées par les deux Noguera; les contreforts qui les relient à la crête principale ont une longueur plus grande que ceux du nord.
lia vallée d'Aran» — Le val d'Aran fermé de toutes parts par de hautes montagnes appartient à l'Espagne par le langage et par les conventions politiques, cependant il ne communique avec ce pays que par des sentiers muletiers dont les plus commodes sont ceux des ports de Pallas, d'Espot et de Tiella (2,456<°), tandis qu'une bonne route qui suit la Garonno et traverse la frontière au Pont-du-Roi^ le met en relation avec la France. Un sentier facile franchit au col de Portillon (1,308°*) le contrefort fermant à Touest le val d'Aran, il conduit de Luchon à Bosost et sera bientôt tran$i« formé en une route de voitures.
Cette vallée fut occupée par la brigade du général Sahuguet dès le début des hostilités en 1793, nous débouchâmes à la fois par le port de la Hourquette, où passe un sentier qui vient de CastiUon, et par le Portillon; nous tournâmes ainsi les Espagnols qui nous attendaient au Pont-du-Roi, et, en un jour, la vallée fut à nous. Mais cette conquête ne nous servit pas à grand'chose; tout se réduisit à des escarmouches de peu d'importance, à des expéditions pour faire du butin; il n'existe pas de ce côté de débouché en Espagne ; pourtant, comme il n'y a guère que vingt-cinq heures de marche du col de Pallas à la Seu de Urgel par Esterry et Castellbo, on eut peut-être pu
1. Pour toul le versant méridional des Pyrénées, il n'y a pas de carte exacte; on uc possède que les reconnaissances et les beaux travaux encore inachevés de M. Schrader.
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obtenir des résultats importants en réunissant la brigade d'Aran à la division de Cerdagne si bien commandée par Dagobert.
Les Hantes Pyrénées, de la Maladetta an pic d' Anie» — Contreforts et chaînes parallèles an nord et an snd. — Au val d'Arao commencent les Pyrénées occidentales ou atlantiques qui peuvent se diviser en deux parties distinctes : la première comprend les plus hauts sommets de toute la chaîne et n'est traversée que par de mauvais sentiers, elle s'étend de la Maladetta au pic d'Anie situé un peu à Touest des sources de V Aragon et du gave d'Aspe; la seconde du pic d*Anie au col de Bélate est traversée par plusieurs routes ou chemins muletiers, sa hauteur est beaucoup moindre et s'affaiblit continuellement en s'avançant vers Touest, elle correspond au théâtre d'opérations des Pyrénées occidentales.
C'est en Espagne à l'angle sud-ouest du val d'Aran que se trouve le pic le plus élevé de toute la chaîne des Pyrénées, celui d'Anethou (3,404*") qui fait partie du massif de la Maladetta ou des Monts-Maudits. Ces montagnes de granit sont couvertes de neiges éternelles et de glaciers, en tout semblables à ceux des Alpes, mais moins grands et plus élevés.
Au nord-ouest de la Maladetta, la frontière rejoint la crête des Pyrénées au sommet de l'Escalette (2,454"), les pics de 3,000 mètres se succèdent et les cols qui découpent la chaîne conservent toujours une hauteur d'au moins 2,300 mètres. La grande route qui suit la jolie vallée de la Pique ou de Luchon^ se prolonge par un sentier qui franchit le port de Ténasque (2,417") et qui conduit en Espagne à Ténasque, village qui est dominé par les ruines informes d'un ancien fort ; on peut encore se rendre de Luchon à Vénasque par les sentiers très difficiles du port du Portillon (3,044"), le plus élevé de la chaîne, et du port d'Oc (3,002"). La vallée de Vénasque est enserrée entre de larges contreforts des Pyrénées, le Turbon (2,492") sur la rive gauche, le mont Posets (3,367") et la Peûa Montanesa (3,306") sur la rive droite ; elle s'ouvre au sortir des montagnes sur les steppes arides de r Aragon.
Vers le nord se détache, entre le val éCArnn et la vallée de la Ptguc, un contrefort qui sert de frontière et dont les sommets ont de 1,900 à 2,000 mètres ; puis, à l'ouest de la vallée de la Pique, un massif fort épais recouvre tout le pays entre la Garonne et laNeste^ il s'étend jusqu'à Samt-&rtranàrde-Comminges et jusqu'à la vallée de la Nés te qui le sépare du plateau de Lannemezan. Son principal sommet est le mont Honné (2,147"), au sud duquel se trouve la dépression du col de Peyresourde (1,415"), où passe la route de Bigorre à Luchon.
A l'ouest de ce massif, la gracieuse vallée de la Neste ou vallée d*Aure décrit une longue courbe au milieu des montagnes; en la remontant, on s'é-
LIVBS II. ^ LA FKANCl. — FIONTIÉRES DE TEBHE. Coupes des llmtes Pyrénées.
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lève par des pentes assez douces jusqu'à Tarête de la grande chaîne, aussi offrirait-elle de grands avantages pour le tracé d'un chemin de fer mettant en communication Toulouse et Saragosse à travers les Pyrénées centrales. Aujourd'hui de nombreux sentiers la mettent en relation avec la vallée de Gistain et avec celle de Biesla : les premiers passent au col de la Pez (â,48â°^) et au port du Plan ou port de Rioumayou (2,457""), une route carrossable construite pour l'exploitation des forêts de la vallée de Rioumayou se prolonge jusqu'au pied du col; les seconds passent au col de rOnrdissette (2,400""), par la vallée de Hondang (2,487"" au col), et par le port très fréquenté de Biesla (2,465""). Tramezaygues où aboutissent tous ces sentiers serait le point qu'il faudrait occuper pour les surveiller, il s'y trouve un ancien château en ruines dominant des escarpements à pic et dont il serait facile de faire un bon poste défensif.
Napoléon avait déjà eu le projet de rendre praticable aux voitures le chemin muletier du port de Biesla de manière à se ménager un débouché direct au centre de TAragon; aujourd'hui on a projeté une route internationale par la vallée de Mondang; elle traversera la crête sous un tunnel de 4 kilomètres de longueur.
La vallée de la Neste, riche en métaux et en marbres, est de plus bien cultivée; on a voulu utiliser les eaux de la rivière qui l'arrose pour fertiliser les landes du plateau de Lannemezan et on a construit un canal qui prend les eaux de la Neste à Smrancolin et qui les conduit au Gers et aux autres rivières jadis à sec en été qui s'écoulent du plateau.
La vallée d'Aure est séparée des sources de VAdour^ de la vallée de Barèges et du Gave de Pau par un des massifs les plus considérables de la chaîne des Pyrénées, c'est celui de Néouvielle, immense amas de granit recouvert de plusieurs glaciers; ses principaux sommets sont le pic Long (3,194"") et le pic d'Arbizon (2,831"").
Le pic da Midi de Bigorre qui s'élève majestueusement au-dessus de la plaine de Tarbes à une hauteur de 2,877 mètres est séparé du massif de Néouvielle par la vallée de Barèges et le col du Tourmalet (2,122""}, où passe une route qui rejoint Luz et Barèges à Campan.
La haute vallée de l'Adour ou vallée de Campan limite au nord ce même massif de Néouvielle, elle est séparée de la vallée de la Neste par une arête montagneuse de 1,600 mètres que la route de Luchon à Bigorre franchit au col d'Aspin (1,407"").
Au nord de la vallée de Campan se trouvent encore des sommets de 1,600 à 1,9(M) mètres, mais leur hauteur diminue bientôt, et les montagnes s'étalent en un vaste plateau en partie inculte, d'où s'écoulent en s'écartant comme les branches d'un éventail de nombreux affluents de la Garonne et de l'Adour, c'est le plateau de Lannemezan. Ce plateau fut formé par les débris des
montagnes, le loess pyrénéen, entraînés par les eaux et déposés au débouché des vallées de la Neste et de la Garonne^ sa hauteur de 670 mètres au point le plus élevé diminue à mesure qu'on s'avance vers le nord; d'autres plateaux tout à fait analogues se trouvent au débouché en plaine du Gave de Van au nord de Lourdes et au débouché de la vallée d'Ossau; c'est sur le premier de ces plateaux, entre Pau et Tarbes, que se trouve la lande de Ger, où a été installé le polygone d'artillerie qui sert aux expériences de la commission de Tarbes.
Le gave de Pau, à l'ouest du massif de Néouvielle, a ses sources dans de^ montagnes calcaires qu'on range parmi les plus belles des Pyrénées, il sert d'écoulement aux glaciers qui surmontent les magnifiques cirques de 6a- ▼amie, d'Estoubé, de Troumouse; ce dernier est le plus vaste, mais il est moins imposant que le premier, parce que sa forme est plus compliquée, que le seuil du cirque est déjà à une grande élévation (1,800") et n'est limité que par des parois verticales de 500 mètres; tandis que le cirque de Gava^ nie, dont le fond n'est qu'à 1,400 mètres, est entouré de parois qui forment quelquefois des escarpements de 1,700 mètres, plus souvent des étages en retrait, et est animé lors de la fonte des neiges par plusieurs cascades qui bondissent d'une hauteur de 400 mètres et plus. Les sommets qui dominent le cirque de Gavarnie sont le cylindre de Harboré (3,327°^), la Brèche de Roland (8,804°*) oii passe un sentier difficile, le Mont Perdu (3,352°") plus au sud et tout entier en Espagne. Au sud du cirque d'Estoubé se trouve le cirque espagnol de Biesla, d'oii descend le Rio Cincay le plus grand afduent du Sègre.
Les cols élevés qui découpent ces murailles calcaires, sont très difficiles; pourtant à l'ouest se trouve la plus grande dépression des Hautes Pyrénées, c'est le port de GaTamie qui n'a que 2,282 mètres et où passe un sentier qui conduit à Torla en Espagne.
En suivant la haute chaîne qui sert de frontière, on rencontre le Vignemale (3,298"*) au sud de Gauterets, c'est le sommet le plus élevé des Pyrénées françaises. Un sentier difficile conduit de Cauterets par le pont d'Espagne et le col de Hercadau (2,500°*) aux bains de Panticosa eiàJaca en Espagne; d'autres sentiers font aussi communiquer les gaves de Labat-^e-Bun et d^Arrens avec Sallent sur le Gallego en Espagne. Tous ces torrents viennent se réunir au gave de Pau dans la belle vallée d'Argelès traversée depuis quelques années par un chemin de fer qui s'arrête kPierrefitUoxiNestalas^ point d'où divergent les routes de Cauterets et de Luz^Gavamie, Le gave de Pau traverse encore le défilé de Lourdes avant de déboucher en plaine à Saint- Pé-de-Bigorre ; à Lourdes se trouve un ancien fort destiné à sur>'eiller l(*s sentiers qui aboutissent à Argelès et à servir d'appui et d'arsenal aux défenseurs de cette vallée, il se trouve aussi sur la voie ferrée qui relie Pau à Tarbes