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CHAPITRE XI. — FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES

et sur une route que pourrait suivre un ennemi ayant pénétré par les Basses Pyrénées; ce fort est encore classé, mais il n'a aucune valeur défensive et oe sert que de prison ; il est du reste trop loin de la frontière pour ravitailler les partisans, le chemin de fer qui pénètre dans les hautes vallées jusqu'à Pierreiitte remphrait beaucoup mieux cet objet.

Entre la vallée d'Ossau et les affluents du gave de Pau, un contrefort très élevé renferme le mont de Ger (2,612*") qui domine les Elaux-Bonnes, et le beau pic de Gabizo (2,674°') ; il est traversé au nord de ces deux pics par la roule des Eaux-Bonnes ùArgelès, qui passe au col d'Aabisqtie (1,710*°) et au col du Couret (1,450*°); au nord de cette route s'étend une crête parallèle à l'arête principale, elle commence au sud de Lourdes et s'étend jusqu'à la vallée d*Aspe au sud d'Oloron, elle se dédouble sur plusieurs points en conservant toujours la direction de l'est à l'ouest, elle est percée par le gave de Pau, le Louzon,le gave d'Ossau et le gave d'Aspe; au nord s'éten-* dent des plateaux dont nous avons déjà parlé.

Du côté de l'Espagne, cette partie de la chaîne détache aussi entre la Cinca^ le Gallego et Y Aragon des contreforts très élevés; puis, aune quarantaine de kilomètres de l'axe principal, s'étendent de même qu'au nord de longues crêtes calcaires, parallèles à cet axe, qui tantôt sont percées par les rivières, tantôt les forcent à les contourner; ces avant-monts pyrénéens, à l'aspect fort pittoresque, riches en cascades et d'une hauteur de 1,000 à 1,800 mètres, sont la Sierra de Guara qui atteint 1,375 mètres au Sivil et 2,050 mètres au Tosal de Guara, la Sierra de la Pena avec la superbe pyramide de la Feûa de Oroel (1,748*°), la Sierra de Pena de Santo-Domingo au sud de la chaîne précédente et se prolongeant à l'est du Gallego par la Sierra de Guara* Toute cette contrée est analogue aux parties les plus accidentées du Jura ; les cours d'eau coulent au fond de profondes coupures dont les parois n'ont pas moins de 1,000 mètres d'élévation. Tout le pays est recouvert de maigres forêts, il est d'un parcours entièrement difficile et n'est nullement habité. Au sud de ces montagnes s'étendent à perte de vue les terrasses et les landes de r Aragon.

La vallée d'Ossau s'ouvre directement au sud de Pau, c'est Tune des plus belles des Pyrénées ; les principales localités qu'on y trouve sont Laruns^ les Eaux-Chaudes et les Eaux-Bonnes.

Un sentier facile et praticable aux chevaux conduit des Eaux-Chaudes à Sallent en Espagne, il prolonge la grande route qui suit le gave, passe à Test du pic du Midi d'Ossau (2,885°^), montagne msgestueuse située au fond de la vallée, et franchit la crête au col d'Anéoti ou col du Pourtalet (1,847°").

Le contrefort entre les vallées à'Ossau et diAspe, toutes deux normales à la crête des Pyrénées, a encore des sommets de 2,400 mètres ; il est traversé par plusieurs sentiers muletiers qui mettent en communication les deux val-

lées; on construit même une route carrossable de Bedous k Laruns par le col de las Arques (IJOO""].

Le gave d'Aspe, réuni au gave d'Ossau à Oloron au sortir des montagnes, forme le gave d^Oloron. La vallée d*Aspe a été de tous temps une grande communication de France en Espagne ; une voie romaine la suivait et conduisait de Saragosse (Cœsarea Augusta) à Oloron (Iluro); c'est par le Somport (1,632°*) et par les cols de la Navarre que l'armée d'Abd-er-Rhaman franchit les Pyrénées. Aujourd'hui la vallée d'Aspe est suivie par une grande route décrétée en 1808, achevée jusqu'au col en 1863, et terminée sur le versant sud seulement en 1877 ; elle conduit à Confranc et à Jaca, antique place forte espagnole. Pour interdire cette nouvelle route, les Espagnols construisent un fort d'arrêt et 2 tours défensives entre le col et Confranc. D'après les études qui ont été faites, une voie ferrée qui suivrait la vallée d'Aspe n'exigerait que le percement d'un tunnel de 4,150 mètres pour franchir la chaîne et pénétrer en Espagne.

Des sentiers passant au port d'Urdos à l'est du Somport, au pas d'Aspe à l'ouest (1,676'°], au port de Godebaille (1,320°"), au port d'Écho, au port d'Anso, font aussi communiquer la vallée d'Aspe avec les hautes vallées espagnoles de l' Aragon.

La vallée d'Aspe est barrée en aval du village d'Urdos par le Portalet ou fort d'Urdos S construit de 1838 à 1848; il ferme une cluse très étroite et est situé sur un rocher qui domine le torrent à 150 mètres de hauteur. 11 commande la roule du Somport qui vient d'être achevée, ce qui a beaucoup augmenté son importance ; il servirait à appuyer des partisans, et la vallée d'Aspe est tout particulièrement exposée à l'attaque de petits corps ennemis. Il peut être tourné par les sentiers du port de l'Echo et du port d'Anso, qui sont très faciles et où on pourrait faire passer quelques pièces d'artillerie démontées ; ces pièces serviraient à attaquer le fort par la gorge qui n'est pas fermée. Il faudrait donc occuper ces deux derniers passages.

Le pic d'Anie (2,504 °"), magnifique sommet d'où l'on jouit d'une vue fort étendue sur les montagnes du Béarn et du pays basque jusqu'à la mer, s'élève un peu au nord du port d'Anso. C'est là que prennent naissance les contreforts perpendiculaires à la crête principale qui séparent au nord le gave d'Aspe du Saison, au sud le val d'Anso du val de Roncal, C'est le dernier sommet de la chaîne qui atteigne une si grande hauteur ; plus à Touest, il n'y a plus que des montagnes de 2,000 mètres, et mémo au delà du pic d'Orhy (2,017™), qui domino les sources du Saison, les montagnes n'ont plus que 1,500 à 1,000 mètres; les cols s'abaissent et plusieurs roules mettent en communication les deux versants des monts.

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