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CHAPITRE XI. — FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES

flans plusieurs affaires sanglantes et s*einpara des passages, mais battu à son tour auprès du village de Sorauren, en avant de Pampelune, il eut ^and*peine à regagner la frontière avec les débris de son armée. Au col de Bentarté existe encore l'ancienne redoute de Château-Pignon, qui couvre remplacement d'un camp ; malgré la force de la position, elle fut enlevée par les Espagnols en 1793. On doit achever la route entre Valcarlos et Burguette ; nul doute qu'alors le port de Roncevaux ne reprenne l'importance qu'il avait au temps de Charlemagne.

La vallée des Aldudes, au sud de Saint'Ètiennt-dt-Baigorry, communique avec l'Espagne par deux sentiers muletiers qui passent au col des Aldndes [947") et au col de Lindux (1,085"), ce dernier dominé par un ancien fort; ils rejoignent tous deux la route de Pampelune vers Burguette où elle devient carrossable. Depuis longtemps, il est question de faire passer par la vallée des Aldudes une voie ferrée rejoignant directement Bayonne à Pampelune, mais la triste situation financière des compagnies de chemins de fer espagnols a empêché jusqu'à présent la réalisation de ce projet.

Les chemins venant de Roncevaux ou d'Orbaîceta sont barrés par la place de Saint-Jean-Pied-de-Port^; la ville n'est entourée que d'un simple mur crénelé, mais elle est dominée par un château ou citadelle construit après le traité des Pyrénées qui céda la ville à la France; Vauban agrandit et perfectionna lés ouvrages qui se trouvent dans une belle position. La route du Val Carlos est encore aujourd'hui impraticable aux voitures et par suite ne peut servir que pour des opérations secondaires ; tant qu'il en sera ainsi, la place de Saint-Jean-Pied-de-Port n'aura pas grande importance, elle ne pourra que servir d'appui à des partisans faisant la petite guerre dans les hautes vallées espagnoles de cette partie des Pyrénées; son action s'étend jusqu'à Saint-Étienne-de-Baïgorry dans la vallée des Aldudes et elle empêche que les diverses lignes de défense qu'occupera l'armée française pour couvrir cette frontière, ne soient tournées par leur gauche.

Vallée de la Bidassoa. — La Bidassoa prend naissance dans le contrefort qui ferme à l'ouest la vallée des Aldudes, et a un cours très tourmenté; dans la partie supérieure, elle se dirige tantôt du nord au sud, tantôt du sud au nord, puis elle prend sa direction définitive vers le nord-ouest tout en faisant beaucoup de détours et aboutit à la mer au milieu de bancs de sable entre Hendaye et Fontarabie. Son bassin est très montueux, il est recouvert par des chaînes à directions variables, par des massifs qui semblent isolés, en sorte que ce dédale de monts et de collines ne présente aucune uniformité. Toutes les montagnes qui sont à l'ouest de la vallée des Aldudes, ne présentent plus l'aspect sauvage, rocheux, grandiose, que nous

h Consuller la carte 91.

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avons trouvé aux pics de la partie centrale des Pyrénées; ce sont des monts aux formes arrondies, que la roche nue ne perce plus, qui ont une élévation moyenne d'un millier de mètres et qui perdent de leur hauteur a mesure qu'on s'avance vers le nord. Au sud de la chaîne principale, se trouvent, comme sur presque tous les autres points, des chaînons parallèles dirigés de Test à Touest, qui recouvrent la partie supérieure du bassin de l'Ebre, resserrent ce fleuve en d'étroits défilés et rattachent les Pyrénées au plateau des Castilles.

Le bassin de la Bidassoa est traversé par des rouies carrossables et par la seule voie ferrée qui mettent à l'ouest de la chaîne des Pyrénées la France en communication avec TËspagne ; elles pénètrent soit directement au cœur de l'Espagne, soit dans le bassin de l'Ebre. C'est sur ces routes qu'ont toujours été dirigées les grandes opérations offensives contre l'Espagne, parce que ce sont les seules qui mènent directement à Madrid, parce qu'aussi on trouve dans ce pays de grandes ressources pour faire vivre les armées : les provinces basques de l'Espagne, la partie occidentale de la Navarre sont au nombre des contrées les plus fertiles et les mieux cultivées de la Péninsule; du côté de la France, on trouverait en abondance le bois, le fourrage, le bétail, l'eau-de-vie, mais il faudrait faire venir le blé.

La haute vallée de la Bidassoa est désignée sous le nom de Tallée de Baitan ; elle est limitée au sud par la chaîne principale des Pyrénées, à l'est par le contrefort de la vallée desÂldudes, au nord par le mont Atchiola, à l'ouest par le mont Mendaur (l,132<"j. Cette vallée, comme presque toutes celles des provinces basques, avait autrefois une organisation indépendante et formait une espèce de petite république ; le chef-lieu de la vallée est Éliiondo. Vn sentier facile fait communiquer Èlizondo avec le village des Aldudes par le çol de Berdaritz (700"^). La grande route de Bayonne à Pampelune passe aussi par Èlizondo, elle suit d'abord la vallée de la Nive, traverse a l'ouest du pic de Mondarrain (750'°) le seuil qui sépare la Nive de la Nivelle^ remonte cette dernière rivière jusqu'à Urdax qui est déjà en Espagne, franchit au col de Maya (602"") la chaîne qui sépare les eaux de la Bidassoa de celles de la Nivelle et de la Nive, puis passe à Èlizondo et gravit les pentes du port de Bélate (870°") avant d'arriver à Pampelune. En juillet 1813, le col de Haya fut enlevé sur les Anglo-Espagnols après un très brillant combat par l'aile droite de l'armée française, lors de l'offensive du maréchal Soult qui aboutit à la défaite de Sorauren^ village situé sur la même route en avant de Pampelune.

Pampelune est une place forte espagnole qui garde le débouché du col de Bélate et les communications transversales entre les provinces basques et la Navarre. Elle est munie d'une enceinte précédée do quelques lunollfs et possède une citadelle capable d'une certaine résistance. On construit ne-

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