‹ -Texte. Géographie militaire (volume 2)Chapitre 251 sur 256 · CHAPITRE XI. - FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. - FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES

tuellemeat un grand ouvrage sur le San-Cristobal, montagne qui s'élève au nord-est de la ville et qui domine tout le pays.

D'autres chemins pénètrent encore dans la vallée de Baztan et viennent converger vers Élizondo, ce qui donne à ce village une grande importance stratégique. Une route carrossable venant d7run suit d'abord la rive gauche de la Bidassoa, puis la rive droite à partir de Véra; un peu au delà de San-- EstevaHf elle se bifurque pour rejoindre la grande route de Pampelune, soit auprès d'Élizondo , soit au pied même du col de Bélate. Une autre route venant de France remonte d'abord la rive gauche de la Bidassoa, franchit la frontière au port de Téra, dominé par l'ancienne redoute de la Bayonnelle, et rejoint la route précédente au village de Véra. Enfin une route conduit kÉchalar; à pai'tir de ce dernier village, elle devient un simple chemin muletier qui remonte d'étroits défilés, traverse le mont Atchiota et descend vers Élizondo. San^Estevan est aussi un nœud des entiers muletiers qui se dirigent soit sur Pampelune en franchissant la chaîne principale, soit sur Tolosa par Zubieta.

La Bidassoa, après être sortie de la vallée de Baztan, coule vers le nordouest; mais, avant d'atteindre la mer, son cours est encore resserré vers le village de Birialou entre les contreforts de la montagne de Haya (987*°) sur la rive gauche et ceux de la célèbre montagne de la Rhune (900°*) sur la rive droite. La Rhune est célèbre parce qu'elle domine tous les sommets voisins et parce que du haut do cette montagne on jouit d'un admirable panorama et d'une des plus belles vues des Pyrénées ; de plus, elle formait le centre de la ligne de défense occupée en 1813 par le maréchal Soult pour couvrir notre frontière ; cette ligne commençait à droite aux dernières croupes des montagnes vers la mer, en des points appelés Croix-des-Bouquets, camp des Sans-CulotleSf et renforcés par les redoutes d'Urrugue^ à'Olhette, etc., toutes positions qui déjà avaient été disputées en 1793, ce qui leur avait valu leur nom; le centre de la ligne était à la Rhune ^ où on avait établi de nombreux ouvrages pour barrer le col dlbardin et le col d'Échalar qui sont de chaque côté de cette montagne; puis à gauche elle s'appuyait à Ainhoue et au Mondarrain. Cette position, attaquée par les Ânglo-Espagnols les 7 et 8 octobre, fut définitivement abandonnée après une assez faible défense.

Pyrénées esfiai^ole»). — Les géographes placent d'ordinaire au col de Bélate et à la Bidassoa la limite des Pyrénées hispano-françaises et des Pyrénées espagnoles, mais la nature n'a pas aussi nettement tracé cette séparation ; la chaîne se continue à l'ouest présentant encore les mêmes caractères jusqu'à la dépression du col d' Aspirez (567""), où passe la route de Tolosa à Pampelune. Au delà, la chaîne perd son aspect de crête rectiligne 1. ConâuUer les caries 85 et 87.

et continue; elle ne le reprend dans les Pyrénées cantabriques qu'après le col de Reinosa (847*°), où sont tracés la route et le chemin de fer de Santander à Valladolid. Entre ces deux points, les divers massifs qui forment la chaîne principale, ont des directions variables, portent des noms différents et sont réunis par des seuils de 5 à 600 mètres seulement où ont été tracées de nombreuses routes ou voies ferrées qui réunissent le littoral des provinces basques au bassin de TEbre. Le premier de ces massifs est la Sierra de Aralar, entre le port d' Aspirez et le port dldiazabal ou d'Aït&sua (658°*), où passent une route et la voie ferrée internationale de Paris à Madrid. La route et le chemin de fer du port d'Idiazabal se bifurquent au pied même du col à Alsàsua et conduisent soit à Pampelune, soit à Yitoria, en suivant une dépression longitudinale qui sépare la chaîne centrale de la Sierra de Andia (1,454°^). La gi;ande route de Madrid traverse la chaîne centrale plus à Fouest au port de Salinas ou d'Arlaban (SIS""] et descend directement à Vitoria.

Dans cette partie de la chaîne pyrénéenne, comme en bien d'autres points, existent plusieurs chaînons latéraux parallèles au grand faîte de partage; les plateaux accidentés et arides de la Sierra de Andia forment une de ces chaînes, celle qui est la plus voisine de la crête principale; elle se prolonge à Test par les montagnes de San-Cristobal, au nord de Pampelune, et à Touest par les montagnes de Titoria. Plus au sud, une autre crête est d'abord formée par la Sierra del Perdon qui contient la belle pyramide de la Higa; puis, à Touest du col de Carrascal où passent la route et le chemin de fer de Pampelune à Tafalla, elle limite le Carrascal ou pays des chênes verts et va se joindre à la Sierra de Cantabrio ; cette dernière chaîne se prolonge au delà de Tétroit défilé où coule TEbre par les Monts Obarènes et la Lora qui limitent au nord le plateau des Castilles. La route et la voie ferrée de Vitoria à Burgos traversent les Monts Obarènes au célèbre défilé de Pancarbo. Tout ce pays montueux, la Navarre et les provinces basques, est très favorable à la guerre de partisans ; dans les dernières luttes intestines de TEspagne, la force des positions, les nombreuses ressources de tous genres de cette contrée, ont permis aux Carlistes de s*y maintenir longtemps et de résister souvent avec succès aux troupes régulières de TEspagne. Estella, situé entre les deux crêtes de montagnes dont nous venons de parler, commande plusieurs défilés importants et est le nœud des communications de la Navarre avec les provinces basques, les Castilles et TAragon; cinq routes en partent et c'est un point stratégique dont Toccupation coûta beaucoup de sang à Farmée espagnole dans la dernière guerre carliste. Au sud. LogrohOy Calahorra, Tudela sont les principaux points de passage de TEbre.

Ces montagnes, au sud du faîte de partage des eaux, sont formées de terrains crétacés ; elles sont souvent dépouillées de leurs anciennes forêts et d

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