CHAPITRE XI» — FRONTliRS DIS PTRÉNÉI
cbaogues et d'Arauns, malheureusement une pluie torrentielle, la force des positions, des renforts arriTés à rennemi, nous empêchèrent de remporter un succès décisif. Reportant ses troupes pendant la nuit sur la rive droite, le maréchal attaqua le lendemain les faibles corps qui la veille n'avaient pas repassé la Nive pour prendre part à la bataille, mais Wellington, pré* venu par la disparition de nos feux de bivouac, eut le temps d'accourir avec du renfort et nous refoula de Saint-Pierre*d'Irube sur Bayonne.
En arrière de la Nive, TAdour jusqu'à Pant^-Lanne et la Bidouse cons^ tituent encore une position défensive qui s'appuie à gauche aux montagnes, ses principaux débouchés sont Saint^Palais, Bidache et Bayonne ; elle fut oc* cupée après la défaite de Bayonne à la fin de décembre 1818 et pendant le mois de Janvier 1814 par le maréchal Soult. Wellington qui avait tenté inutilement de passer l'Adour à Urt, la força à SainUPalais.
A faible distance en arrière de la Bidouse, le Saison ou gave de Manléon et le gave d'Oloron forment des lignes de défense de médiocre valeur, trop longues et trop rapprochées de la précédente pour qu'on puisse y réorga* user l'armée après l'abandon de cette dernière. Vient ensuite le gave de Pau que peut encore occuper une armée efiTectuant sa retraite en pivotant autour de Peyrthorade. Cette ligne est trop longue et n'est pas défendable. Eu arrière se trouvent les landes incultes de Prat-Long, de Ger^ etc., qui recouvrent un vaste plateau couvert de terrains d'origine glaciaire et d'où descendent les nombreux afduents de l'Adour. En 1814, le passage du gave de Pau ne fut pas disputé ; Wellington le traversa au-dessus de Peyrehorade et, remontant la rive droite, vint attaquer l'armée française concentrée à Orthez. La force numérique des Anglais leur donna la victoire ; notre retraite s'effectua par 6aint*Sever.
L'Adonr plus au nord décrit un grand aro de cercle dont les points prin<dpaux sont Dax, Saint-Sévère Airty MauAourguet, Yic-de^Bigorr$ et Tarbet. La ligne de l'Adour est trop longud pour pouvoir être occupée tout entière, du reste on n'aura à défendre que la partie traversée par les routes de retraite choisies.
La retraite d'une armée française forcée d'abandonner la frontière doit se faire en s'appuyant sur Bayonne comme nous l'avons supposé, mais cette année ne doit pas se laisser enfermer dans cette ville ou acculer à la mer, il arrive donc un moment où la place doit être abandonnée à elle-même avec une garnison sufBsante. On a alors le choix entre les trois directions suivantes : la route de Bordeaux par Saint^Sever et Mont-de*Marsan, celle dAgen par Gondom, ou enfin celle de Toulouse par Tarbes. Le choix i faire dépendra des circonstances et de la force de l'armée défensive.
En adoptant la première direction, on couvre directement Bordeaux, fhmde ville et grand port de commerce, qui n'est pas fortifié et qui fourni-
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rait d'importantes ressources à Tenaeini ; on couvre aussi directement Paris, et c'est cette direction qu'on choisira si Paris est l'objectif probable de l'armée d'invasion. Pour effectuer la retraite, on dispose des deux grandes routes et du chemin de fer qui relient Bayonne à Bordeaux, mais on traverse au nord de l'Adour un pays sans ressource, inculte, souvent marécageux, peu peuplé, ce sont les Landes comprises entre les dunes de sable du littoral, l'Adour, et les coteaux couverts de vignes qui longent la Gironde et la Garonne. Sur ce vaste espace de 14,000 kilomètres carrés s'étend une immense plaine de sable, presque horizontale et où souvent la pente n'est pas assez forte pour permettre aux eaux de s'écouler. A une distance variable de la surface, on rencontre un banc de grès compact qu'on désigne sous le nom i'Alios et qui n'est que du sable durci et imprégné de tannin et d'autres matières organiques qui lui donnent l'aspect d'oxyde de fer. Cette couche d'alios est imperméable, c'est elle qui produit les marécages des Landes et qui longtemps y a empêché toute culture; depuis le commencement du siècle, on a eu soin de creuser de distance en distance des puits d'écoulement et aujourd'hui cette terre longtemps stérile est recouverte de vastes forêts de pins. Une armée poursuivie dans ces bois et ces déserts n'y trouverait aucun point d'appui et, si elle n'était pas approvisionnée régulièrement, elle y endurerait de grandes souffrances et achèverait de s'y désorganiser.
Dans la deuxième direction, on traverse un pays plus riche et plus peuplé; on atteint bientôt la Garonne ; on peut chercher un abri derrière ce fleuve et se réorganiser dans sa riche vallée, on est en communication par de nombreuses routes et voies ferrées avec l'intérieur de la France. La voie ferrée qui suit la vallée de la Garonne est tracée sur la rive droite du fleuve sur presque tout son parcours, c'est-à-dire depuis Toulouse jusqu'à Langon, puis sur la rive gauche de Langon à Bordeaux. Les principaux points de passage sont Langon, Marmande^ Porl^Sainte-^Marie et Agen. Bordeaux et Toulouse devraient être mis par quelques redoutes à l'abri des entreprises que pourraient tenter de petits corps ennemis. Agen est maintenant un nœud de chemins de fer important, c'est là que passe la route la plus directe des Pyrénées occidentales à la Loire, c'est donc un point qu'il faudrait bien garder.
La troisième direction sur Tarbes et sur Toulouse est celle qui fut choisie en 1814 par le maréchal Soult après la bataille d'Orthez ; ce n'est que tardivement, quand il était déjà à Saint -Sever, qu il se décida à la prendre, et il lui fallut faire une marche très rapide pour devancer le général Hill qui s'avançait par la rive gauche de l'Adour sur Aire. Le maréchal en prenant celte direction espérait éloigner lord Wellington de Bordeaux, ce qu'il ne fit qu'imparfaitement, puisqu'à peine la route de Bordeaux était-elle libre que Wellington y lança le maréchal Béresford avec 12,000 hommes pour favoriser les intrisrucs des rovalistes dans eello ville. Soult voulait aussi
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