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CHAPITEE XI. — PRONTltES DES PTRÉHÉES. 407
place occupe une magnifique position qui pourrait être rendue très forte ; elle servirait de base pour toutes les opérations offensives et défensives en Espagne.
Le chemin de fer de Paris à Madrid passe entre la citadelle de Saint-Esprit et TÂdour ; il franchit ce fleuve en amont entre les ouvrages de Mousserolles et Tcnceinte, puis se dirige vers Saint- Jean-^de-Luz, petit port situé au fond d'une baie dont rentrée est gardée par le fort de Socoa. Il passe ensuite sous un tunnel de 415 mètres, dit tunnel des Redoutes à cause des ouvrages voisins qui faisaient partie de l'ancien système de défense des hauteurs sous la Révolution et sous l'Empire ; il traverse la Bidassoa à Hendaye sur un pont de 180 mètres et arrive à Irun. En Espagne les tunnels sont très nombreux, on en rencontre un premier, entre Irun et Saint-Sébastien, long de 466 mètres et pratiqué sous le eol de Guinchusqueta, puis ils se succèdent à de courts intervalles, on n'en compte pas moins de 28 jusqu'au col d'Alsàsua; le plus long a 2,953 mètres; celui qui traverse la ligne de partage des eaux en a 1,158; c'est au milieu de ce dernier que la voie atteint son point culminant, 614 mètres, avant de descendre A Alsàsua. La destruction d'un seul de ces ouvrages d'art pourrait intercepter la voie complètement; mais il n'est pas besoin de rien détruire pour empêcher l'assaillant, espagnol ou français, d'utiliser les chemins de fer, car la largeur de la voie n'est pas la même en Espagne qu'en France ; à partir d'Irun en se dirigeant vers Madrid, elle a 0,30 de plus; par conséquent, il suflirait à un parti comme à l'autre d'enlever tout le matériel en battant en retraite. Il faudrait toutefois s'assurer que l'ennemi n'a pas le moyen de transformer son matériel et de l'adapter à notre voie, comme les Prussiens tentent de le faire avec le leur pour se servir en cas de guerre des chemins de fer russes.
Dax, sur l'Âdour et sur la communication de Bayonne à Bordeaux, possède un ancien château qui n'a plus aucune valeur; du reste, il a été déclassé.
Liftes de défense de la France et leur rôle dans la eana-* |MiC:ne de 1813-1814. — Pour terminer ce qui est relatif à cette frontière des Pyrénées occidentales, nous allons énumérer les diverses lignes de défense qu'une armée française pourrait occuper dans le but d'empêcher l'ennemi de pénétrer sur le territoire de la République, et nous rappellerons en même temps les principaux événements de la campagne de 1813 et 1814 qui sont très propres à faire ressortir l'importance de chacune d'elles.
La première de ces lignes est celle de la Bidassoa ou plutôt des hauteurs de la rive droite qui appartiennent en partie à la France ; c'est la hgne que nous avons déjà signalée et qui fut occupée en 1813 par notre armée, lorsque nous dûmes évacuer l'EIspagne après la bataille de Yitoria et le combat de îolosa ; elle s'appuie à la mer à la pointe de Sainte-Anne^ passe par la Croiœ"
des-Bomquets à droite de la route d'Espagne, puis à partir de Biriatou suit les montagnes escarpées de Choitbille et de Licarlau qui resserrent la Bidassoa dans un étroit défilé entre Véra et Biriatou et qui se prolongent à Test par la RhunCf le pic d'Ibantelly, le pic d'Atchuria jusqu'à Urdax. Tous les principaux sommets de cette ligne sont encore garnis de redoutes construites en 1813. Au delà de la route du col de Maya, la ligne s^appuie au pic Mondarrain entre la Nivelle et la Nive, elle barre les deux grandes routes du littoral et de la vallée de Baztan, mais elle laisse en dehors les chemins du Val Carlos qui seraient surveillés par un corps de troupes s'appuyant sur Saint-Jean-Pied-de-Port.
C'est de cette position qu'à la fin de juillet 1813 partit Tarmée française, commandée par le maréchal Soult, pour reprendre Toffensive et pour faire lever le siège de Pampelune; après la sanglante bataille de Sorauren, elle rentra par le col d'Ëchalar dans ces mêmes positions qui furent enlevées par les Anglo-Espagnols les 7 et 8 octobre, après le combat de la Rhune.
Une seconde ligne, qui fut occupée et renforcée par le maréchal Soult, après Tabandon de la première, suit la rive gauche de la Nivelle en arrière de ^art et s'appuie à droite à Saint-Jean-de-Luz et à gauche aux montagnes d'Urdax, Elle fut en novembre 1813 forcée en son centre vers Sare et vers le pont d'Amots. C'est une ligne assez faible qui peut être abordée sur plusieurs points. On pourrait au moyen de barrages créer une inondation depuis Saint-Jean-^-Luz jusqu'à Ascain.
La troisième ligne de défense et la meilleure est celle de la Nive ; elle ne court pas le danger d'être tournée, elle s'appuie à droite à la grande place de BayonnCf à gauche à Saint-Jean-Pied^de-Port et à la grande chaîne des Pyrénées ; les points à surveiller sont le débouché de la vallée des Aldudes vers Iroulégny^ puis les dix kilomètres compris entre Itsatsou, Cambo et Ustarits. D'Ustarits à Saint-Jean-de-Luz s'étend une ligne continue de hauteurs et de forêts qu'on pourrait occuper; du reste si l'ennemi s'engageait dans l'angle compris entre la basse Nive et la n\er, il s'exposerait à voir sa retraite coupée par un corps débouchant de Cambo. Les hauteurs de la rivo droite de la Nive entre Ustarits et Bayonne forment au cas où on devrait abandonner la rive gauche une belle position. Si l'on occupait cette ligne, la première chose à faire serait de fortifler au centre Cambo, où viennent se croiser plusieurs routes.
Dans la campagne de 1813, la ligne de la Nive occupée par l'armée française fut forcée le 9 décembre au gué de Cambo et l'ennemi se répandit jusqu'à Ustarits. Le maréchal Soult résolut alors de profiter de la situation de Bayonne pour accabler successivement l'armée ennemie séparée par la Nive en deux parties sans communications faciles ; faisant déboucher ses troupes sur la rivo gauche, il attaqua le 12 décembre les camps de Bidart, d*Ar-
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